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Phalempin veut conquérir l’Europe

Malgré une mauvaise année 2004 pour les fruits et légumes, le Marché de Phalempin se donne les moyens d’être présent demain sur le grand marché européen. L’environnement économique change, l’Europe s’agrandit. Il faut “partir à la conquête de son droit à produire dans ce nouvel espace européen”.

“2004 fut une année noire pour les fruits et légumes européens !”. Michel Cathelain, directeur du Marché de Phalempin (Nord), n’est pas très optimiste à l’ouverture de l’assemblée générale de cette coopérative de la région lilloise. “Que pouvons-nous attendre en effet de l’Europe aujourd’hui ?”, a-t-il poursuivi. Des propos qui résonnaient quelques jours après la journée nationale de l’organisation économique organisée à Rungis le 1er février dernier. “Voici dix ans, on disait : aide-toi, Bruxelles t’aidera ! ; maintenant, c’est bien fini”, expliquait-il aux coopérateurs réunis à Phalempin le soir du 3 février.

Désormais, pour chaque gestion de crise, toute OP ne pourra compter que sur elle-même.

Marasme dans le secteur des légumes, des chiffres d’affaires en baisse (- 10,17 % pour les 25 585 t d’endives commercialisées par exemple), des coopérateurs plus que moroses… : les dirigeants du Marché de Phalempin n’arboraient pas forcément le sourire face aux 200 producteurs réunis à Phalempin.

L’environnement économique change, l’Europe s’agrandit : “Nous n’avons pas d’autre choix que de nous donner les moyens d’y vivre”, déclarait, de son côté, le président André Tondeur. Une raison de plus qui a motivé l’intervention d’Hélène Baillon, chef du service “produits végétaux” à Ubi France (ex-Centre français du commerce extérieur), et de Nathalie Zanoto, chargée d’études basée en Pologne, qui brossèrent la situation de la filière fruits et légumes à l’Est de l’Europe, notamment en République tchèque ou en Pologne.

Les deux spécialistes ont éclairé les producteurs sur les craintes et les espoirs que pouvait engendrer un marché européen élargi à plus de 480 millions d’habitants avec l’arrivée des douze nouveaux pays candidats.

Phalempin s’est préparé à cette nouvelle donne. Avec tout d’abord une gestion financière saine et une comptabilité analytique par produit qui permettent une approche précise des coûts de gestion et un retour des compléments de prix dans la transparence. Il y a eu également les décisions prises permettant de mieux impliquer et de responsabiliser le producteur dans sa coopérative.

“La coopérative ne doit plus faire écran entre le producteur et le client, mais être tout simplement l’interface. Car il s’agit de partir à la conquête de son droit à produire dans ce nouvel espace européen”, a souligné André Tondeur. Avec la traçabilité de ses produits, la certification Iso 9001 prévue en 2005, les démarches engagées par certains producteurs dans Agriconfiance et EurepGap, Phalempin se donne donc les moyens d’être présent demain sur le grand marché européen des fruits et légumes.

Une nouvelle alliance commerciale

Il y a enfin le rééquilibrage des circuits commerciaux “pour mieux maîtriser le commerce” et par lesquels transitait le tonnage des 313 coopérateurs, notamment endiviers. Le Marché de Phalempin, qui commercialisait au 31 août 2004 60 % de sa production endivière contre 40 % à la société Prymex, a signé une nouvelle alliance commerciale pour ne pas exacerber les concurrences. Un tel rééquilibrage s’est opéré parallèlement avec la nouvelle démarche Perle du Nord.

Le marché de Phalempin s’est en effet engagé à hauteur de 45 000 E dans la nouvelle SAS perle du Nord (soit 21 % du capital).

Ce qui devrait amener progressivement à une meilleure cohérence de l’offre, à condition bien sûr que tous les opérateurs respectent les outils de mesure collectifs de type Infoclar et soient transparents dans la communication journalière des informations de marché, entre OP bien sûr, mais également avec le SNM…

Reste néanmoins la déception de la coopérative après les accords commerciaux négociés avec la coopérative de Roulers en Belgique “qui n’absorbe pas les quantités espérées en choux-fleurs”. Pour Gery Choteau, “il convient de réfléchir sur le futur de cette commercialisation. Les vérités d’hier sur la place du cadran sont à nouveau bousculées”.

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