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Interview de Patrick Trillon, président du CNIPT
« Si nous restons sur un emblavement similaire à cette année, nous allons dans le mur »

Alors que le marché de la pomme de terre s'annonce compliqué, Patrick Trillon, président de l'interprofession CNIPT, a choisi d'alerter tous les cotisants. Un langage de vérité s'impose.

FLD : Pourquoi avez-vous écrit aux cotisants de l'interprofession ?

PATRICK TRILLON : Le marché de la pomme de terre n'est pas aussi organisé que d'autres produits manufacturés. Il était nécessaire de rappeler l'existence de l'interprofession. Il faut la faire vivre dans les moments difficiles et tenir un vrai langage de vérité. En tant qu'interprofession, nous avons une capacité à faire vivre le monde de la pomme de terre avec les fédérations. Et ces préoccupations, nous avons à les faire parvenir à nos partenaires régaliens et tout particulièrement à l'Etat. Plus personnellement, je n'ai pas une propension à laisser passer l'orage mais plutôt à agir. Nous voulons faire comprendre que la pomme de terre est un acteur économique de poids dans la balance des paiements, en termes de bassin d'emploi et d'orientation agricole.

FLD : C'est aussi une période de forte production ?

P. T. : Nous sommes face à un marché aux relations commerciales peu évidentes mais nécessaires. Nous avons à créer des partenariats avec la distribution sur des critères de mise en avant du produit sans que ce soit des promotions à bas prix. Il s'agit plutôt de mettre en avant la qualité et la segmentation créées par l'interprofession dans les partenariats avec la distribution. Cette politique du bas prix donne à notre pomme de terre une image de produit banal et de commodité. Nous, nous voulons qu'elle soit considérée comme un vrai produit garant de valeur pour la filière et d'intérêt pour le consommateur.

FLD : Pourquoi maintenant ?

P. T. : Au-delà de dire tout cela, c'est aussi pour le CNIPT de tenir un langage de vérité. Avant tout, il s'agit de faire prendre conscience aux négociants et producteurs que, si nous restons à un niveau d'emblavement similaire à cette année, nous allons dans le mur. Cela ne me satisfait pas du tout. Nous voulons mettre chacun devant ses responsabilités. Aussi, je le redis à tous, assurez-vous avant de planter d'avoir des débouchés certains. Et tout particulièrement sur les voies d'évolution à l'export.

Fld : Quelle est la part du marché export ?

P. T. : Le marché intérieur en volume représente 1 Mt et l'export d'une année à l'autre oscille entre 1,5 et 1,7 Mt avec deux axes principaux : l'Italie et l'Espagne-Portugal. Il y a aussi des possibilités vers le Royaume-Uni, l'Europe de l'Est.

FLD : Quelles sont les actions de communication que souhaite mener le CNIPT ?

P. T. : Sur la communication, le CNIPT n'a pas l'intention de baisser les bras, tant sur le marché intérieur qu'à l'export [une nouvelle campagne de communication se dessine pour 2015, NDLR]. A l'export, nous devons nous appuyer sur les outils existants qui permettent une vraie prospection économique, c'est notamment le cas en s'appuyant sur le travail des attachés agricoles.

FLD : Et votre budget ?

P. T. : C'est aussi pour cette raison que j'ai souhaité écrire aux cotisants du CNIPT afin qu'ils prennent en compte que tout dépendra de leur soutien à l'action que nous voulons mener collectivement.

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