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MELON
Une approche agronomique contre la fusariose

Différents travaux attestent qu’il est possible de réduire les risques liés à la fusariose par une approche agronomique basée sur l’amélioration de la vie microbienne du sol, grâce à l’implantation d’engrais verts et au non-retournement du sol.

La fusariose du melon est un problème majeur pour cette culture, devenant un facteur limitant lorsque des rotations de plus de quatre à cinq ans de culture de melon ne peuvent pas être assurées. Perçue comme une « impasse sanitaire », elle nécessite l’utilisation du greffage et/ou de variétés hautement tolérantes pour continuer à produire sur des parcelles qui, dans le pire des cas, deviennent impropres à la culture du melon. En complément ou alternative de ces deux moyens de lutte, une troisième voie est en cours de réflexion.

Installation d’un engrais vert en été

« Une nouvelle approche de gestion du champignon via la stimulation des populations microbiennes est-elle possible ? » a questionné Marie Torres, Ctifl, lors des récentes rencontres phytosanitaires Légumes Ctifl/DGAL en janvier. « L’agronomie peut-elle participer à la lutte contre cette maladie ? » s’est interrogé, quant à lui, Xavier Dubreucq, consultant technique melon, lors de la rencontre Ecophyto Melon Sud-est en décembre dernier. Pour ce spécialiste, des réponses à cette question existent déjà. Différents travaux d’expérimentation concernant les engrais verts et la stimulation de la vie microbienne du sol menés par le Ctifl, l’Acpel, et dans le cadre du projet Vasculeg (voir ci-contre), apportent des résultats qui peuvent être mis en application. « En regroupant ces différents travaux, il est possible de réduire les risques liés à la fusariose par une approche agronomique », explique Xavier Dubreucq.

Selon lui, trois points sont à mettre en oeuvre avec comme base l’installation d’engrais verts et le non retournement du sol (voir encadré). « Cette stratégie nécessite de contourner deux objections souvent mises en avant par les producteurs », commente le technicien. L’une concerne la difficulté d’installation d’un engrais vert en été pendant la période sèche.

Remplacer le métal par le végétal

L’autre est représentée par le labour du sol en automne censé permettre de profiter de l’impact hivernal des gelées sur la structure du sol et faciliter la « reprise des terres » au printemps. Xavier Dubreucq propose donc des solutions de contournement. « Réussir l’implantation d’un engrais vert en été, c’est d’abord ne pas assécher le sol avec le disquage (avec le passage de covercrop ou de déchaumeur) et semer directement avec un combi herse rotative/semoir ou utiliser un semoir à semis direct, explique-t-il. Eviter le retournement du sol à l’automne, c’est utiliser un fissurateur au printemps sur un engrais vert broyé un mois avant l’implantation de la culture en guise de labour ». Equipé de dents droites montées sur double ressort, le fissurateur émet des ondes de choc émiettant le sol en profondeur sans le déplacer et sans bouleverser sa structure, alors que les racines de l’engrais vert ont un effet structurant sur l’horizon supérieur du sol (15 cm). « Cette approche s’inspire de l’agriculture de conservation dont la première démarche est de remplacer le métal par le végétal », mentionne Xavier Dubreucq. « L’association des effets positifs de ces pratiques permet d’arriver à un résultat satisfaisant avec une diminution de la pression de la fusariose après plusieurs années de pratique », assure le technicien. C’est ce dont témoigne Anthony Dolesi, producteur de melon en Corse qui met en oeuvre ces techniques depuis douze ans. (lire ci-après).

Des résultats d’essais à mettre en application

Entre 2009 et 2011, les essais réalisés au Ctifl de Balandran ont montré les effets positifs des amendements organiques de masse sur la fusariose. L’apport important de BRF (bois raméal fragmenté) induirait une augmentation de la vie microbienne du sol gênant le développement de la fusariose. Le lien entre pourcentage de plantes saines et pourcentage de matière organique contenu dans le sol a été démontré.

En 2012, l’Acpel a testé un amendement enrichi en micro-organisme contre la fusariose du melon. L’amendement a permis aux plantes de résister significativement plus longtemps à la fusariose sur une parcelle fortement fusariée montrant que l’augmentation de la vie microbienne peut avoir une action préventive sur des parcelles indemnes de fusariose ou plus faiblement atteintes.

Entre 2011 et 2014, le programme Vasculeg, conduit par le Ctifl et les stations régionales d’expérimentation, a précisé que la vesce velue, utilisée comme engrais vert, a un effet direct contre la fusariose en retardant l’apparition de la maladie. Il en est de même avec le radis fourrager grâce à ses exsudats racinaires et à la libération de substances inhibitrices.

Trois points pour limiter la fusariose

1 Semer de la vesce et du radis fourrager le plus souvent possible dans la rotation des parcelles accueillant les cultures de melon, afin de bénéficier de l’effet assainissant avéré de ces engrais verts.

2 Pratiquer les engrais verts le plus souvent possible en interculture pour stimuler la vie microbienne dans le sol grâce à leurs exsudats racinaires et à l’incorporation de leurs biomasses aériennes.

3 Adopter la fissuration du sol plutôt que le retournement afin d’éviter l’enfouissement de la vie microbienne qui doit rester dans les dix premiers centimètres du sol.

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