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Désherbage
Les logiciels fleurissent contre les adventices

L’informatique vient à la rescousse des conseillers et agriculteurs dans la gestion des mauvaises herbes, avec l’utilisation de nombreux outils d’aide à la décision.

Sur le désherbage, les outils d’aide à la décision (OAD) disponibles vont de la simple reconnaissance d’adventices (Diagbet adventices de l’ITB, Agro- Visioflore de Syngenta Agro…) à la proposition de programmes herbicides adaptés à la pression adventice du moment. L’outil Phytnes d’InVivo propose ce dernier service. « Phytnes est un outil global sur les traitements phytosanitaires qui inclut un module désherbage. Il permet de comparer des programmes herbicides visà- vis de leurs efficacités et de la réduction de pertes de rendement potentielles, précise Céline Denieul, InVivo. Au sein d’InVivo, nous avons une base de données référençant tous les produits herbicides et leurs efficacités sur les adventices majeures. Chaque coopérative peut intégrer ses propres données d’efficacité. »

ÉVALUATION DU RISQUE ADVENTICE
Les producteurs de betteraves industrielles peuvent bénéficier également de conseils de programmes herbicides avec l’outil Betsy proposé par l’ITB. Ce système intègre toutes les références en matière de traitements de post-levée sur le plan national et régional avec les paramètres d’efficacité, de sélectivité et de coût. Proposé aux distributeurs par le groupe BASF, l’outil Atlas ne va pas jusqu’à établir des programmes de traitements. « Notre outil comporte un module adventices grandes cultures. Il permet de faire une analyse de risque de résistances adventices à la parcelle, de même qu’il donne le niveau de nuisibilité de la flore. Atlas apporte des informations sur l’efficacité de différentes pratiques culturales, pas seulement des traitements herbicides », décrit Jérôme Clair, responsable marketing Atlas chez BASF Agro. « Cet outil a le mérite de formaliser les choses en construisant une stratégie raisonnée de gestion des adventices à la parcelle, reprend Claude Chalon, responsable du service agronomie de la coopérative agricole de Lorraine.

Précédemment, avec d’autres outils à disposition, nous nous contentions de tenir des discours très généraux sur les pratiques à appliquer et l’agriculteur ne retenait pas forcément le conseil. Atlas nécessite de saisir un nombre conséquent de caractéristiques des parcelles suivies : pratiques agronomiques, herbicides utilisés sur les quatre dernières années, diagnostics flores, rotations culturales, types de sol… L’outil met en évidence les défauts d’une gestion des adventices comme par exemple une alternance de matières actives herbicides pas suffisamment diversifiée. Ensuite, c’est le technicien avec l’agriculteur qui construit le programme de désherbage. L’agriculteur reçoit un document descriptif de ses parcelles(1). »
Un conseiller agricole peut trouver un avantage incontestable à l’utilisation d’un OAD: la possibilité d’éditer un document laissant une trace du conseil délivré à l’agriculteur, sans ambiguïté. Tel est le cas d’Atlas, de Phytnes…

RÉSISTANCE ET NUISIBILITÉ ÉVALUÉES
La prévention de la résistance des mauvaises herbes est un enjeu crucial pour l’agriculteur et différents outils en analysent le risque comme dans Atlas, Diagherbi de Bayer Crop Science ou chez Arvalis et le Cetiom. « Libre d’accès sur notre extranet, nous incitons les agriculteurs à utiliser Diagherbi pour leur faire prendre conscience de leurs situations sur le contrôle des adventices et les risques de résistance », témoigne Philippe Pluquet, responsable du service technique de Noriap. Dans une approche plus globale,OdERASystèmes se définit comme un « outil d’évaluation du risque en adventices dans les systèmes de cultures ». « Réalisé avec l’appui de l’Inra de Dijon, il donne une projection sur plusieurs années du risque adventice pour vingt espèces en fonction de divers paramètres agricoles, présente Jérôme Pernel, Agro-Transfert. Il définit les moyens agronomiques préventifs les plus appropriés permettant de réduire les pression en adventices dans le but de diminuer l’usage des herbicides. »

L’outil entre dans le champ de l’agriculture intégrée prônée par Agro-Transfert. Il fait l’objet de premières utilisations au sein de chambres d’agriculture et de distributeurs. Il ne va pas jusqu’à définir des programmes d’intervention puisqu’il ne prend pas en compte par exemple le niveau d’infestation d’une parcelle, ni le stock de semences ou les données pédoclimatiques. L’Inra a mis au point de puissants modèles de prévision de développement des adventices (Florsys,Alomysys), reprenant ces paramètres qui sont utilisés pour des activités de recherche. Créé en début d’année, le GIS Grandes culture haute performance économique et environnementale (GCHP2E) planche, entre autres, sur les OAD utilisés dans la lutte contre les mauvaises herbes, avec Aurélie Schmidt comme animatrice du groupe de travail sur la gestion des adventices.Une réflexion est menée sur l’outil du futur qui répondra utilement à la problématique de terrain.

(1) Atlas Désherbageest proposé à un tarif de2 euros/hectare sur trois anspour un forfait de 150 ha.

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