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Qu'est-ce que l'ériophyide du framboisier, cet acarien sous surveillance ?

L’ériophyide du framboisier, un acarien invisible à l’œil nu, a pourtant les regards braqués sur lui. Des travaux suisses évaluent l’effet de l’eau chaude pour limiter son développement. [Article rédigé par Léa Rochon]

Phyllocoptes gracilis, plus connu sous le nom d’ériophyide du framboisier ou Eriophyes du framboisier, est un acarien, invisible à l’œil nu. Très difficile à détecter avant le développement des symptômes, il cause de plus en plus de problèmes en Europe. Le principal dégât sur fruit consiste en une décoloration des drupéoles. Des symptômes sont également observés sur le feuillage : feuilles gaufrées, zone « vitreuse » sur la face inférieure des feuilles et décolorations en forme de taches sur la face supérieure. Ce dernier symptôme pourrait être provoqué non pas directement par l’acarien Eriophyes, mais par un virus transmis par ce dernier.

Des traitements à la vapeur et à l’eau chaude

Les symptômes peuvent varier selon les variétés de framboises. « Sur les feuilles, il est d’ailleurs possible de le confondre avec les coups de soleil, tandis que sur les fruits, les symptômes sont proches de ceux de virus, de phytotoxicité ou de problèmes physiologiques », détaille Virginie Dekumbis, ingénieure au centre de recherche suisse Agroscope, et invitée du colloque national sur les petits fruits organisé dans le Rhône en novembre dernier. Afin d’évaluer la présence du ravageur, les spécialistes ont procédé à une collection des différents organes hivernaux. « L’objectif était de décrire la distribution des ériophyides le long des cannes hivernantes de framboisiers, afin d’optimiser l’échantillonnage lors de contrôles hivernaux », ajoute l’experte.

L’expérimentation a finalement démontré une forte variation du nombre total d’acariens, avec une moyenne de 339 individus par canne, principalement situés dans la partie supérieure, entre 100 et 180 centimètres. En 2022, un premier protocole de traitement à vapeur effectué sur les longues cannes a démontré un effet très variable. Son but était de démarrer la culture avec du matériel végétal sain. Mais selon l’ingénieure, et malgré un effet de la vapeur sur les ériophyides, le rendement s’est retrouvé fortement diminué lorsque les lots avaient déjà débourré avant le traitement.

Utilisation de l'eau chaude

Un second traitement a été mis en place en 2024 en utilisant de l’eau chaude selon différentes températures et durées de trempage. Si l’expérimentation n’est pas encore terminée, la spécialiste assure qu’encore aucun dégât d’ériophyides n’a été déclaré, et ce, malgré un grand nombre d’acariens présent dans les fruits. « Les sources d’infestations externes du framboisier restent importantes. Les populations se développent rapidement, même lorsque les producteurs démarrent la culture avec du matériel végétal sain », a rappelé Virginie Dekumbis en dépit de ces résultats.

Le vers du framboisier piégé par l’odeur des fleurs

« Byturus tomentosus est le principal ravageur de framboises en montagne », mentionne Virginie Dekumbis, ingénieure au centre de recherche suisse Agroscope. Aussi connu sous le nom de ver de la framboise, ce coléoptère de petite taille mesure environ 5 millimètres de long, de couleur brune et couvert de poils fins dorés. Sa larve mesure 5 à 6 millimètres, assez plate. Sa tête est brune et son corps jaune parsemé de soies. L’adulte se nourrit de bourgeons, de très jeunes feuilles et surtout de pollen. Les larves provoquent des déformations de fruit au stade jeune et consomment aussi les drupes.

De 2006 à 2011, les chercheurs suisses ont évalué l’impact d’un piège basé sur une substance imitant l’odeur des fleurs de framboisier, afin de créer une confusion. « Plus les pièges sont posés tôt, plus nous avons eu la capacité de capturer de ravageurs avant la floraison des framboisiers. A contrario, les pièges sont apparus moins attractifs dès la floraison du framboisier », assure la spécialiste. Après trois années consécutives de tests, cette technique a permis de diminuer de 60 % les fruits attaqués.

Les ingénieurs ont également remarqué que les adultes étaient présents dans la parcelle bien avant la floraison. Les pièges doivent donc être installés avant le début de la croissance des pousses latérales. « Fait notable, le traitement chimique à l’Alanto, testé en 2011, a montré une meilleure efficacité que les piégeages. Reste à savoir si les actuelles matières actives homologuées, tel que le spinosad pour les productions en bio, montreraient des résultats aussi satisfaisants », commente la spécialiste.

Rédaction Réussir

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