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Distribution automatique
Vendre des f&l 24 h/24 et 7 jours/7, un concept nouveau

Des agriculteurs des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes lancent un point de vente automatique et le premier drive fermier de Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

A Bersac (Hautes-Alpes), Fabrice Gautier et sa compagne Lauranne Bellet ont réaménagé en mars 2015 le point de vente automatique inauguré en 2014. « Nous avons rencontré des problèmes de volumétrie des casiers, indique l'agriculteur. Nous voulions un équipement doté de températures différentes, ce qui nous a amenés à remplacer une bonne partie de l'installation. » Les 104 casiers sont abrités sous un cabanon “couleur locale” au bord de la route qui mène de Grenoble à Sisteron et vers les stations des Alpes. « Durant les vacances, la population passe du simple au double, mais il est difficile d'avoir un magasin de vente directe traditionnel en permanence. » D'où le choix du distributeur automatique accessible 24 heures/24 et 7 jours/7.

Didier Filbing, responsable de la société éponyme spécialisée dans l'équipement de points de vente automatique, explique : « Dans le cadre de l'accompagnement proposé, une des questions posée est : “Qui va recharger le dimanche, le jour qui compte triple dans le chiffre d'affaires ?” La question peut sembler anodine, mais c'est un des points clés, comme l'implantation, de la réussite d'un distributeur automatique. Les agriculteurs doivent savoir qu'une heure par jour est indispensable pour assurer le bon fonctionnement de l'installation. » Fabrice Gautier ne se sent pas concerné, puisqu'en tant qu'éleveur de poules pondeuses bio il est « d'astreinte tous les jours de la semaine et l'exploitation est à 300 m du distributeur automatique ». Il dispose de 104 casiers, fournis en majorité par Filbing Distribution, dont le siège est à Weitbruch (Alsace). « Nous avons débuté notre activité en 2008 avec un distributeur de lait, raconte Didier Filbing, gérant de l'entreprise. Les casiers sont achetés en Allemagne mais, pour l'électronique, nous travaillons avec des fournisseurs français. Actuellement, nous proposons vingt-six formats de casier qui permettent de moduler les installations. Nous proposons des distributeurs compacts spécia-lisés pour les ventes d'œufs, fraises, viandes ou fromages. En ce qui concerne les f&l ou les pommes de terre, nous proposons des distributeurs à température différenciée : réfrigérés à 3-4 °, climatisés à 10-12 ° ou tempérés. Dans les deux premiers cas, cela suppose une installation supplémentaire mais facile à réaliser : l'air frais circule derrière les distributeurs et s'introduit par l'arrière des casiers en inox percés de trous pour faciliter sa répartition. Les distributeurs peuvent être intégrés dans les murs – pas exposés au soleil ! – des différents locaux ou chalets. »

Le distributeur automatique est sécurisé

Son choix réalisé sur un écran tactile, le consommateur dispose de trois moyens de paiement : billets, monnaie ou carte bancaire. « La borne de paiement est sécurisée par un dispositif anti-effraction et une porte blindée. Elle est dotée d'un système d'alarme volumétrique. Nous assurons le service après-vente en particulier au niveau de la mise à niveau des lecteurs lorsque des nouveaux billets apparaissent. » Cela fait partie des prestations que propose Filbing Distribution qui vont du montage financier du dossier au financement personnalisé, à l'engagement de reprise de 60 % en fin de première année en cas de changement de voie ou d'échec ou encore la signalétique. « Le retour sur investissement, indique Didier Filbing, se situe entre six et vingt-quatre mois avec un chiffre d'affaires de 50 à 700 €/jour. Un village de 150 habitants peut faire vivre un point de vente automatique. » Les emplacements les plus rentables se situent au cœur d'un village, à proximité des écoles, boulangeries..., sur des voies passantes, à la ferme ou même à proximité d'un hypermarché. Depuis la création de la société, Didier Filbing a installé 200 points de vente automatiques. « Ils sont installés en très grande majorité dans le nord de la France. Le Sud-Ouest est en développement mais il est très difficile de travailler dans le Sud-Est (quatre implantations). »

Après un mois d'exploitation du nouveau point de vente automatique, Fabrice Gautier analyse les premières tendances : « Nous recevons environ vingt personnes/jour. Certaines sont attirées par la curiosité mais sont des clients potentiels. Nous avons beaucoup de clients de passage, mais de plus en plus de locaux. A 99 %, les acheteurs nous disent que c'est une bonne initiative, mais 1 % regrette le manque de lien social. Nous allons travailler sur ce point. » Le point de vente propose des pommes (« prix linéaire à l'année »), des pommes de terre et des asperges (« emballés dans des sacs ou barquettes »), des jus de fruits (« quatre variétés ») ainsi que de l'épicerie sèche, d'œufs ou et pain. « Toute la marchandise provient d'un rayon maximal de 100 km autour du Bersac. En fruits et légumes, il y a un décalage de trois semaines de maturité, ce qui nous permet de tenir les produits plus longtemps et d'offrir une gamme plus large. Ceci étant, il n'y a pas vraiment un produit qui tire les autres. Ici, le principe est la fraîcheur et la saisonnalité. »

Un résultat positif

Dans la démarche point de vente automatique, Fabrice Gautier est accompagné d'un groupe de producteurs locaux qui travaillent en vente directe. « C'est une manière d'opérer qui nous permet de réduire le coût de la logistique à zéro. La marchandise destinée au distributeur est déposée par les producteurs dans les points de vente que je sers aussi et je la récupère à la faveur de mes livraisons. » Une quinzaine d'agriculteurs fournit la marchandise. Fabrice Gautier et sa compagne se chargent de l'approvisionnement du distributeur. « Nous avons engagé l'investissement et une commission est prise sur les ventes pour assurer l'amortissement. » L'expérience du point de vente automatique de l'an dernier, en dépit des problèmes techniques, a plutôt été positive. « C'est devenu un débouché principal pour certains d'entre nous et une planche de salut. » D'où l'envie d'aller plus loin et de compléter le dispositif de vente directe. « Depuis, nous avons créé le premier drive fermier de Provence-Alpes-Côte d'Azur avec une soixantaine de producteurs. » Les livraisons sont assurées à Gap et au point de vente automatique. Un moyen de faire connaître ce nouveau mode de distribution.

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