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Salade et IVe gamme - Provence
Une année à risques

Les premières salades ont été coupées en Provence. Un phénomène qui inquiète Rémy Roux, co-président du syndicat “Les Belles salades de Provence”.

« Les campagnes deviennent de plus en plus compliquées, explique Rémy Roux, co-président du syndicat interprofessionnel “Les Belles salades de Provence”. Les plantations se font plus tôt et les productions sous serres sont nombreuses. Dans le premier cas, c’est le signe d’une fin plus rapide des cultures d’été. Dès que les serres sont vides, les salades sont plantées. Dans le second cas, il y a transfert de production du plein champ vers les serres. Donc augmentation du potentiel. En effet, les cultures de plein champ entraînaient des pertes de 20 à 30 %, notamment en raison d’aléas climatiques. Sous serres ce risque est inexistant. On se rend compte qu’il y a des salades dans toutes les régions et les ceintures vertes font des volumes importants. D’où l’enjeu des marchés à l’export comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne qui tirent des volumes, quand l’Espagne et l’Italie ne sont pas trop présentes. L’Allemagne est un marché difficile : les producteurs fournissent de la salade de plus en plus tard dans la saison et les consommateurs privilégient les produits locaux. Mais il faut y aller car on souffre sur le marché français. Cela fait huit mois que la salade nous est payée entre 0,20 et 0,30 €. Sur la campagne 2010-2011, nous n’avons eu qu’un mois de prix corrects. Le froid précoce avait ralenti les productions et tout est arrivé en même temps. Une catastrophe. Il y a un temps, la Provence était une région incontournable pour la production en hiver. J’ai peur que ça ne soit plus le cas. »
La campagne ne sera lancée qu’en semaine 45. Si la météo joue son rôle et si les températures descendent dans le Nord, les salades provençales pourraient bénéficier d’une nouvelle dynamique. Ce sera d’autant plus important que les premières têtes sont vendues à des prix très bas, au même niveau que l’an dernier. Pour le potentiel de production en Paca et Languedoc-Roussillon, FranceAgriMer annonce pour les laitues 340 millions de têtes, soit un niveau égal (mais peut être sous-estimé) à l’an dernier, mais en réduction de 13 % sur cinq ans, au niveau national. Selon les informations dont dispose Rémy Roux, « la batavia devrait être en diminution dans la région. »

Une recherche au point mort
La batavia a détrôné la laitue depuis de nombreuses années. Pour Rémy Roux, « il n’y a pas eu d’évolution majeure depuis. Les essais de diversification restent anecdotiques. La dernière avancée importante a été le lancement de la famille des Lolos. C’est la raison pour laquelle avec le groupement nous souhaitons travailler avec les semenciers. Les consommateurs ont changé. Nous devons répondre à leurs attentes et les attirer pour lutter contre la baisse de consommation. »
Cette année encore, et alors que la mercuriale est au centre des réflexions dans le cadre de la rénovation et de la modernisation du Min de Châteaurenard, la commission interprofessionnelle de cotations ne sera pas mise en place. « Les négociants n’en veulent plus. Ils nous opposent de nombreuses raisons comme le fait que les cotations sont produites trop tôt le matin. La commission n’a donc pas de raison de se réunir. Si seuls les producteurs y vont, ça n’a aucun sens. Le SNM s’en chargera. » Aussi le syndicat s’est lancé dans des projets plus structurels. « On nous a reproché de ne pas fournir suffisamment de volumes sous certification GlobalGap. Pour y remédier, le syndicat a souhaité accompagner les producteurs dans cette démarche. Cinquante à soixante d’entre eux ont capacité à y entrer. Pour l’heure ils sont déjà seize. Trois de plus doivent être audités prochainement. Mais nous sommes devant un choix : certification de groupe ou certification individuelle ? Sachant que dans l’option n° 1, la responsabilité individuelle entraîne une responsabilité collective, je pense que nous irons vers la seconde possibilité. Nous sommes conscients que la certification donne “le droit de vendre”, mais n’assure pas une revalorisation du produit. Néanmoins, nous le ferons. »
Le syndicat a aussi en projet un emballage collectif. « Un nouvel emballage bois marqué des “Belles salades”est à l’étude. Trois entreprises de commercialisation testent l’idée. Sa gestion paraît compliquée mais nous avons lancé une étude sur les coûts. » Reste à savoir aussi ce qui sortira des projets du Conseil régional et de la marque collective dont tous les f&l (à l’exception des AOC) devraient profiter. Sur le plan de la communication, le syndicat mise sur les camions aux couleurs des Belles Salades : « Nous avons une dizaine de camions, et les retours sont très positifs. Le coût de leur décoration n’est pas exorbitant. De plus, elle perdure contrairement aux campagnes d’affichages 4 x 3. » Le syndicat a également prévu une insertion presse grand public, de la PLV pour les clients étrangers et sera présent à Fruit Logistica.
Enfin, la question qui agite le microcosme provençal est celle du devenir du syndicat. Dans le cadre du projet de modernisation du Min de Châteaurenard, la transformation en une OP est évoquée. « Je n’y vois pas d’impossibilité, souligne Rémy Roux. Il est évident que nous devrons revoir son fonctionnement. Nous continuerons à mener les actions précédentes mais nous pouvons imaginer la mise en place de nouvelles actions, de nouvelles stratégies et ou de bénéficier d’aides supplémentaires. Il faut réfléchir, évaluer le nombre d’adhérents qui sont prêts à renter dans une OP, volontairement. Mais cela contribuerait peut-être à nous renforcer. »

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