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Les leaders de la filière française - Classement des 700
Résultats 2009, résistance à la crise

Le déroulement plus ou moins souriant de 2010 et les perspectives mitigées de 2011 ne doivent pas faire oublier que 2009 fut une vraie mauvaise année.

Année de récession générale en Europe et aux Etats-Unis, année de crise de prix des fruits et légumes en Europe, avec une baisse généralisée des prix de vente, à peine compensée par la croissance des volumes consommés. Le recul des prix (6 % pour les légumes, 7 % pour les fruits, selon l’indice Insee, stade de gros) reste donc le fait majeur de l’année. Il va sans dire que le chiffre moyen masque de grandes disparités et le recul a été bien plus vif sur certaines espèces, durant quelques semaines.
Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que le chiffre d’affaires de près des deux tiers des sociétés soit en recul. Les plus grandes structures sont autant touchées que les plus modestes. Sur le plan européen, les tendances sont comparables : la majorité des leaders du secteur ont connu des évolutions négatives.
Sur le front de la croissance externe, la crise financière et l’effondrement des prix de l’été 2009 semblent avoir constitué deux bonnes raisons de freiner les acquisitions et, de fait, les groupes de 2009 sont très proches de ceux de 2008. Dans les principaux mouvements on retiendra la montée en puissance, sur le plan international, de Total Produce, groupe international né d’une scission du groupe Fyffes, et la structuration croissante de Bakkavör, groupe lui aussi basé sur une entité britannique (Geest) et conçu sur une ambition mondiale. En 2010 Bonduelle n’est pas en reste, devenant numéro un des salades en Allemagne. Ces mouvements concernant davantage l’univers des produits prêts à l’emploi que celui des fruits et légumes à l’état frais. La concentration est plus évidente dans les branches industrielles ; les “stop and go” de la consommation portent davantage à conséquence.
Cela étant dit, cette année difficile illustre également la capacité de résistance du commerce interentreprise. Ainsi, quand on confronte l’évolution du chiffre d’affaires et celui de la marge brute des entreprises de notre échantillon (les 700 leaders), nous constatons que 51 %, soit une sur deux, subissent à la fois le recul du chiffre d’affaires et celui de la marge brute. C’est bien le signe d’une mauvaise année. Mais la marge recule moins que le chiffre d’affaires, ce qui traduit la capacité des entreprises à gérer, à choisir et à éviter – comme on le fait parfois dans l’industrie – de « faire du chiffre pour sauver la marge ». Ainsi, on note que 5 % seulement des sociétés ont une marge en baisse avec un chiffre en hausse, alors que 13 % (soit trois fois plus) connaissent l’évolution inverse : une marge en hausse en dépit de la baisse des ventes.

Quelques progressions sont à noter
Enfin, il reste 31 % des sociétés (soit un peu plus de 200), qui ont réussi à progresser, tant en chiffre qu’en marge. Quelles sont-elles ? Il y figure peu de grandes entreprises (nous ne disposons pas, il est vrai, des données de marge pour certains groupes) à l’exception de la plus importante. Les catégories sont bien représentées : des conditionneurs de pommes de terre (et notamment les deux entreprises commercialisant des plants), des expéditeurs conditionneurs de fruits et légumes bio (mais pas certains des opérateurs les plus remarquables qui subissent, déjà, des baisses de marge), certains expéditeurs d’endives (le marché se rationalise, avec la réunification des “perlistes” et surtout un hiver 2009 assez favorable en raison des intempéries), quelques structures d’expédition de la vallée du Rhône. Du côté du commerce de gros, il y a peu de grands noms et ce sont plus souvent des opérateurs (en réseau ou non) de taille petite ou moyenne qui figurent ici.
En conclusion, face à la crise, le secteur des fruits et légumes a réagi avec ses atouts habituels : la diversité de la gamme fait qu’il existe toujours des secteurs en croissance ou en reprise, ce qui stimule la croissance générale. Par ailleurs la faculté d’adaptation et les capacités de gestion permettent aux opérateurs d’amortir les chocs conjoncturels.

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