Aller au contenu principal

Controverse estivale
« Sans pesticide » et « Sans résidus de pesticides » font polémique

Les groupements de producteurs engagés dans les démarches « sans pesticides » ou « sans résidu de pesticides » réagissent fortement à un article de Que Choisir.

tomate san pesticides
Début 2020, Interfel a publié un guide sur l’usage des mentions « sans résidu de pesticide » ou « cultivé sans pesticide ».
© Claire Tillier - FLD

Un article paru dans le magazine Que Choisir de septembre a provoqué un vif émoi chez les producteurs de fruits et légumes engagés dans les démarches « sans pesticides » ou « sans résidu de pesticides ». Il s’appuie sur des résultats d’analyses réalisées en 2018 par la DGCCRF portant sur 94 produits portant ce type d’allégations et relève que des résidus de pesticides seraient présents dans un tiers d’entre eux (au-delà du seuil « limite de quantification »).

« Il s’agit de quelques lignes du rapport annuel de la DGCCRF sur les résidus de pesticides dans les denrées d’origine végétale, sans le moindre détail sur la nature des prélèvements puisque ces analyses concernent tous les produits végétaux, français mais aussi d’importation » explique Gilles Bertrandias, président du Collectif Nouveaux Champs. Contactée, la DGCCRF n’a pas donné suite à la sollicitation de FLD.

Des démarches très contrôlées

Pierre-Yves Jestin, président de Savéol et de l’Alliance Nature et Saveurs, ne cache pas sa surprise : « Il est navrant qu’en période de covid-19, on trouve encore un prétexte à entretenir la méfiance chez les consommateurs. Nous ne sommes pas des apprentis sorciers. Notre démarche est strictement contrôlée à l’interne et aussi par des audits externes ».

Même position pour le Collectif : « Nous pouvons apporter la preuve que tous les lots commercialisés avec notre label sont soumis à un contrôle par un laboratoire indépendant afin que la promesse soit toujours respectée » martèle Gilles Bertrandias.

Damien Sanchez, responsable marketing de Demain La Terre, précise : « Notre démarche, à travers sa Charte, vise à une baisse continuelle et pérenne des pesticides, régulièrement contrôlée par les audits menés par Demain La Terre. Mais, les critères « sans résidu de pesticide » ou « cultivé sans pesticide » sont optionnels ».

On peut avancer sans trop se tromper que s’il y avait eu problème en 2018, les répercussions se seraient déjà fait sentir. Un vide juridique existe toujours concernant ces allégations.

Faudrait-il alors légiférer ? « Je pense qu’il faut d’abord reconquérir la confiance du consommateur, ébranlée par l’agro-bashing, note Pierre-Yves Jestin, légiférer, pourquoi pas mais nous nous sommes déjà imposé des contraintes avec cette démarche, tout en gardant la possibilité de sortir du label les produits qui ne seraient pas conformes ».

Le guide d’Interfel sur l’usage des mentions « sans résidu de pesticide » ou « cultivé sans pesticide », paru début 2020, pourrait s'avérer fort utile.

L'interprofession fruits et légumes a réagi par voie de communiqué le 1er septembre.

Elle rappelle que le plan de surveillance sur les résidus de pesticides concernant les fruits et légumes frais de la DGCCRF a montré que « 98 % des fruits et légumes frais sont conformes à la règlementation. Ce résultat signifie que seuls 2 % des produits sont au-delà de la limite autorisée par rapport à la législation alors que celle-ci et notamment la réglementation française se durcit et que la pression parasitaire se renforce avec des espèces invasives ».  

Interfel rappelle par ailleurs que ce taux s'inscrit dans une évolution à la baisse depuis maintenant 3 ans, prouvant ainsi la bonne maîtrise dans l'utilisation des pesticides par les producteurs.

 

Un vide juridique existe toujours concernant ces allégations

Les plus lus

Maraîchage : « Nous n’avons pratiquement plus de problème de puceron »

Producteur de légumes en Vendée, Marco Altamirano a réglé son problème de puceron grâce aux plantes de service.

<em class="placeholder">Catherine Mingam, productrice de rhubarbe dans le Finistère.</em>
Finistère : « En rhubarbe, la principale difficulté est la gestion de l'enherbement »

Productrice de légumes dans le Finistère, Catherine Mingam s’est diversifiée en 2017 dans la rhubarbe. Une culture entièrement…

<em class="placeholder">Marco Altamirano (à droite) et Romain Sochard, maraîchers en Vendée.</em>
Vendée : « Tous nos légumes sont vendus en panier bio en Angleterre »
Basés en Vendée, Marco Altamirano et Romain Sochard produisent des légumes bio qui sont vendus à un seul client pour la…
maraichage, désherbage thermique, manuel et par occultation sur carotte en Vendée
Carotte en Vendée : « J’ai économisé plusieurs jours de désherbage »

Adrien Cano et Marine Dunand cultivent des légumes en maraîchage bio diversifié à Maché en Vendée. Depuis leur installation en…

<em class="placeholder">Point de greffe sur un pommier, dans le cadre d&#039;un essai porte-greffes sur pommiers au centre CTIFL de Balandran dans le Gard.</em>
Pomme : le porte-greffe G214, une piste d’avenir ?
Le porte-greffe G214, en pommier, est pour l’instant le meilleur élève d’un essai en cours au CTIFL dans le cadre du réseau…
Test d'un enjambeur Romanesco en maraîchage.
Maraîchage en Seine-Maritime : « J’ai choisi un lit de désherbage capable de faire d’autres tâches. »

Maraîcher à Octoville-sur-Mer en Seine-Maritime, Anicet Deschamps utilise depuis deux ans l’enjambeur modulaire de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes