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Oignon doux des Cévennes : la disponibilité en eau décidera de la saison 2023

Après une campagne 2022 très compliquée, les producteurs d’oignons doux des Cévennes ne cachent pas leur inquiétude face au déficit hydrométrique dans la région. Des solutions sont mises en œuvre.

La coopérative Origine Cévennes vend principalement à la grande distribution (55 % de ses volumes) et 35 % à destination des grossistes. Elle exporte ses productions vers l’Italie, la Suisse, le Benelux et l’Allemagne
© Origine Cévennes/ Facebook

Philippe Boisson, président de la coopérative Origine Cévennes, fait le point sur cette campagne 2022, à oublier pour les producteurs : « La saison 2022 a été plus que compliquée pour les producteurs d’oignons doux des Cévennes en raison des attaques de cicadelles et du manque d’eau, le tonnage a été réduit de 40 % sur une année normale. La saison a été courte réduite d’un mois et demi à deux mois par manque de volumes. Nous avons dû faire face à beaucoup de tri et de contrôles pour proposer un produit de qualité le plus joli possible pour nos clients ».

A quoi peut-on s’attendre sur la prochaine campagne ? Alexis Durand, technicien à la coopérative précise les enjeux pour 2023 : « Les semis ont eu lieu dans de très bonnes conditions avec quelques pluies ces temps derniers qui ont bien permis d’imbiber les pépinières. En ce qui concerne la cicadelle, nous avons anticipé en posant un piégeage englué pour prévenir le premier vol d’adultes. Nous avons aussi détruit les engrais verts en fin de saison pour que l’inoculum soit détruit, et maîtrisé le désherbage mécanique sur les inter-parcelles. Nous utilisons aussi des produits de biocontrôle utilisés sur vigne avec du purin de fougères. À ce stade, quatre producteurs ont répondu présent dans cette stratégie pour lutter contre la cicadelle ».

Des inquiétudes liées à l’eau pour 2023

Cependant comme pour d’autres cultures, c’est le manque d’eau qui demeure la grande interrogation : « Il fait très sec et sur le Vigan par exemple, il y a eu moitié moins de précipitations (700 mm) contre 1200, 1300 mm en temps normal. Nous n’avons pas vécu les pluies d’automne et c’est un vrai problème pour les producteurs. Nous avons à ce jour un débit digne d’un début d’été. Si en avril il ne pleut pas assez cela manquera aux cultures d’oignons doux. Quant à la demande d’arrosage, il est compliqué d’obtenir des autorisations d’irrigation », souligne Alexis Durand.

« Nous avons décidé de créer des bassins collectifs ou individuels pour sécuriser notre filière. Il va nous falloir aller chercher des aides auprès de l’Etat, de la Région et de l’Europe pour financer ces projets de stockage de l’eau de l’ordre de 3 000 à 4 000 m3 et jusqu’à 10 000 m3 dans les vallées. D’autres pays sujets à la sécheresse comme l’Espagne et l’Italie ont déjà installé ce type de stockage de l’eau. Ces stockages pourraient aussi éviter la propagation d’incendies sur notre territoire », plaide le président de la coopérative Origine Cévennes.

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