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Méthanisation : « Nous investissons dans un méthaniseur alimenté par des Cive pour viabiliser notre exploitation dans la Vienne »

Laurent Lambert est agriculteur méthaniseur à Lioux, dans la Vienne. Il considère qu’investir dans un méthaniseur en injection alimenté par des Cive répond à la fois à des objectifs économiques et agronomiques sur des exploitations de zone intermédiaire.

<em class="placeholder">Laurent Lambert, agriculteur dans la Vienne, dans une parcelle de Cive.</em>
Produire des Cive pour alimenter un méthaniseur est un bon moyen de valoriser des terres à faible potentiel, estime Laurent Lambert.
© M.-C.Bidault

« Aujourd’hui, ce ne sont pas nos céréales qui font le revenu de l'exploitation mais le troupeau laitier et notre premier méthaniseur en cogénération. La cogénération est rentable chez nous car la chaleur est valorisée via notre séchoir à plat utilisé en prestation de service. Nous avons décidé de nous lancer en 2024 dans un second projet de méthaniseur, en injection cette fois, en raison de la faible rentabilité de nos terres argilo-calcaires très superficielles. Si nous regardons nos marges depuis 10 ans, nous gagnons de l’argent sur le blé et sur le maïs car nous le séchons, une année sur trois uniquement en pois d’hiver et rien en colza trop consommateur d’intrants. Les charges augmentent, nos rendements plafonnent, nous sommes confrontés à des impasses agronomiques liées à la suppression des herbicides d’automne et les possibilités d’irriguer sont limitées.

Le méthaniseur sera alimenté à 30 % par nos effluents d’élevage et à 70 % par des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) qui s’insèrent dans nos rotations de deux façons. La première Cive est un seigle implanté dans une luzerne de 2 ans, au semoir et herse rotative, fin septembre, début octobre. Nous avons supprimé le colza pour faire quatre années de luzerne, suivi d’un maïs puis d’un blé, afin de casser le cycle des adventices. Le seigle par son pouvoir couvrant sert de désherbant à la luzerne pendant l’hiver. Il est récolté fin avril, début mai, avec la luzerne, qui va repartir ensuite pour permettre une deuxième et une troisième coupe qui seront valorisées en fourrage. On obtient ainsi, 6 à 7 tonnes de seigle avec un peu de luzerne. La seconde Cive est un mélange fèverole et seigle, qui est implanté derrière un blé, puis récolté fin avril, début mai, avant le semis d’un tournesol. La fèverole apporte de l’azote au mélange, ce qui réduit le besoin en engrais.

L’investissement se chiffre à environ 5,5 millions d’euros, pour une production prévue de biométhane de 120 Nm3/h. L’étude de faisabilité est faite, nous devons désormais choisir un constructeur et déposer le permis de construire. Nous savons que nous avons 7 à 8 mois d’attente avant de pouvoir lancer le chantier. Sur ce type de projet, la banque regarde notre capacité à rembourser la dette et la sécurisation de notre approvisionnement en biomasse. Si nous sommes vulnérables sur 20 % de la matière première, ça ne passe pas. Ainsi une part des Cive sera produite par deux voisins, qui seront rémunérés pour partie au tonnage apporté et pour partie en digestat. »

740 ha de SAU (assolement en commun, trois structures) : 300 de blé tendre, 100 de maïs, 100 de tournesol, 50 de colza, 25 de pois d’hiver, 25 d’orge d’hiver, 17 de semences potagères et le reste en prairies. 85 vaches laitières.

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