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Xylébore, scolyte rugueux : sous l’écorce des arbres fruitiers, ces coléoptères attaquent le bois

Les coléoptères xylophages sont présents sur les fruitiers, et deux d’entre eux, le xylébore disparate et le scolyte rugueux, peuvent entraîner des dommages notables sur le bois.

Si Drosophila suzukii reste la problématique majeure de ces dernières années pour les producteurs de cerise du sud de la France, le réchauffement climatique apporte chaque année son lot de recrudescence et/ou d’arrivée de nouveaux ravageurs. C’est notamment le cas avec des scolytes et xylébores qui peuvent provoquer des mortalités de charpentières, voire d’arbres entiers. Les scolytes ont une préférence pour les arbres fruitiers à noyaux, « en priorité les arbres affaiblis », explique Florence Fevrier, du CTIFL. Les xylébores, polyphages, s’attaquent quant à eux à tous types d’arbres, « y compris ceux en bon état sanitaire ». Un point technique sur ces coléoptères xylophages était proposé lors de la rencontre technique « protection cerisier », organisée en octobre dernier. La présence de ces coléoptères xylébores se caractérise par des trous d’entrée et de sortie d’environ 2 mm, sur l'écorce, généralement visibles.

Une génération par an pour le xylébore…

Dans les vergers, les dégâts sont essentiellement liés au xylébore disparate, Xyleborus dispar. « L’adulte fore une galerie perpendiculaire à l’axe de la branche, puis creuse des ramifications secondaires dans le bois. Il en sort alors de la sciure et de la sève. » Cette « intrusion » peut provoquer la mort des jeunes arbres et un dépérissement rapide des arbres âgés, qui se dessèchent après floraison. Une fois dans la branche, l’adulte pond ses œufs, l’insecte faisant alors l’ensemble de son cycle dans le bois, ne sortant que pour se reproduire au printemps, fin mars-début avril. Selon les conditions climatiques de l’année, les vols s’échelonnent jusqu’en mai. Lors de l’essaimage, les femelles colonisent préférentiellement des arbres affaiblis par des causes variées (accidents climatiques, stations défavorables…). Les galeries, uniquement creusées par les femelles, sont ensemencées par les spores de champignons qu’elles transportent sur leur cuticule. Le mycélium, qui se développe sur les parois des galeries, constitue la nourriture des larves qui sont incapables de creuser leur propre galerie dans le bois. Les adultes apparaissent en juillet-août et restent dans les galeries jusqu’au printemps suivant. Les mâles sont incapables de voler et s’accouplent avec les femelles à l’intérieur des galeries où ils se sont développés.

… et deux pour le scolyte rugueux

Quant au scolyte rugueux, Scolytus rugulosus, il se développe de préférence sur les arbres fruitiers à noyaux du genre Prunus comme le prunier, l’abricotier, le pêcher, le cerisier, plus rarement sur le pommier, le poirier, le cognassier. Les dégâts sont à la fois liés aux adultes qui creusent des trous pour pondre et aux larves qui creusent des galeries superficielles sous l’écorce pour se nourrir. Mais leur présence est difficile à voir car, contrairement au xylébore, il n’y a pas de sciure au niveau des trous de sortie des adultes. Les galeries se trouvent principalement dans les branches d’un diamètre de 3 à 4 cm, ainsi qu’au sommet des jeunes troncs. Le forage des galeries entrave la circulation de la sève, un dessèchement des branches atteintes, voire la mort du végétal ou des organes atteints. Les adultes apparaissent de mai à fin juillet. L’adulte vole dès son apparition. Lorsqu’elle a trouvé une plante-hôte, la femelle fore une galerie de ponte verticale, de 20 à 30 mm, à la limite de l’aubier et de l’écorce. La ponte s’étale sur 20 à 30 jours, à raison de deux à trois œufs par jour. La fécondité moyenne est de 55 œufs. Dès son éclosion, chaque larve fore une galerie, à la limite du bois et de l’écorce dont elle se nourrit. Contrairement au xylébore, les larves de scolyte rugueux passent l’hiver sous l’écorce puis émergent. « Il y a deux générations d’adultes dans l’été et c’est la seconde génération qui pond les larves qui passeront l’hiver au chaud dans les fruitiers », précise Florence Fevrier. Pour ces deux coléoptères, peu de solutions de lutte existent. Les consignes sont d’une part, d’éliminer les organes atteints lors de la taille et de les brûler ; d’autre part, d’enlever les arbres dépérissant et le bois mort du verger. « Contre scolytes et xylébore, mais aussi cossus et capnode, les outils de lutte et leviers d’intervention sont réduits. La question a été soulevée au dernier groupe de travail ‘homologation’ et de nouvelles solutions devraient bientôt être étudiées », confiait la spécialiste du CTIFL en conclusion.

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