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Pucerons et cicadelles sur céréales
A surveiller malgré le déclin

Les conditions météo de ces dernières années n´ont pas que du mauvais. Si les rendements des diverses cultures s´en ressentent, une certaine catégorie de ravageurs ne retrouve pas les conditions optimales à son développement. C´est le cas des pucerons et cicadelles des céréales à l´automne.


La vigilance reste de mise
&quote;Nous connaissons une succession d´années &quote;sans&quote; en matière d´insectes ravageurs d´automne. Le stock entomologique a tendance à s´effondrer. C´est vrai pour les pucerons et encore plus pour les cicadelles.&quote; Rapporteur au Service de la Protection des Végétaux (SPV) pour les thèmes concernant les ravageurs des céréales, Olivier Pillon se base sur des observations de terrain pour affirmer ces tendances à la baisse. On trouve les raisons de cette évolution dans le climat et son influence sur les pratiques culturales. &quote;A cause d´un été pourri depuis trois ans, les récoltes sont différées le plus souvent. Il y a beaucoup moins de surface en repousses de céréales qui hébergent les populations de ravageurs. En plus, les sols sont plus travaillés, entretenus entre deux cultures.&quote;
Le puceron Rhopalosiphum padi est la principale espèce nuisible sur les levées de céréales à l´automne. Il est vecteur de la jaunisse nanisante de l´orge et du blé (JNO). Il se réfugie dans les plants de maïs avant d´infester les parcelles de blés et d´orges. &quote;Les céréales se montrent sensibles à ce puceron et à la transmission du virus de la JNO dès le stade &quote;1-2 feuilles, précise Olivier Pillon. Mais ces derniers temps, le battage du maïs a été retardé par rapport aux dates de levée des céréales. Il n´y a pas eu concordance pour remplir les conditions optimales de passage des pucerons du maïs sur les céréales.&quote; Il ajoute : &quote;Cette année, les semis de maïs ont été tardifs. Il y a peu de pucerons dessus. Pour la seule région de Champagne, cet été, il n´y avait même pas 1 % de plantes colonisées.&quote; Le seuil d´alerte sur le maïs est d´une plante sur deux colonisée.
Problème localement
Même si les conditions climatiques et culturales sont défavorables aux ravageurs, il faut rester vigilant. De façon locale, les pucerons peuvent sévir. &quote;Lors de la dernière campagne 2000-2001, il y a eu de graves problèmes de jaunisse en Rhône-Alpes sur céréales à cause de pucerons arrivés tardivement. Ils avaient échappé aux traitements&quote;, rapporte Pierre Taupin, spécialiste ravageurs à l´ITCF.
Le seuil de traitement sur céréales est d´une plante sur dix porteuse d´au moins un puceron. &quote;Cela revient à dire que, si en cinq minutes on trouve des pucerons dans sa parcelle, on peut considérer que l´on a une population au niveau du seuil de traitement. Par contre, si on passe une demi-heure à chercher des pucerons, on est loin du seuil&quote;, traduit Pierre Taupin. En outre, il faut éviter de laisser une population de pucerons séjourner plus de dix jours même si le seuil n´est pas atteint.
Le SPV utilise tout un réseau de tours à succion pour suivre et quantifier les vols migratoires des individus ailés de Rhopalosiphum padi. Il fait également intervenir nombre d´observateurs pour déterminer la fréquence de plantes porteuses de pucerons. Les informations parviennent aux conseillers et agriculteurs par l´intermédiaires des bulletins d´avertissement agricole*.
La société Syngenta met à disposition son service &quote;Vigie Virose&quote; afin d´évaluer le risque de nuisibilité d´une population de pucerons. Ce service permet notamment de se faire une idée sur le potentiel infectieux (transmission du virus de la JNO) des pucerons capturés.* De son côté, Aventis prépare un modèle de raisonnement de lutte contre les pucerons d´automne en partenariat avec l´Inra de Rennes sur le même principe que l´outil Colibri qui existe pour les pucerons de printemps.
Dose pleine ou sous-doser
Quand il y a lieu de traiter en végétation, Syngenta préconise un double traitement insecticide plutôt qu´un seul. &quote;Contre pucerons et cicadelles, la dose conseillée pour le Karaté Xpress par exemple est de 0,15 kg/ha. Mais nous recommandons plutôt deux traitements à 0,1 kg/ha contre les pucerons du feuillage. Benoît Dattin, chef de produits insecticides de Syngenta, s´explique : A l´automne, le blé a une croissance rapide. Après un premier traitement, de nouvelles feuilles apparaissent. Elles ne sont pas protégées d´où la nécessité d´une deuxième intervention.&quote;
Du côté de l´ITCF ou du SPV, on préfère la stratégie du traitement unique à pleine dose. &quote;Privilégier un seul traitement assure une certaine tranquillité en général. Quand on part sur une stratégie de deux traitements, en sous-dosage qui plus est, il faut être sûr de pouvoir revenir pour la deuxième application. Les conditions peuvent en décider autrement,&quote; considère Pierre Taupin. En se référant à l´expertise de l´Inra, Olivier Pillon tient à faire remarquer que &quote;les interventions sous-dosées et répétitives favorisent l´émergence de phénomènes de résistance.&quote;
Même s´il faut y consacrer du temps, la surveillance de ses parcelles permet d´intervenir à bon escient en s´évitant des interventions inutiles. &quote;Cela fait quatre ans qu´il n´y a quasiment pas de traitement à l´automne dans une région comme la Champagne sur blé et escourgeon, constate Olivier Pillon qui est basé à Troyes. C´est une chance. Une faune importante d´auxiliaires s´est développée comme les carabes, les staphylins... Ce serait dommage de les traiter maintenant.&quote; Le peuple de l´herbe joue un rôle indéniable sur la régulation des ravageurs.
Foyers de jaunisse nanisante ©Syngenta

Foyers de jaunisse nanisante (Syngenta)
La jaunisse nanisante de l´orge (JNO) est transmise par le puceron &quote;Rhopalosiphum padi&quote;.

Cicadelles : &quote;Dès qu´on les voit, on traite&quote;
Comme les pucerons, les cicadelles se sont faites plutôt discrètes ces dernières années. L´espèce &quote;Psammotettix alienus&quote; est vectrice d´un virus provoquant la maladie des pieds chétifs. Ce type d´insecte vole et se déplace facilement. &quote;Il peut échapper à un traitement foliaire&quote;, selon Pierre Taupin. &quote;Il n´existe pas de véritable seuil d´intervention. Dès que l´on voit des cicadelles, on traite !
La meilleure stratégie reste le traitement de semences Gaucho dans les zones à risque comme les départements du Centre.&quote;
Cicadelle sur céréales ©Syngenta

Cicadelle sur céréales (Syngenta)
Le traitement de semences est la meilleure arme contre ce ravageur épisodique.

Insecticides grandes cultures, Syngenta produit un Karaté high tech
Si elle ne vient pas des matières actives, l´innovation insecticide apparaît sur les formulations. On connaît les divers types de liquides, les granulés fluides, dispersibles et effervescents... Voilà maintenant la technologie Zéon. Ce procédé de micro-encapsulation est breveté et développé par Syngenta. Il est repris pour produire un nouveau type de Karaté, insecticide à base de lambda-cyhalothrine*.
&quote;La matière active est emprisonnée dans des micro-capsules. Elle est solubilisée dans du solvant en faible quantité. Il y a 34 fois moins de solvant dans le Karaté avec la technologie Zéon que dans le Karaté Vert, explique Benoît Dattin, chef de produits insecticides de Syngenta. Le produit contient également trois fois moins de composés volatiles. Il sent beaucoup moins fort et n´est pas inflammable.&quote;
Karaté Zéon est deux fois plus concentré que Karaté Vert ou que Karaté Xpress : 100 g/l de lambda-cyhalothrine. La quantité à l´hectare de la molécule insecticide reste la même dans les diverses préconisations. Karaté Zéon est donc utilisable à des doses deux fois moindres que les autres Karaté : deux fois moins de place, deux fois moins d´emballages vides à éliminer après usage...
&quote;Sur le plan de la sécurité, la technologie Zéon permet de réduire les problèmes d´irritation dermale et oculaire chez l´utilisateur. La molécule insecticide étant emprisonnée dans les capsules, même dans le bidon et la cuve, l´agriculteur n´y est pas exposé pendant toute la durée de la manipulation&quote;, précise Benoît Dattin. L´insecticide est relargué instantanément au niveau de la végétation sur les ravageurs au moment du traitement. &quote;Les capsules éclatent en quelques secondes. On conserve l´effet de choc de Karaté&quote;, ajoute le spécialiste de Syngenta. Sont conservés également l´efficacité, le prix à l´hectare, les autorisations d´emploi et la large compatibilité avec les autres spécialités du marché.

* La lambda-cyhalothrine est l´un des insecticides les plus efficaces de la famille des pyréthrinoïdes.



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