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Filière céréalière
« Nos blés sont appréciés en Italie et en Espagne »


Vous venez d´effectuer une visite à vos principaux clients européens. Quelle en est la raison ?
Daniel Perrin - C´est l´une des missions de l´Onic de promouvoir les céréales françaises sur le marché européen. L´habitude est maintenant prise d´aller rencontrer nos principaux clients chez eux, à Milan, à Madrid ou encore à Lisbonne. Nous leur présentons la récolte française de céréales, ses disponibilités et sa qualité. Pour cela, la mission compte des experts d´Arvalis qui exposent les résultats de l´enquête qualité que nous faisons conjointement dès la moisson. Nous sommes aussi accompagnés par une quizaine d´opérateurs français. Au cours de la journée, ceux-ci ont d´ailleurs du temps pour nouer des contacts directs avec leurs clients.
Pour les pays du Nord de l´Europe, notamment le Benelux, nous procédons différemment car les opérateurs sont peu nombreux. Cette année, nous les avons rencontrés lors de la Bourse européenne des grains qui s´est tenue à Paris les 18 et 19 novembre. En collaboration avec France Export Céréales, nous avons organisé spécialement dans cet objectif un colloque au titre évocateur : « Les céréales françaises, l´ambition de vous satisfaire. ».
Que retenez-vous de votre tournée des capitales du Sud de l´Europe ?
D. - P. Ces réunions sont appréciées et sont de plus en plus suivies, entre 80 et 100 de personnes cette année tant à Milan qu´à Madrid ; un peu moins, mais c´est normal, au Portugal. Nos interlocuteurs voient dans ces rencontres un signe d´intérêt de notre part pour leurs activités. La France dispose d´atouts forts dans ces pays. Le premier est la régularité de l´approvisionnement. En 2003, alors que la récolte était modeste du fait de la sécheresse, nous avons pu approvisionner nos clients traditionnels ce qui a été très apprécié. Ces pays avaient des besoins importants en volume d´autant que les céréales ukrainiennes étaient absentes du marché.
Autre atout, la qualité. Elle s´améliore et elle est de plus en plus connue et reconnue. Nous portons une grande attention aux besoins de nos clients. A Milan, par exemple, Arvalis a montré qu´il est tout à fait possible de faire des pains italiens avec des blés français. Cela a beaucoup intéressé nos interlocuteurs. Les efforts faits par tous les acteurs de la filière portent leurs fruits. Enfin, la proximité est un atout pour la France. Les clients et fournisseurs peuvent se parler facilement. Ils discutent des cahiers des charges et de la qualité de la marchandise souhaitée. Ils peuvent, dans le cadre de contrats longs, organiser les moyens logistiques de transport en recherchant ensemble les solutions les moins onéreuses, au bénéfice de chacun.
Quel est le marché ?
D. - P. La récolte mondiale et européenne de blé est pléthorique. Il y a aussi du maïs et de l´orge. Ce sont donc tous nos produits qui sont concurrencés sur les marchés internationaux et en Europe, particulièrement cette année, par les nouveaux membres de l´Union européenne. Ainsi notre tournée européenne a été l´occasion de dire à nos clients qu´en 2004 nous avions eu une belle récolte en quantité mais que nous disposions de blés de qualité. Nous avons cette année 24 millions de tonnes de blé de classe E et de classe 1 de la grille Onic. C´est plus que l´an dernier où nous avions 22 millions de tonnes dans ces deux classes. La qualité n´est pas partout au rendez-vous. Les blés anglais, par exemple, sont pratiquement tous fourragers cette année, non interventionnables ! Leurs prix sont très très bas (95-96 E/t) et cela tire tous nos prix vers le bas. Par ailleurs, la récolte hongroise de maïs est particulièrement abondante.
Désormais, avec la Hongrie, l´Union européenne est devenue structurellement excédentaire en maïs.
C´est un changement de taille pour la France qui avait une situation privilégiée. C´était le seul pays européen à avoir des disponibilités pour approvisionner le Sud et le Nord de l´Europe. La Hongrie va nous concurrencer sur ces marchés qui lui sont accessibles par le Danube et le Rhin.
Et les exportations sur pays tiers ?
D. - P. Cette année, il y a abondance de blés dans le monde. Et la parité euro/dollar est très pénalisante sur le marché mondial. Pourtant, il nous faut absolument exporter des quantités significatives sur pays tiers. Sinon nous nous retrouverons en juin 2005 avec des volumes importants à l´intervention !
Si nous voulons éviter cela, il faut exporter. Il faut donc que nous obtenions de la Commission européenne des restitutions à l´exportation pour compenser le handicap monétaire que nous subissons. Pourtant, la Commission sait qu´il est moins coûteux d´attribuer des restitutions que de financer du stockage d´intervention publique.
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