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AOP mâche
« Rester attaché à notre terroir relève aujourd’hui du passé »

La nouvelle structure AOP mâche souffle sa première bougie. Deux commissions – production et promotion – se mettent en place. Entretien avec Louis Douineau, président de l’AOP mâche.

Fld : Après un an de présidence à la tête de l’AOP mâche, quel bilan en tirez-vous ?
Louis Douineau : L’objectif était tout d’abord de faire fonctionner cette nouvelle structure. Et je crois que, globalement, nous avons réussi. La centralisation des volumes au quotidien et le relevé de prix pratiqués par les OP adhérentes de façon quotidienne et hebdomadaire, opérés antérieurement par le BIM (Bureau interprofessionnel de la mâche), se déroulent correctement et ce, malgré un remodelage de l’organisation. Nous sommes désormais neuf OP (1) contre quatre avant la nouvelle réforme. Cinq OP ont été créées à la suite du démantèlement du GPMN (Groupement des producteurs des maraîchers nantais) et Fleuron d’Anjou est venu nous rejoindre en début d’année. Les travaux de recherche déjà engagés se sont poursuivis grâce au budget alloué en 2008. De même, la veille technologique et législative a été reconduite. Nous avons travaillé sérieusement sur la proposition allemande d’instaurer des normes CE/ONU sur la mâche. En revanche, les actions promotionnelles ont été suspendues pour cette saison. Avec cette nouvelle configuration, la filière s’est un peu simplifiée. Les intérêts des adhérents, uniquement des OP et tous metteurs en marché, sont mieux cernés et les sujets sont abordés plus en profondeur qu’auparavant.

Fld : Quelles sont les perspectives ?
L. D. :
Nous venons de nous réunir deux fois pour mettre en musique la feuille de route des années à venir. Deux commissions, production et promotion, se mettent en place. Nous en aurons peut-être une troisième avec l’emballage. Une réflexion est engagée sur les actions promotionnelles et la cible à atteindre. Est-ce qu’elles seront uniquement génériques, orientées vers le consommateur ou le distributeur ? Une chose est sûre. La commission ne proposera pas de spots TV. Les adhérents souhaitent une promotion plus modeste et plus ciblée. Pour la prochaine campagne, une cotisation a été décidée pour abonder le budget recherche. Sans compter les aides publiques, il devrait atteindre entre 60 000 et 80 000 e. Afin de se mettre en adéquation avec la nouvelle réglementation sur l’étiquetage, une série d’analyses est en cours sur les oméga 3. En matière de production, le bassin reconduit les surfaces des années précédentes et le potentiel reste donc identique, de l’ordre de 30 000 à 32 000 t.

Fld : Les prix ont été corrects seulement durant la saison hivernale, le potentiel de la région stagne et pourtant le marché progresse toujours, de plus de 5 % selon les données statistiques Nielsen. Quels moyens envisagez-vous pour soutenir la dynamique nantaise ?
L. D. :
Nous produisons de la mâche toute l’année mais la mâche nantaise n’est visible que durant une courte période, de novembre à mai. Il n’est donc pas toujours facile de communiquer sur notre produit. Dans nos discussions à venir, je pense défendre le principe qu’il faille promotionner la mâche au sens générique du terme comme désormais les serristes le font à travers la Tomate de France. Nous sommes dans un marché européen et je ne suis pas sûr que le consommateur danois sache très bien où se situe notre région. Par ailleurs, le marché évolue, la production se développe là où se trouvent les ateliers de conditionnement. Il me semble que rester attaché à notre terroir relève aujourd’hui du passé. Pour mieux sensibiliser l’acheteur européen, j’imaginerais bien une confrérie de la mâche internationale. Les participants diffuseraient ainsi rapidement les informations dans leur pays. Par ailleurs, nous devons réfléchir aussi sur de nouveaux produits et de nouveaux concepts d’emballage si nous voulons développer nos ventes tout en se focalisant sur la qualité du produit.

(1) Vitaprim, Les Rives de Loire, Nant’Primeur, Nanteurop, Divatt Loire Primeur, Fleuron d’Anjou, Océane, Val Nantais et Loire Europe.

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