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Chien de protection
Introduire un chiot de protection dans un troupeau ovin, une étape clé

Le chien de protection est un atout des troupeaux face à la prédation. Le choix du chien et son introduction dans le troupeau sont des étapes clés qui déterminent ses futures capacités de travail.

Un chiot de protection dans une case refuge dans une bergerie avec ovins.
Les barrières de la cage refuge sont disposées à l’envers pour que le chien puisse se glisser en dessous.
© G. Civel

« La première chose qu’on demande à un chien de protection, c’est d’inspirer confiance au troupeau et de le respecter », commence Béatrice Reynaud, éleveuse de brebis dans les Hautes-Alpes et référente dans l’équipe chiens de protection du réseau Pros’pairs de l’Institut de l’élevage. Subventionnés dans le cadre du plan loup, l’achat et l’entretien de chiens de protection demandent quelques connaissances de base.

« Le chien est un être social. Il a la capacité à s’attacher à n’importe quelle espèce. » Dans le cas d’un troupeau, un chien de protection le reconnaît comme son groupe social, ce qui lui donne non seulement l’envie d’y rester, mais aussi de le protéger face à des agressions extérieures. Tout l’enjeu est donc de faire en sorte que le chien identifie le troupeau comme « son espace ultime de confort », davantage que la compagnie humaine.

Un travail dès la naissance

Plus que la race, c’est la lignée qui détermine les capacités de travail du chien. « Assurez-vous auprès du naisseur que le chiot est issu d’un accouplement raisonné, entre deux bons chiens de travail. Même si vous êtes pressé, n’allez pas au plus pratique. » Un chiot issu d’une portée d’au moins deux est à privilégier. Pendant les huit premières semaines de sa vie, il doit rester avec sa mère et sa fratrie, afin d’apprendre à communiquer avec d’autres chiens.

Mais le chiot doit aussi être au contact d’une autre espèce, en bâtiment d’élevage. Peu importe l’espèce, même si ce n’est pas celle qu’il protégera in fine : il acquiert ainsi la capacité à communiquer avec une autre espèce.

Autour de huit à dix semaines, l’éducation du chiot est complète. Il peut être séparé de ses pairs et introduit dans un nouveau troupeau. Le transfert du naisseur à un nouvel éleveur ne doit pas être réalisé trop tard, car en vieillissant le chiot est moins plastique face au changement.

Réussir l’introduction dans une troupe ovine

Il est recommandé de transporter le chiot dans une caisse de transport, pour éviter qu’il ne s’attache à l’humain durant cette transition stressante et pour des questions de sécurité. « Le chiot doit être introduit immédiatement dans le troupeau, sans passer par la maison. » Il s’attachera ainsi en premier lieu au troupeau, ici ovin, qui l’accueillera.

Pour ce faire, préparer un petit lot d’agnelles, ainsi qu’une case de refuge pour le chiot, dans laquelle il pourra entrer ou sortir à l’envie. « Cette case lui permettra d’être au cœur du troupeau tout en étant en sécurité. » Jusqu’à l’âge de quatre mois, l’enjeu est de favoriser au maximum son attachement au troupeau : il faut donc limiter ses interactions avec l’humain ou d’autres chiens. L’acceptation du chiot au sein du troupeau peut prendre quelques jours à quelques semaines : « Quand il commence à dormir avec le troupeau, en dehors de sa case, c’est très bon signe ! », indique Béatrice Reynaud.

Au fur et à mesure, de plus en plus de brebis peuvent être introduites auprès du chiot. « Il ne faut pas introduire plus de la moitié des brebis déjà habituées au chiot, pour que le mimétisme se fasse en faveur de l’acceptation du chiot. » À partir de quatre mois, on peut commencer les premières sorties avec les animaux.

 

 
<em class="placeholder">Un chien de protection dans un lot d&#039;agneaux mérinos d&#039;Arles.</em>
Le chien de protection identifie le troupeau comme son groupe social. © D. Séailles

Un chiot familiarisé à l’humain

L’éleveur doit poursuivre le travail de familiarisation avec l’humain débuté par le naisseur. Cette familiarisation consiste à habituer le chiot à des stimuli (sons, odeurs, présences humaines ou canines), pour « le préparer à ce qui se passe à l’extérieur ». Il faut donc « faire entrer ces stimuli dans la bergerie » : radio allumée, cliquetis d’une roue de vélo, mouchoir imbibé de crème solaire… le chiot doit comprendre que ces stimuli ne représentent pas de menace pour la troupe ovine.

Il est ensuite temps de commencer l’éducation du chiot, en lui inculquant la notion du bien et du mal. Dès que le chiot commet une faute, le sanctionner immédiatement et systématiquement. « Mais une sanction doit toujours être suivie d’une récompense quand le chiot a renoncé au comportement sanctionné. » Cette récompense est matérialisée par les mots « c’est bien ».

Pour aller plus loin : le site www.prospairs.fr

Le réseau Pros’pairs compte des interlocuteurs dans toute la France métropolitaine. Ils sont disponibles pour répondre à vos questions sur le choix, la mise en place et l’utilisation de chiens de protection.

Le saviez-vous ?

Il existe une cinquantaine de races de chien de protection dans le monde. Il est recommandé de choisir une race répandue en France, telle que le Montagne des Pyrénées, le Berger de Maremme et Abruzzes ou le Kangal.

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