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Pyrénérées-Atlantiques
« Depuis que je suis maire, je partage mon agenda avec mon coassocié et j’ai réduit ma rémunération sur le Gaec »

Denis et Hervé Damestoy sont frères et coassociés en Gaec. Depuis qu’Hervé est maire de Mendionde (dans les Pyrénées-Atlantiques), ils se sont imposé une plus grande transparence de leurs agendas respectifs et ils ont revu leurs rémunérations du travail respectives.

<em class="placeholder">Hervé Damestoy à gauche et Denis Damestoy à droite éleveurs de brebis à Mendionde (64), dans leur bergerie</em>
Hervé Damestoy (à gauche), éleveur et maire de Mendionde (64) et Denis Damestoy (à droite) son coassocié.
© N. Savin

« Nous partageons nos agendas professionnels, personnels et politiques en toute transparence, grâce à une application numérique. Du coiffeur à la réunion à la communauté d’agglomération ou à la Cuma, en passant par l’entraide avec le voisin ou l’anniversaire de notre nièce. Comme ça, on ne perd pas de temps à demander à l’autre s’il sera présent ou pas, pour caler un rendez-vous », témoignent Denis et Hervé Damestoy, frères et coassociés au sein du Gaec Laugune. En effet, depuis les précédentes élections municipales, Hervé est maire de leur village : Mendionde, dans les Pyrénées-Atlantiques.

En mairie, tous les matins après la traite

En général, Hervé va en mairie tous les matins, après la traite, et travaille sur l’exploitation plutôt l’après-midi. Celui des deux qui assure la traite l’effectue seul. « Malgré son emploi du temps bien rempli, nous réussissons à nous libérer un week-end sur deux en dehors des agnelages et des foins. Si Hervé a une urgence durant un de ses week-ends d’astreinte, il s’arrange avec notre père ou allonge sa journée. Je suis rarement contraint de revenir un dimanche », reconnait Denis Damestoy.

Cependant, les frères avouent que pour en arriver à cet équilibre, il leur a fallu plus d’un an. D’autant plus que Denis s’était installé en 2019, quelques mois avant qu’Hervé ne pense à se présenter. Les premiers mois de leur collaboration au sein du Gaec, ils débutaient tous les deux : Denis sur l’exploitation et Hervé à la mairie. Aujourd’hui ils sont tous les deux plus efficaces.

Augmentation du troupeau plutôt que la diversification envisagée

« En revanche, Denis a renoncé à son projet d’atelier d’élevage de pigeons, qui devait diversifier nos activités et générer son revenu supplémentaire lors de son installation, en 2019 », admet Hervé Damestoy. « La décision a été prise ensemble », insiste sans regret Denis. Ils ont préféré temporiser cette diversification, ignorant le résultat des élections et le temps que ça prendrait à Hervé. Ils ont ainsi privilégié l’augmentation du troupeau d’une trentaine de brebis, pour atteindre deux revenus avec un élevage qu'ils maîtrisaient déjà. « N’ayant qu’un seul atelier, il peut être assumé par une personne seule », résume Denis.

Un élu, associé de Gaec, n’a pas besoin d’une dérogation de travail extérieur de la CDOA Gaec, puisque son mandat n’est pas considéré comme une activité professionnelle.

Une modification légistalive sur le revenu en Gaec souhaitée pour les agriculteurs élus

« Comme Denis travaille plus que moi sur l’exploitation, il n’était plus équitable que nous ayons la même rémunération du travail », ajoute Hervé. Par conséquent, bien qu’en Gaec à parts égalitaires, Denis a une rémunération du travail 25 % plus élevée que celle d'Hervé. « J’estime que l’écart devrait être plus important mais les revenus de la ferme ne permettent pas un différentiel plus important », explique Hervé. En effet, les bonnes années ils respectent l’article R323-36 du code rural, qui impose au minimum une rémunération plancher au Smic par associé. Mais en 2022, année de sécheresse, par exemple, ça a été compliqué.

« Avec l’accord de l’associé concerné, s’il a un mandat électif indemnisé, la réglementation devrait l’autoriser à percevoir une rémunération inférieure à ce seuil du Smic pour respecter l’équilibre temps de travail — rémunération de ce cumul », estime Hervé, qui souhaiterait une modification législative dans ce cas.

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