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AG de Felcoop
« On défend la politique agricole pour l’idée qu’on se fait de l’Europe »

Louis-Marie Le Coutour, Stéphane Le Foll et Philippe Mangin étaient les invités de l’AG de Felcoop. Ils ont défendu avec énergie le modèle coopératif.

« Avec la crise financière et économique, il devient plus facile d’expliquer les atouts du modèle coopératif. C’est assez remarquable de pouvoir encore dire qu’une entreprise est fixée à un territoire. C’est un rempart à la délocalisation, a martelé Philippe Mangin, président de Coop de France lors de l’assemblée générale de Felcoop la semaine dernière. La coopérative n’a pas fait trop bruit en 20 à 30 ans, mais aujourd’hui, il faut reconnaître que 40 % du chiffre d’affaires agroalimentaire en France ce sont les coopératives qui le réalisent. » Alors pour parfaire le discours, il a ajouté : « l’organisation de producteurs, c’est le point sur lequel nous devons tous travailler. Nous n’aurons aucune légitimité si on ne s’organise pas mieux. C’est l’OP qui est le dernier maillon de la régulation de marché. C’est le défi majeur de l’agriculture française, ce n’est pas Bruxelles qui règlera notre problème par exemple avec la grande distribution. C’est l’organisation qui permettra cela. »

Aussi, dans le cadre d’un renouveau de la politique agricole après 2013, il ajoute : « La raison de la PAC, c’est l’accompagnement de ce bouleversement du monde agricole. » A cela, Stéphane Le Foll, député européen et membre de la commission Agriculture du parlement européen, estime qu’il est nécessaire que le monde coopératif ne perde pas son âme. « Garder son âme, c’est se rappeler qu’on est avant tout au service d’un métier, d’un territoire, d’une idée de société. » Et sur l’après 2013, « il faut se rappeler qu’on défend la politique agricole pour l’idée que l’on se fait de l’Europe. Aujourd’hui, on raisonne agriculture là où il faut raisonner Europe, on raisonne agriculture alors qu’il faudrait raisonner alimentation… » Il estime donc qu’il existe deux grands défis : budgétaire déjà : « si on se prive des leviers européens, alors on finira par se perdre tous. Après, il faut se poser la question de l’avenir, agriculture et alimentation ne sont pas dissociées, n’opposons pas les agricultures et voyons cela dans sa globalité. Le lien entre alimentation et agriculture est essentiel. Nous avons au niveau européen à favoriser les politiques alimentaires et donner des objectifs aux marchés. Enfin sur la question environnementale, la politique agricole sera obligée de prendre ce virage. » Plus encore que la coopération, les adhérents présents dans la salle ont fait valoir l’importance d’une marque fédératrice. A cela Stéphane Le Foll interpelle : « pourquoi ne pas communiquer sur la notion de coopérative sous la marque auprès du grand public ? » Louis-Marie Le Coutour directeur général d’Agrial Légumes, balaie la question d’un revers de la main : « la marque ne doit pas être le seul objectif. Notre cible c’est le consommateur, tout cela doit être sous tendu par la communication. Faisons attention à bien réfléchir sur le projet qu’il y a derrière cette notion de marque. Cela suppose une vraie stratégie d’organisation. »
Pour sa part, Philippe Mangin martèle : « il est temps que la profession, l’organisation de la profession, que les agriculteurs sortent du bois et quittent les discours incantatoires. Sinon, je crains que la Commission européenne ne fasse que ce qu’elle veut. Bien évidemment l’éco-conditionnalité a été mal mise en place, mais on ne gagnera pas avec la stratégie du combat anti-environnemental. C’est se tirer une balle dans le pied auprès du grand public. Les deux notions alimentaires et environnementales doivent être traitées de façon rationnelle, et la science peut en cela apporter énormément à l’agriculture. »

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