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Logistique - Légumes d’industrie
Triskalia, une organisation bien rôdée

En Bretagne, Triskalia couvre les deux filières, frais et industrie. Pour la partie industrie, tout doit être planifié au millimètre.

Approvisionner l’industrie en légumes frais en quantité et qualité nécessite une organisation sans faille. Pour y parvenir, l’OP légumes d’industrie Triskalia (cf. fld hebdo du 2 octobre 2012) a mis en place une organisation basée sur la planification et sur des services logistique et maintenance renforcés. Pour optimiser le transport, toutes les parcelles récoltées sont géolocalisées et tous les camions, qu’ils appartiennent à la coopérative ou à un prestataire, sont équipés de GPS. « Cela permet d’envoyer tous les chauffeurs partout même la nuit et d’optimiser les déplacements, précise Pierrick Ménager, responsable transport. Ce système mis en place il y a trois ans a permis de réduire le kilométrage par tonne transportée de 11 km à 9 km. La localisation de tous les camions permet aussi de prévenir les clients s’il y a du retard. »
La première étape de cette organisation est la planification. Pendant l’hiver, le chef de marché valide avec les usines le programme de production de l’année à venir incluant les quantités et qualités des légumes à livrer, le planning de livraison et les aspects économiques. Pour sécuriser les apports, toute la production est contractualisée avec les producteurs. Et un accord est passé avec le Cerafel (AOP des fruits et légumes frais bretons) pour que l’OP puisse éventuellement récolter des légumes (essentiellement du chou-fleur) initialement destinés au frais, en cas de manque pour l’industrie ou d’invendus sur le marché du frais.

Une production répartie sur sept bassins
Chez Triskalia, la gamme légumes comprend haricots, pois, épinards, brocolis, flageolets, choux-fleurs, carottes, scorsonères, herbes aromatiques, poireaux, navets... Des légumes destinés pour moitié à Gelagri, filiale de Triskalia, qui dispose de deux usines en Bretagne et deux en Espagne, et à d’autres entreprises dont Ardo, Kerlys, Dujardin, Coroos et Daregal, qui elles-mêmes exploitent plusieurs usines. « Les légumes devant être transformés le plus rapidement possible après la récolte, une organisation sans faille est nécessaire pour livrer en temps et en heure les quantités et la qualité souhaitées », souligne Rémy Boucher, responsable légumes industrie à Triskalia.
Pour limiter les risques climatiques, étaler les récoltes et produire au plus près des usines, la production est répartie sur sept bassins en Bretagne et en Vendée. Une fois la planification faite, le chef de marché établit le calendrier des semis et le choix des variétés zone par zone. Chaque technicien rencontre ensuite les producteurs de son secteur, recueille leurs souhaits et procède à l’agréage des parcelles. Un contrat est ensuite établi entre le producteur et la coopérative. Puis, quand les plannings sont établis, chaque technicien retourne voir les producteurs pour fixer les dates de semis.

Un délai récolte-livraison le plus court possible
La coopérative choisit les variétés, fournit les semences et suit les cultures. « Chaque parcelle est vue au moins huit fois par notre service », souligne David Corrigan, technicien chez Triskalia. Celui-ci prévoit la date optimale de récolte par l’observation des parcelles. Et quand la date et les heures de livraison sont confirmées, le technicien coordonne les différents intervenants pour assurer un délai récolte-livraison le plus court possible. « A titre d’exemple, en une demi-journée, s’il fait chaud, une parcelle de pois peut avoir dépassé le stade optimal de récolte », indique Cyril Dubois, responsable de l’atelier maintenance. Si une culture n’est pas récoltée, un mécanisme de péréquation permet de ne pas pénaliser le producteur. « Pendant les périodes de récolte qui durent principalement de mars jusqu’à mi-octobre, les machines tournent jour et nuit, 7 jours sur 7, souligne-t-il. La maintenance préventive et curative est donc primordiale pour garantir la fiabilité du matériel. »
Pour sécuriser la récolte, l’atelier de maintenance de la coopérative dispose de vingt salariés et des mécaniciens prêts à intervenir sont disponibles 24 h/24 dans tous les bassins. « Et comme toutes les parcelles sont géolocalisées, ils peuvent arriver très vite sur la parcelle en cas de panne », précise Cyril Dubois. Pour cela, la coopérative dispose donc d’une flotte impressionnante de matériels. Les enjeux varient selon les produits : propreté pour les racines (ne pas transporter de terre), bonne séparation des produits pour les gousses et choux (ne pas récolter de gousses, fanes, trognons), hauteur de coupe pour les légumes feuilles... « Nous avons un potentiel de récolte de 8 000 t de haricots par semaine, 3 000 t de pois, 1 000 t de petites carottes, 2 000 t de grosses carottes et 3 000 t d’épinards », confirme Cyril Dubois.

Informatique embarquée
En moyenne, il faut prévoir 1 heure pour récolter 1 ha d’épinards se récolte, 2 heures pour 1 ha de pois, de haricots ou de grandes carottes et 4 heures pour 1 ha de petites carottes. Et deux heures après, les caissons devront être livrés à l’usine pour préserver la qualité des légumes. Triskalia réalise ainsi 9 000 livraisons par an, pour moitié avec sa propre flotte dédiée et pour moitié avec des prestataires, ce qui permet à la coopérative de ne pas avoir de période d’inactivité en hiver où les récoltes sont moins importantes. Pierrick Ménager est le grand organisateur des livraisons. « Nous livrons des légumes 24 h/24, souligne-t-il. L’objectif est d’enlever les caissons et de les livrer le plus vite possible, dans le respect des souhaits et capacités des usines et de la législation sur le travail pour les chauffeurs. »

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