Aller au contenu principal

Interview de Salima Djidel
« Sur le Min de Grenoble, la place du bio va être prépondérante dans les années à venir »

 Agée de 43 ans, la jeune présidente du Min de Grenoble affiche de grandes ambitions en voulant valoriser le site et l'ouvrir au grand public. Elle vise, en janvier 2015, l'objectif de 50 % de produits et fruits et légumes bio dans la restauration municipale grenobloise.

FLD : Salima Djidel, qui êtes-vous ?

SALIMA DJIDEL : Iséroise d'origine, je me suis présentée sur la liste du Rassemblement citoyen, de la gauche et des écologistes lors des élections municipales 2014. Je suis devenue conseillère municipale déléguée à la restauration municipale à l'alimentation bio et locale à Grenoble. Dans le cadre de ma délégation, j'ai ensuite été élue à la présidence du Min.

FLD : Quelle place voulez-vous accorder aux produits, aux fruits et légumes bio au sein de la restauration municipale ?

S. D. : Aujourd'hui nous sortons 10 000 repas par jour pour la restauration municipale, les crèches, les cantines scolaires, les personnes âgées en Ehpad, en résidence, la livraison à domicile. La progression du bio dans les plats est très nette. En avril 2014, la restauration municipale proposait 20 % de produits bio (fruits et légumes, pain, fromage, pâtes, purées de fruits). Aujourd'hui, nous en sommes à 37 %. En janvier 2015, nous atteindrons les 50 %. Notre objectif pour 2020 est d'arriver à 100 % de bio et/ou local dans les assiettes. Nous nous plaçons bien au-delà des 20 % de bio dans les assiettes scolaires préconisés par le Grenelle de l'environnement.

FLD : L'approvisionnement en produits locaux est-il un problème ?

S. D. : Non. Nous n'avons pas de difficultés en approvisionnement de produits locaux, bio et conventionnels. Nous sommes très vigilants. Nous achetons exclusivement des produits estampillés origine France, que ce soit en conventionnel, en lutte raisonnée ou en bio. L'origine France est une de nos priorités.

FLD : Le développement du Min de Grenoble est un projet qui vous tient à cœur. Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

S. D. : Le Min de Grenoble est un petit marché sur le plan national doté d'un budget de taille moyenne, mais il reste très dynamique en termes d'innovation et d'organisation grâce surtout au nouveau directeur nommé en avril 2013, Bernard Colonel-Bertrand. En 2014, le Min de Grenoble est entré dans la cour des grands, au sein du conseil d'administration de la Fédération française des marchés de gros. Le Min de Grenoble est un lieu unique de 7 000 m2 bien placé en centre-ville, dont le bâtiment avec son dôme en forme de nid d'abeilles de 15 000 m2 est classé au patrimoine du XXe siècle. Notre volonté est de valoriser et de dynamiser ce lieu unique auprès de la filière des professionnels, des producteurs grossistes en amont et des professionnels de métiers de bouche, restaurateurs, artisans en aval. Le Min accueille traditionnellement les producteurs revendeurs en fruits et légumes bio et conventionnels. Il s'est ouvert, cette année, avec l'arrivée d'un caviste et d'un fromager et, dans les six mois à venir, de nouveaux métiers (épicerie fine, boucher avec une salle de découpe, magasin de producteurs, fleuriste…) vont arriver. Nous voulons faire du Min un pôle agroalimentaire en privilégiant la production locale et sans négliger le grand public.

FLD : La valorisation et la diversification des métiers au sein du Min sont-elles les seuls projets de développement du site ? Pouvez-vous nous en dire plus ?

S. D. : Nous avons de grandes ambitions. Cela fait cinquante ans que le Min existe à Grenoble. Il est facile d'accès. Nous allons aménager des zones de stationnement électrifiées pour les non-sédentaires (vendeurs ambulants, pizzaïolos...) et surtout ouvrir le lieu au grand public par des manifestations de grande ampleur. Ainsi, le Vélo Tour a traversé, en août dernier, le Min de Grenoble et 4 600 cyclistes ont pu découvrir la voûte du marché. On veut aussi créer un marché de détail, plein-vent, auprès des particuliers sous la voûte du Min. Ce marché de détail devrait ouvrir en fin d'année. Il aura une résonance sur tout le quartier des Alliés Alpins. Nous voulons, d'une manière ou d'une autre, privilégier la proximité et la convivialité.

FLD : La mutualisation des coûts est-elle aussi une de vos préoccupations ?

S. D. : Oui en effet. Nous travaillons sur un projet de mutualisation des livraisons de produits bio, conventionnels et locaux pour le premier semestre 2015. Le principe : il s'agit de réceptionner dans l'enceinte du Min les produits frais pour les restaurateurs, les professionnels des métiers de bouche et de les faire repartir sur un seul véhicule vers le client final ou les clients finaux. Les premières livraisons sont attendues au printemps 2015. Ce projet concerne initialement l'hyper-centre grenoblois et pourra être étendu sur les différents nœuds de l'agglomération. Tous ces projets ont pour objectif commun de réduire la pollution à Grenoble et d'y faire entrer toujours un peu plus d'écologie.

Les plus lus

<em class="placeholder">Un champ de chou-fleur en Bretagne.</em>
Crise sur les légumes d’hiver : « Il faut que toute la filière fasse de la pédagogie sur le vrai prix des légumes »

La météo très douce, qui a accéléré les cycles de production tout en limitant la consommation, entraîne une crise sans…

<em class="placeholder">Vue extérieure du bâtiment de la casserie de l&#039;entreprise Escoute,  à Penne d’Agenais (Lot-et-Garonne)</em>
Amandes dans le Lot-et-Garonne : la casserie d’Escoute au service de la relocalisation de la production

Le projet de relocalisation de la culture de l’amande dans le Sud-Ouest, porté par l’entreprise Escoute, vient de franchir une…

<em class="placeholder">Cédric Sanchez, arboriculteur à l&#039;Ile-Sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales.</em>
Clémentines en Pyrénées-Orientales : intégrer le risque de gel et de froid

La clémentine s’impose comme l’une des voies de diversification dans les vergers des Pyrénées-Orientales. Les références…

Maraîchage en région nantaise : l’automne trop doux génère une crise

Comme d’autres régions, le maraîchage nantais connaît une forte crise liée à l’automne trop doux qui a entraîné l’accélération…

<em class="placeholder">Anthony Garcin, maraîcher à Guimps en Charente. </em>
Maraîchage en Charente : « Je blanchis mes serres multichapelles une fois par an »

Anthony Garcin, maraîcher à Guimps en Charente, a témoigné de sa stratégie pour limiter les hausses de température sous abri…

<em class="placeholder">Régis Aubenas, producteur de nectarines et abricots dans la Drôme, président de l&#039;association Fruits Plus et élu à la chambre d&#039;agriculture de la Drôme. </em>
Arboriculture dans la Drôme : la reprise des expérimentations de la Sefra s’organise
La liquidation de la station expérimentale fruits Rhône-Alpes (Sefra), en juillet 2025, était « inévitable » selon…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes