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Système U fonde la "Maison commune des indépendants "

Système U quitte la FCD pour construire avec Leclerc et Intermarché une “maison commune des indépendants”, davantage en accord avec ses convictions.

C’est finalement sans grande surprise que Système U a annoncé le 15 novembre, son départ de la FCD pour fonder, avec Leclerc et Intermarché, une “Maison commune des indépendants”. Cette décision intervient alors que la polémique continue d’enfler au sujet de la réforme de la loi Galland.

“En créant ce pôle des indépendants, nous souhaitons faire valoir notre spécificité, a expliqué Serge Papin, vice-président de Système U, les positions de la FCD, notamment au sujet de la loi Raffarin sur l’augmentation des surfaces ne correspondaient pas à nos convictions et suscitaient un certain malaise.” Alors, fort de l’adage “Choisir, c’est renoncer”, Système U a préféré rejoindre “sa” famille, le choix de la cohérence…

“Il y a certains points sur lesquels nous restons en profond désaccord avec les enseignes du commerce intégré, la loi Raffarin nous convient parfaitement parce qu’elle maintient les décisions concernant l’urbanisme commercial au niveau local, pour une fois qu’on a une loi décentralisatrice, il n’est pas question pour nous de la discuter ! D’autre part, nous ne supportons plus d’être accusés d’être des profiteurs... Ces pratiques ne sont pas les nôtres.”

Davantage de liberté et de transparence

Concernant la loi Galland, Serge Papin estime qu’elle a conduit à des excès et que son aménagement reste nécessaire. “Il faut plus de transparence et davantage de liberté, la loi Galland impacte 40 % des produits vendus dans nos magasins, son assouplissement devrait permettre d’accompagner la baisse des prix plébiscitée par les consommateurs et regagner des parts de marchés sur le hard discount, notamment grâce aux entrées de gamme.”

Guerre des prix, d’accord... Mais quid des suppressions d’emploi annoncées en cas de modification radicale de la loi Galland comme la disparition du SRP ? “C’est à nous d’être imaginatifs, répond Serge Papin, de développer le service, optimiser notre logistique, simplifier le système des promotions… Aujourd’hui, le chômage et les délocalisations créent un problème de confiance chez les Français. Du merchandising de l’envie, nous sommes passés au merchandising de la grimace. Le textile et l’alimentaire sont devenus des variables d’ajustement dans le budget des familles. La baisse de 2 % va tout juste permettre de s’offrir Canal +… en promo ! Nous indépendants, sommes capables de courber l’échine grâce à notre forte adaptabilité, tout en gardant le regard sur la ligne d’horizon où se trouve la croissance. Certes nos marges brutes vont baisser… A nous d’inventer des scénarii pour maintenir, voire augmenter notre marge nette. Et c’est possible ! D’ailleurs, notre objectif pour l’année prochaine est un gain de 0,40 % de parts de marchés. La progression réside davantage dans la stratégie d’enseigne que dans sa capacité à acheter gros.”

Le modèle du commerce indépendant en France, unique en son genre sur la planète, pèse tout de même 37 % de la distribution hexagonale, preuve qu’il existe bien une alternative aux intégrés, qui fonctionne tout en privilégiant les valeurs familiales et les personnes. D’où l’intérêt de ce regroupement, pour défendre des valeurs communes, et “valoriser notre métier quand d’autres rendent des comptes à leurs actionnaires”.

Sur le plan pratique, la nouvelle maison des indépendants, dont le nom définitif n’est pas encore décidé, devrait être opérationnelle à l’été 2005. “Je tiens à préciser que la nouvelle organisation professionnelle du commerce indépendant ne se fait pas contre la FCD, avec laquelle nous continuerons de travailler et d’agir, sur les questions sociales, notamment”. Quant à son futur porte-parole, “ce ne sera ni moi, ni Michel Pattou… ni Michel-Edouard Leclerc, conclue Serge Papin avec le sourire, mais une personne détachée des politiques d’enseignes.”

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