Aller au contenu principal

« Je plante des arbres pour inciter mes poules à explorer le parcours »

Éleveur de poules pondeuses plein air, Sébastien Mahé a démarré un programme de plantation du parcours de 8,5 hectares en tenant compte des besoins des volailles, des exigences sanitaires et du temps de travail pour l’entretien.

Après une première centaine de plantations réalisées l’an dernier, Sébastien Mahé s’apprête à planter cet hiver deux cents arbres forestiers supplémentaires sur le parcours de ses 21 000 poules pondeuses. Producteur d’œufs plein air depuis 2019, il est installé à Plounévez-Quintin dans les Côtes d’Armor.

Lire aussi : Un parcours arboré et source de protéines pour les poules pondeuses

 « L’objectif des plantations est d’inciter mes poules à rester le plus longtemps dehors et à explorer une surface maximale du parcours », explique-t-il. « C’est à mes yeux un gage de qualité et de bonne santé de mes volailles. Cela contribue à diminuer le stress des animaux, et donc indirectement celui de l’éleveur. » Bien arborer un parcours de poules pondeuses ne s’improvise pas. 

Lire aussi : Parcours avicoles - Comment tailler les arbustes les premières années

L’aménagement doit tenir compte de la typologie de la parcelle, des besoins des animaux tout en intégrant des contraintes de biosécurité et de main-d’œuvre. L’éleveur a donc tout de suite été réceptif au nouveau service d’accompagnement en agroforesterie lancé en 2023 par sa coopérative Le Gouessant. L’ambition est de le déployer d’ici 2025 chez au moins 50 % des 230 éleveurs de poules pondeuses.

Lire aussi : Parcours volailles : Réussir la plantation d’arbres forestiers en 4 étapes

Inciter les poules à explorer tout le parcours

Aménagé dans une ancienne stabulation, le poulailler est équipé de deux jardins d’hiver dont l’un donne accès au parcours de 8,5 hectares configuré en forme de L. La parcelle dispose d’une haie bocagère sur toute sa périphérie, plantée en 2001 pour améliorer l’intégration paysagère. « J’ai déjà constaté ses effets brise-vent et de protection du bâtiment, notamment lors de la dernière tempête Ciaran », apprécie Sébastien Mahé. Le programme de plantations élaboré à la suite du diagnostic d’agroforesterie par Le Gouessant est échelonné sur trois à quatre années. Les cinq bosquets, plantés l’an dernier pour créer des zones d’ombre, vont être complétés par une haie traversante (200 plants sur 300 mètres linéaires), qui courra le long des trappes et du pignon, et sera étoffée par des haies en peigne. L’idée est de créer des corridors pour orienter les poules vers le fond du parcours. Les vingt arbres constituant chaque bosquet ont été plantés à 30 mètres minimum des trappes d’accès au parcours. « Le but est d’éviter d’attirer les oiseaux migrateurs ou les rongeurs trop près du bâtiment, dans la zone qui pourrait servir de parcours restreint durant les périodes à risque d’Influenza aviaire (après dérogation du vétérinaire). »

 

 
Les arbres en bosquets apporteront de l'ombre aux volailles.
Les arbres en bosquets apporteront de l'ombre aux volailles. © Le Gouessant

Un entretien du parcours mécanisable

La question de l’entretien du parcours arboré a été réfléchie en amont pour qu’il soit mécanisable. Les plantations en ligne facilitent le passage du tracteur pour le fauchage de l’herbe. « Ce dernier reste essentiel pour garder des herbes rases », rappelle Dominique Charles, référent agroforesterie. « Si la poule n’a plus le poulailler en visu, elle risque de ne pas s’y aventurer par peur des prédateurs. » De même, l’éleveur a tenu à planter à son rythme, en décalé sur plusieurs années, afin d’éviter des pics de travail ou des surcoûts trop importants liés à l’entretien des arbres (débroussaillage des bosquets, tailles de formation…). « La conduite de l’élevage reste prioritaire. La gestion du parcours ne doit pas devenir une contrainte et être trop chronophage », relève-t-il. Avec un été pluvieux, l’éleveur n’a pas eu à arroser les jeunes plants qui se sont bien développés. Le débroussaillage autour des bosquets sur la saison estivale l’a mobilisé quatre après-midi, soit 16 heures en tout.

Pas d’arbres à baies sur les parcours des poules pondeuses

Pour le choix des espèces, Sébastien Mahé a privilégié des essences forestières qui créent de l’ombrage et attirent les insectes, pour contribuer à la santé des poules (apport de protéines animales) et à la biodiversité : merisier, châtaignier, chêne, charme pour les bosquets, avec des aulnes en plus pour la haie traversante. Les arbres fruitiers ont été exclus pour limiter le risque sanitaire. « Ce sont surtout les arbres à baies (prunier, cerisier) qu’il faut éviter sur les parcours de volailles car ils attirent les oiseaux sauvages, précise Dominique Charles. Il est possible de planter certains fruitiers tels que le pommier, au fond d’un parcours très étendu, peu accessible par les poules. »

Sur des terres pas trop argileuses et légèrement sableuses, il est possible de planter des aulnes cordata ou des résineux tels que le mélèze et l’épicéa.

Avec le réchauffement climatique, mieux vaut éviter à l’avenir le chêne pédonculé et le hêtre, plus sensibles à la sécheresse.

Côté Eco

Coût des plantations

1,70 euro : coût moyen d’un plant de 2 ans en 2023

3 euros : protection du plant avec une gaine climatique et deux piquets d’acacia et un carré de feutre végétal

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Pour les industriels brésiliens, le marché européen du poulet ne leur apporte plus que 4 % de leur chiffre d&#039;affaires à l’export.</em>
Le poulet brésilien veut doubler ses volumes exportés

Le ministère brésilien de l’Agriculture prévoit qu’à partir de 2035, l’industrie avicole écoulera sur le marché mondial…

<em class="placeholder">Provimi a enquêté et regroupé une douzaine de conseils qui font la relation entre les pratiques d&#039;élevage et les performances à 5 semaines des poulettes. Stade crucial ...</em>
Quelles sont les meilleures pratiques des éleveurs de poulettes pour favoriser l’allongement de la ponte ?

Provimi a audité 32 éleveurs de poulettes et recensé les bonnes pratiques des 48 premières heures pour obtenir des poulettes…

<em class="placeholder">Système HatchCare d&#039;alimentation précoce au couvoir</em>
Poulet de chair : une meilleure croissance grâce à l’alimentation précoce

Au couvoir ou en éclosion à la ferme, la pratique de l’alimentation précoce apporte des bénéfices non négligeables en…

<em class="placeholder">Avec des élevages de 500000 poulets en moyenne (contre 22000 en France), les grands groupes tels que MHP bénéficient d’économies d’échelle colossales. </em>
L’Ukraine pourrait être le grenier avicole de l’Europe

La perspective d’une adhésion de l’Ukraine à l’UE soulève de nombreuses questions. Entre la déstabilisation du marché européen…

<em class="placeholder">Groupe d&#039;éleveurs et représentants de la filière volaille de chair devant un bâtiment d&#039;élevage catalan, visite organisée par le GIVCB</em>
« Adapter nos poulaillers français à la chaleur à moindre coût »

En construisant ou rénovant, il paraît indispensable de pouvoir adapter le parc bâtiment aux fortes chaleurs, en s’inspirant…

<em class="placeholder">-	Provimi conseille l’apport d’un antioxydant contre le vieillissement prématuré des cellules et un hépato protecteur par cure afin de soutenir le foie et limiter ...</em>
« Des lipides alimentaires pour plus d’œufs produits » : rentabilité augmentée jusqu’à 100 semaines avec des rations réduites en énergie

Des travaux montrent que la réduction de l’énergie et l’apport de lipides dans l’aliment induisent une meilleure persistance…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)