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Production
Un marché bio en déséquilibre

Corabio a organisé, le 16 avril à Bougé-Chambalud (Isère), une journée technico-économique sur la filière fruits à pépins cultivés en AB.

Selon les chiffres produits par l'Agence Bio, la production française de fruits à pépins bio (poires, pommes de table et pommes pour la transformation) s'élevait, en 2012, à 3 885 ha (certifiés et en conversion), soit une progression de 8 % par rapport à l'année antérieure. Néanmoins, ce chiffre est à relativiser car, entre 2012 et 2011, les surfaces en conversion ont reculé de 7 % alors que le nombre d'exploitations reste stable à 1 235.

Les pommes de table concentrent, à elles seules, 2 355 ha (+ 1 % vs 2012) et sont produites sur 765 exploitations (-1 %). Les surfaces certifiées AB s'élèvent à 1 702 ha, soit + 19 % par rapport à 2011. En revanche, les superficies en conversion marquent un pas. Une baisse de 28 % a été constatée sur le total des conversions C1+C2+C3*. « Pour des raisons de coût par hectare, a indiqué Floraine Vieux-Rochas du Comité Bio Interfel, il n'y a pas d'installation directe de vergers de pommes et poires bio. De plus, les conversions marquent un pas qui traduit dans certains secteurs géographiques le manque d'accompagnement technique. Plus globalement, les conversions sont freinées par les problèmes techniques, notamment la faiblesse des rendements et des prix peu rémunérateurs. »

Pour les pommes destinées à la transformation, la progression est fulgurante. En 2012, l'Agence Bio dénombrait 326 exploitations (soit + 74 % vs 2011). Les surfaces certifiées ont progressé de 46 % sur les deux années de référence, d'où une prévisible augmentation des volumes. Les surfaces en conversion (C1+C2+C3) étaient en progression de 36 %, soit 84 ha. Selon Floraine Vieux-Rochas, en 2011, la région Paca représentait 25 % des surfaces en pommes de table bio, suivie des Pays de Loire (14 %) puis de Rhône-Alpes (12 %). En 2012, la récolte française de pommes bio était estimée à 30 710 t, soit 10 % de la production totale de fruits bio. Un chiffre à manipuler avec précaution dans la mesure où une bonne partie de la production de pommes bio reste sur les circuits courts de vente directe et n'est pas forcément comptabilisée. En revanche, l'augmentation de la consommation de pommes bio est avérée. Elle a progressé de 3 % entre 2011 et 2012, de + 24 % entre 2012 et la moyenne 2007-2010. Les opérateurs doivent donc composer avec une offre qui n'est pas toujours suffisante, voire inadaptée, à leurs besoins et la pression des “locavores”.

Un obstacle commenté par Patrick Ophèle, chargé de développement de la filière fruits chez Pronatura : « Nous commercialisons 4 000 t de pommes qui sont pour deux tiers d'origine française. L'emploi de l'importation a été obligatoire dès le début pour satisfaire notre demande. Néanmoins, le pourcentage tend à se réduire du fait qu'en pommes des variétés plus tardives sont désormais mises en marché. Par ailleurs, nous avons choisi l'option de diversifier notre approvisionnement qui est resté longtemps uniquement provençal. Nous travaillons avec le Sud-Ouest, le Val de Loire, l'Est ou encore le Centre. Cela nous permet d'étendre notre offre variétale tout en élargissant notre calendrier de commercialisation. »

Pronatura sert plusieurs segments de distribution : « Les magasins bio spécialisés absorbent 75 % de nos volumes de pommes AB. Le choix variétal est très important, ce qui nous permet entre autres de développer les variétés anciennes. Les principaux critères demandés sont le terroir et le goût, avec des pommes tout calibre mais à longueur d'année. A l'export (10 %), nous travaillons surtout sur les pommes précoces de juillet à septembre. Sur ce segment, la notion de goût n'est pas importante pour le prix par rapport au calibre, petit ou moyen. En GMS, qui représente 10 % de nos ventes, ce sont les pommes AB à forte disponibilité qui sont demandées, c'est-à-dire Gala et Golden. Le terroir est de plus en plus recherché, tout comme le goût. Le calibre est important ainsi que l'activité annuelle. Enfin en RHD (5 %), la variété n'est pas déterminante mais le local et le goût deviennent essentiels. Ce sont surtout des calibres moyens et petits qui sont demandés. »

Pour conclure, Partick Ophèle a rappelé qu'« il faut travailler sur l'image des pommes et des poires et développer de très bonnes variétés, voire à en réhabiliter certaines plus anciennes. Mais notre objectif principal est de sécuriser notre approvisionnement dans toutes les régions. »

* Les surfaces “en conversion” : la durée de conversion allant de deux ans pour les cultures annuelles à trois ans pour les cultures pérenne, elles comprennent les surfaces en première, deuxième et troisième année de conversion (C1, C2, C3).

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