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Etude
Repas sur le pouce: un créneau pour les fruits et légumes

Le Français entretient une relation équivoque avec le prêt à consommer, pratique mais pas toujours sain à ses yeux.

Le Forum international du pôle de compétitivité agroalimentaire dijonnais Vitagora, qui s'est tenu le 14 avril dernier, était consacré cette année aux “nouveaux consommateurs”, ceux-là même qui emploient les nouvelles technologies pour leurs achats ou recherchent de nouvelles façons de se nourrir dans un contexte de mobilité croissante. A cette occasion, Ipsos et Vitagora ont présenté les résultats d'une enquête exclusive sur l'offre de prêt-à-consommer et les pratiques de consommation “sur le pouce”. Il en ressort que les Français dans leur très grande majorité (90 %) considèrent qu'un repas se prend d'abord autour d'une table mais, parallèlement, ils sont aussi 41 % à reconnaître déjeuner “sur le pouce” au moins une fois par semaine et 21 % à le faire au moins trois fois par semaine. Cette pratique trouve son origine dans un sentiment de ne plus avoir assez de temps pour le traditionnel repas (53 % préfèrent consom-mer “sur le pouce” s'ils sont pressés). Pourtant, même pour ce type de consommation, le Français recherche des produits goûteux (68 %) et sains (41 %). « La notion de “snack à la française” encapsule bien des attentes et des frustrations chez nos compatriotes, et des ambiguïtés aussi, estime Lise Brunet, directrice de clientèle Tendances et Insights chez Ipsos. Les Français ont le sentiment de manquer de temps pour tout, d'où leur urgence dans la consommation. Mais en même temps, les expériences de lien comme la cuisine dans l'entreprise favorisent le maintien du repas pris ensemble, si caractéristique en France. Cela donne une image un peu floue, un peu en décalage, des attentes. »

Le fruit, c'est le premier snack

L'offre en produits à manger sur le pouce est considérée comme insatisfaisante en matière de goût et de santé et pourtant, « le premier snack, c'est le fruit ! Au moins 71 % des Français en consomment au moins une fois par semaine en dehors des repas. C'est plus que la consommation de snacks élaborés (chips, gâteaux...). Constat similaire pour les légumes : 46 % des Français, ce qui les place au même niveau que les biscuits secs, affirme Lise Brunet. Cela peut paraître étonnant. Mais, si la pizza et le kebab demeurent l'offre la plus visible en matière de repas sur le pouce, cela ne se retrouve pas dans les chiffres. Ainsi, les smoothies à base de fruits et les soupes représentent 40 % du marché alors que les barres chocolatées atteignent 20 %. »

Pourquoi cela ? La France est un pays producteur de fruits et légumes. Ils sont ancrés dans les habitudes, au contraire du Royaume-Uni qui a développé très tôt une offre emballée et prête à consommer. Les Anglo-Saxons sont, de ce point de vue, plus dynamiques en matière d'innovations. « L'offre en fruits et légumes frais mériterait d'être repensée en France, estime Lise Brunet. Prenez les légumes proposés en snack dans la grande distribution, ils entrent en grande majorité dans l'univers de l'apéritif, donc dans un moment de consommation structuré, renvoyant à la notion de commensalité, de partage. Et non à celle d'une consommation sur le pouce, déambulatoire, et personnelle ».

Multiplier les occasions

En ce qui concerne le lieu d'achat de produits prêts-à-consommer, les Français font preuve de traditionalisme : boulangeries et hypermarchés restent les lieux privilégiés d'achats pour respectivement 52 et 48 % des Français. Le drive se situe bien plus loin avec seulement 17 %. Pour Lise Brunet, des améliorations peuvent être apportées : « Je pense qu'il faut, là aussi, inventer de nouveaux types de magasins, par exemple proches des bureaux, ou investir d'autres lieux, particulièrement ceux où le transit est important comme les gares. » Multiplier les occasions apparaît comme un vecteur pour développer à terme les ventes en permettant aux consommateurs de trouver des produits simples, pas trop élaborés. « N'oublions pas que 44 % des Français préparent eux-mêmes, chez eux, le repas qu'ils consommeront à l'heure du déjeuner, précise Lise Brunet. On ne sera pas étonné alors qu'ils plébiscitent le droit de pouvoir composer eux-mêmes leur plat. Le désir de personnalisation est leur principale demande. Pour les fruits et légumes, il y a là certainement quelque chose à inventer. Par exemple, en se rapprochant d'une autre tendance : celle d'une expérience nouvelle en matière de goût. Cela entraîne une montée en gamme. Pourquoi pas une salade avec des fruits moins couramment rencontrés ? Cela constituerait une offre à la fois naturelle et sophistiquée. » L'attention portée à l'aspect santé est aussi à prendre en compte. Et là non plus les offres ne sont pas satisfaisantes. Le côté sain des fruits et légumes n'est plus à prouver, le consommateur le sait bien. La question est de trouver comment les intégrer dans un vrai repas complet qui serait pris sur le pouce. D'autres tendances plaident en faveur des fruits et légumes : « le développement des allergies par exemple qui orientent les consommateurs vers des produits “sans”, celui de la vie en solo (33 % des Français) qui demande une offre adaptée, plus calibrée... Les fruits et légumes ont une vraie carte à jouer », conclut Lise Brunet.

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