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Kiwi
Quelles perspectives pour le kiwi après une bonne campagne 2021-2022 ?

L’AOP Kiwi de France a lancé la saison 2022-2023. Hausse des charges, déroulé en production, perspectives de marché et bilan de la dernière campagne ont été abordés lors d’une conférence de presse le 30 septembre. La reconnaissance en AOPn a aussi été évoquée.  

La campagne de kiwi française a officiellement démarré avec le début du mini-kiwi (principalement le Nergi), dont les récoltes ont eu lieu entre le 18 et le 30 août, soit 5 à 8 jours d’avance. « Ce produit, qui est en cours de commercialisation, surtout en Europe du Nord, est une curiosité encore confidentielle mais elle lance la saison du kiwi ! », a annoncé François Lafitte président de l’AOP Kiwi de France (et par ailleurs président de la Scaap Kiwifruits de France) le 30 septembre, lors d’une conférence de presse en visio de l’AOP Kiwi de France.

 

Production : « une année de galères » mais une qualité « plutôt bonne »

Les récoltes de kiwis jaunes démarrent ce début octobre (semaine 40), avec 4 à 5 jours maximum d’avance, et dureront jusqu’au 15-20 octobre. Le Hayward, kiwi vert, devrait se récolter du 25-30 octobre au 20 novembre, des dates de récolte dans la normale.

2022 restera dans les mémoires comme une « année de galères » avec des aléas climatiques qui ont impacté le kiwi à l’instar des autres fruits : fortes gelées surtout dans le Sud-Ouest début avril (-15 à -20 % du potentiel), la canicule dès début juin suivie de la sécheresse et donc de la nécessité d’irriguer avec parfois localement des interdictions d’irrigation.

Par conséquent, la récolte française sera peut-être légèrement en-deçà de celle de l’année dernière (avec peut-être un peu plus de jaunes), explique François Lafitte. L’AOP estime le total France en kiwi à 45 000 t pour la récolte 2021 (dont 5 000 t de jaunes).

Côté qualité, elle semblerait « plutôt bonne », avec des taux de matière sèche et de sucre élevés. A voir comment les calibres vont évoluer (en kiwi tout se joue sur les dernières semaines avec des évolutions de calibre de parfois +10 % sur les derniers jours !). Ils devraient être plus ou moins identiques à ceux de la dernière campagne. Quelques coups de soleil et une recrudescence de la punaise diabolique à signaler.

 

Commercialisation : intérêt des distributeurs mais risque de chevauchement d’origine

Côté perspectives de marché, il est encore un peu tôt pour dire. « Il faut néanmoins souligner une offre pas supérieure à celle de la dernière campagne, une bonne perception du consommateur sur le kiwi et des distributeurs intéressés et motivés par le kiwi français, se réjouit François Lafitte. Selon la FCD, le kiwi participe à maintenir le chiffre d’affaires du rayon fruits et légumes des magasins. »

Actuellement, le marché est approvisionné par le Chili et la Nouvelle-Zélande. Les opérateurs ne sont « pas forcément satisfaits de l’écoulement des volumes » et il y a la concurrence des fruits de fin d’été. Ce qui fait craindre peut-être un début de saison chargé et compliqué par un chevauchement d’origine.

Le kiwi jaune démarre commercialement fin octobre-début novembre et le Hayward en décembre. « Nous avons encore un à deux mois pour se préparer. Il nous faudra la motivation des distributeurs pour mettre en avant l’origine France », appelle François Laffitte.

 

Hausse des charges : seront-elles répercutées ?

Le gros point d’interrogation pour cette campagne reste les charges en production et en station fruitière. « Quelle gestion cette année ? Quel impact sur le résultat final des entreprises ? Les charges vont augmenter de manière importante et on n’est pas sûrs de pouvoir les répercuter », s’inquiète François Lafitte.

Trois postes de charges retiennent l’attention.

  • Les emballages, avec la double peine de la loi Agec et du prix des emballages. Le 30 septembre marque la fin de la tolérance de l’écoulement des stocks pour le plastique. Par ailleurs les emballages carton ont prix +20 à +30 %.
  • La main d’œuvre, avec l’augmentation du Smic. Soit une contrainte supplémentaire de +5 à +10 % pour le kiwi et des opérations de récolte et en station qui deviennent délicates.
  • L’énergie. Cette problématique est très variable d’une entreprise à l’autre, selon qu’elle est encore protégée par son contrat ou en renouvellement (on a noté des hausses de x3 à x4 sur le marché spot par rapport à l’année dernière).

 

Bilan 2021-2022 : des prix producteurs record

La campagne du kiwi français 2021-2022 s’est déroulée d’octobre 2021 à mai 2022 pour les dernières commercialisations. « La saison a été plutôt bonne malgré le contexte de sortie de Covid. Le début de campagne a été un peu compliqué par un marché chargé par l’origine Hémisphère Sud mais dès décembre on a vu un bon redémarrage de l’origine France avec des dynamiques de vente sur l’origine France », témoigne François Lafitte.

Les prix ont été, eux, records. L’AOP a noté des règlements bord verger à 1,60-1,80 €/kg pour les produits moyens et une segmentation (signes de qualité : IGP, Label Rouge) extrêmement bien valorisée, entre 1,90 et 2,10 €/kg. Le kiwi bio a aussi affiché de bonnes moyennes, entre 2,10 et 2,50 €.

« De mémoire de producteur, je n’ai jamais vu ça !, confirme François Lafitte. Le fait de la segmentation, de garantir la qualité et d’être en accord de la mise en avant avec les distributeurs, tout cela participe à cette hausse. On a plus que doublé les prix aux producteurs, ils étaient de 0,60 à 0,80 €/kg il y a quatre-cinq ans. »

Mais -car il y a un mais-, comme le souligne le président de l’AOP, ces records sont aussi peut être liés à la faiblesse de l’offre face à une demande soutenue. Les volumes 2021-2022 (total France) sont estimés par l’AOP à 45 000 t.*

*France : 3 800 ha de kiwis verts et jaunes estimés par Agreste (contre 4 200 à 4 300 ha il y a quelques années) et une production 2021 estimée à 45 000 t (dont 5 000 t de jaunes) là où elle était de plus de 60 000 t il y a quelques années).

Les prix du jaune sont à peu près équivalents à ceux du vert, entre 2 et 2,20 €/kg, soit entre le standard Hayward et les Hayward segmentés par la qualité. Le différentiel avec le vert, qui était très important il y a encore 3 ans (en moyenne « 0,80 €/kg pour le vert contre 2,40 €/kg pour le jaune » il y a 3 ans !), s’est « amoindri au fil des ans ». « Ce faible différentiel est aussi lié à un marché du vert qui a été bien valorisé l’année dernière », nuance Katia Sabatier-Jeune, vice-présidente de l’AOP (et par ailleurs présidente de Lorifruit).

 

L’export à la peine

A l’export, les choses sont plus compliquées. La France perd chaque année des parts de marché sur son marché de prédilection l’Espagne. Les marchés européens (Allemagne, Belgique) sont bataillés par la Grèce et l’Italie avec une agressivité prix. L’AOP évoque des prix producteurs de 0,70 à 0,90 €/kg pour le produit grec et de 1,10 à 1,30 €/kg pour l’italien, soit presque deux fois moins que pour les producteurs français. « La filière française a misé sur des signes de qualité qui garantissent donc une rentabilité aux producteurs. Ce positionnement nous réussit mais il fonctionne aussi parce l’offre française n’est pas assez importante », souligne François Lafitte.

Sur le grand export, l’Asie a totalisé quelques dizaines de tonnes seulement. Un marché devenu difficile d’accès à cause du Covid (accès conteneurs et prix conteneurs qui ont triplé).

 

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