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Un contrat de progrès pour la banane antillaise

Le Gouvernement a signé un contrat de progrès pour la banane antillaise avec les professionnels de la filière. Plus de 34 millions d’euros seront investits sur 5 ans pour accompagner ce plan.

Hervé Gaymard, ministre de l’Agriculture, Brigitte Girardin, ministre de l’Outre-Mer ont signé, mardi dernier, avec les professionnels des deux îles, un contrat de progrès pour la relance de la filière banane antillaise. Ce contrat s’articule autour de trois séries de mesures : restructuration de la commercialisation, restructuration de la production et des mesures socio-économiques.

La maîtrise de la commercialisation passera par le renforcement des actions, déjà engagées par l’Union des groupements, qui visent à une gestion concertée de la mise en marché et des ventes par les 5 Organisations de producteurs (2 en Guadeloupe et trois en Martinique). Les 2 OP de Guadeloupe sont invitées à se rapprocher. Et les 5 OP “s’engagent à la reprise des discussions pour préparer une relance des ventes et à participer à l’approfondissement de la réflexion en vue de la constitution d’une association interprofessionnelle”. Par ailleurs, le contrat de progrès prévoit le lancement d’une grande campagne de promotion de la banane antillaise.

Le second volet concerne la restructuration de la production et le soutien aux producteurs. Un encadrement commun de la production devra être mis en place et les producteurs s’engagent à mettre en place des Contrats d’agriculture durable (CAD) spécifiques à la banane. Ce volet prévoit également un programme d’aide en faveur des exploitations en difficulté (Agridif). Enfin, le troisième volet vient compléter le dispositif Agridif en proposant notamment un dispositif de pré-retraite pour les producteurs le désirant et des mesures de soutien à la reconversion des terres.

Pour accompagner ce plan, une mission d’appui de longue durée a été confiée a deux hauts fonctionnaires : Louis Lauga et Jacques Mordant.

Pour accompagner ce contrat de progrès, l’Etat met à disposition des professionnels une aide de 25 millions d’euros sur 5 ans, auxquels s’ajoutent 5,4 MEUR d’origines communautaires (Feoga) et 6 MEUR débloqués par les professionnels.

Extrême fragilité de la filière

Ce contrat est certes une bonne nouvelle pour les professionnels de la banane antillaise qui l’accueilent favorablement. Mais ils n’oublient pas l’extrême fragilité de la situation dans les Antilles. Depuis le début de l’année, une cinquantaine d’exploitations ont déposé le bilan en Martinique, et un millier d’emplois ont été supprimés (plus 200 emplois supprimés en Guadeloupe). Hervé Gaymard a débloqué une aide immédiate de trésorerie de 9 millions d’euros pour aider les producteurs. Cette aide de l’Etat est la bienvenue, mais elle ne compense qu’en partie seulement les 17 millions d’euros demandés par les Antillais à Bruxelles au titre de la clause de Madère et refusée par la Commission européenne. En 2003, aides compensatoires et aides exceptionnelles comprises, les producteurs antillais ont perçu une recette de 3,85 F/kg. Pour mémoire, l’Europe avait “fixé” en 1998 une recette forfaitaire de référence. Elle s’élevait à 4,2 F/kg.

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