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Importation
« Personne ne peut s'arroger le droit de limiter le choix du consommateur »

Philippe Pons, président de la Chambre syndicale des importateurs français de f&l frais (CSIF) depuis 2006, a été réélu en mars. Il fait le point sur l'évolution du secteur et les dossiers du moment.

FLD HEBDO : Quelles évolutions la CSIF a-t-elle pu constater ces dernières années ?

PHILIPPE PONS : La CSIF a accompagné la concentration du secteur, avec une réduction du nombre d'adhérents en moyenne plus grands. Il s'agit d'un phénomène continu, observable dans tous les secteurs d'activité. Au sein de la fédération profes-sionnelle, les problématiques sur lesquelles nous travaillons ont donc plus de chance d'intéresser le plus grand nombre. On remarque depuis dix ans qu'une majorité de nos membres est désormais impliquée à la source, en étant producteurs ou en mettant en place des partenariats. Cela répond à la demande générale des clients européens qui exigent toujours plus de garanties et une maîtrise des procédures.

FLD HEBDO : Quelles sont les problématiques des importateurs ?

P. P. : Les importateurs doivent veiller à la conformité de leurs produits par rapport à la réglementation et aux normes européennes mais aussi les soutenir dans un contexte de mise en avant de l'origine France. Les produits importés peuvent ou font l'objet de critiques ou de suspicion, sur leur prétendue empreinte écologique ou leur non-légitimité. Mais le produit d'import a toute sa légitimité sur le marché par rapport à un produit français, puisqu'il a vocation à compléter l'offre pour le consommateur qui sera à même de faire son choix. Personne ne peut s'arroger le droit de limiter le choix du consommateur.

FLD HEBDO : Quels sont les dossiers sur lesquels travaille la CSIF ?

P. P. : Parmi ceux qui nous mobilisent actuellement, on relèvera la différence de traitement entre les ports européens lors de l'arrivée, entre autres, d'agrumes de pays tiers. La lecture, l'interprétation et l'application des textes européens sont opérées de manière beaucoup plus rigide en France et dans le sud de l'Europe. Par nature ou par culture, les pays du Nord (Benelux, Allemagne ou Royaume-Uni) ont une lecture des textes conduisant à moins de zèle et donc à une fluidité des échanges, ce qui est profitable au trafic maritime capté par leurs ports. Face à ce constat, nous ne pouvons qu'expliquer aux services concernés les procédures réalisées dans ces pays. C'est un enjeu de compétitivité à la fois pour nos entreprises et les opérateurs portuaires : une enquête sur le port de Marseille Fos a montré que 1 000 conteneurs importés représentent dix emplois créés sur la zone. Or nous estimons que 70 % des flux en provenance des pays tiers échappent aux ports français... Autre dossier d'actualité : la présence de l'importation des pays tiers au sein de l'interprofession. Si elle a vocation à apporter sa contribution dans un débat qui pourrait volontiers tourner au franco-français, l'importation observe d'un œil attentif la représentativité qui pourra lui être proposée, élément déterminant dans son choix d'être présente, ou pas, autour de la table interprofessionnelle.

FLD HEBDO : Que penser des accords de libre-échange ?

P. P. : Les accords de libre-échange vont dans le sens de la fluidité que nous, importateurs, avons toujours demandés. Mais libéralisation ne veut pas dire n'importe quoi. Elle s'accompagne de procédures normatives et de règles du jeu plus exigeantes et restrictives. Je regrette que des fédérations professionnelles comme la nôtre ne soient pas consultées lors des négociations.

FLD HEBDO : Vous avez presque dix ans de présidence. Quelle est la réussite dont vous êtes le plus fier ?

P. P. : Avant tout d'avoir fait évoluer FeL Partenariat ! L'enrichissement du contenu et la gestion du dossier sont une réelle réussite. De manière générale, je renvoie les lauriers vers l'équipe des permanents de la CSIF. Les membres, quant à eux, sont force de propositions et retirent des éléments de réponse aux problématiques de leur entreprise.

FLD HEBDO : Et un regret ?

P. P. : L'actualité et le bien penser ambiants qui, de temps à autre, pointent du doigt le fait même d'importer. Je regrette que le travail d'amélioration continu des importateurs et de leurs partenaires exportateurs ne soit que faiblement reconnu.

La CSIF en chiffres clés

En 2014, les entreprises membres représentent 1,55 million de tonnes pour 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires :

• 700 000 t de fruits et légumes hors banane

• 850 000 t de bananes (en vert) dont 300 000 t exportées/réexportées

• 35 adhérents

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