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Olive : pourquoi les industries condimentaires s’inquiètent ?

La récolte d’olives en France, en Espagne, au Maroc, en Grèce sera cette année encore très limitée. En parallèle, la demande très forte pour le marché de l’huile d’olive, plus rémunérateur, fait peser un risque pour l’approvisionnement des fabricants d’olives de table.

La majorité des produits est originaire de France ou franciliens mais quand l'offre est pertinente, le sourcing peut aller plus loin :comme par exemple, l'olive bio de Kalamata orginaire de Grèce.
Les faibles récoltes d'olives dans les pays méditerranéens font craindre un manque de volumes pour approvisionner les fabricants d'olives de table. Photo d'archives FLD.
© Philippe Gautier

La Fédération des Industries Condimentaires de France (FICF*) a alerté le 10 novembre sur la raréfaction de l’offre en olives cette année, qui va nécessairement entraîner une diminution d’olives emballées et prêtes à consommer et une forte augmentation des prix.

 

Des conditions climatiques très défavorables

Les pays producteurs d’olives de Méditerranée subissent depuis deux ans une sécheresse qui a amoindri la floraison des oliviers, et les épisodes de canicule intenses pendant l’été 2023 ont réduit la quantité et la taille des olives.

  • En Espagne, la récolte est inférieure de 20 % à la moyenne des trois dernières années, déjà considérées comme faibles.
  • Au Maroc, les stocks d’olives noires à la grecque sont actuellement « inexistants ». Compte tenu de leur temps de préparation, la FICF ne s’attend pas à des disponibilités avant avril-mai au plus tôt, avec une crainte d’une quantité encore très faible, des prix impactés et des incertitudes également pour 2024.
  • En Grèce, la récolte d’olives vertes (Konservolea, Chalkidiki et Koroneiki) ne représenterait que 10 % d’une récolte normale ! Celle des olives noires (Kalamata), qui n’a pas encore commencé, devrait être eu peu meilleure mais avec des petits calibres, orientant les fruits vers la production d’huile.
  • En France, la production sera insuffisante. « Les quantités d’olives récoltées dans les zones de production françaises (Picholine, Lucques et Nyons) sont très inégales selon les parcelles et il est encore difficile d’évaluer la récolte dans sa globalité. Néanmoins, on peut d’ores et déjà affirmer que la production française ne pourra en aucun cas compenser les quantités d’olives insuffisantes des terroirs des zones internationales », indique Hubert Bocquelet, délégué général de la FICF. 

 

Un arbitrage vers la production d’huile d’olive

La baisse des volumes d’olives de table vient s’ajouter à une forte pression sur le marché de l’huile d’olive, dont les cours ont triplé en deux ans après des récoltes 2022 et 2023 très mauvaises. « Une plus grande partie des olives sera par conséquent utilisée pour la production d’huile d’olive, plus rémunératrice pour les producteurs que celle des olives de table », regrette la FICF.

En Espagne, ce sera le cas pour la quasi-totalité des olives Hojiblanca, comme pour la variété française Picholine. Le Maroc, dont la demande du marché intérieur reste très forte, va limiter les transactions vers l’étranger pour la récolte 2023-2024, selon une circulaire de l’Administration du 11 octobre.

 

* FICF : Créée en 1949, la Fédération des Industries Condimentaires de France rassemble les fabricants de moutardes, de sauces condimentaires, de fruits et légumes en saumure et au vinaigre, les confiseurs-conditionneurs d’olives de table, et les fabricants de vinaigres.

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