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Manutention
« Nous visons davantage la grande distribution que l’Amap »

En retrait depuis six ans, le loueur de palettes LPR (La Palette Rouge) fait un retour remarqué avec un incontournable de la carotte. Entretien avec Xavier Goube, son directeur général.

Fld hebdo : LPR avait annoncé en 2004 son retrait de la filière fruits et légumes. Peut-on parler d’un retour en cette fin 2010 ?
Xavier Goube :
Le secteur des fruits et légumes a toujours été intéressant pour LPR. Nous avions décidé de quitter le secteur parce qu’il présentait trop de risques. Lorsque vous mettez une palette à la disposition d’une société, vous vous attendez à la récupérer. Autrement vous acceptez de perdre de l’argent ou d’augmenter vos tarifs. Le monde des fruits et légumes est vaste, allant, disons, des Amap jusqu’à des entreprises qui s’avèrent être quelquefois plus structurées que celles d’autres secteurs industriels. Dans cette optique, pourquoi ne travaillerions-nous pas avec celles-ci ? Nous partageons une même logique industrielle, ce qui est confirmé par ce premier contrat signé avec l’un des producteurs majoritaires de carottes. Nous avons des arguments à faire valoir dans ce domaine. Nettement, nous visons davantage la grande distribution que les Amap !

Fld hebdo : Il y a des parties de la filière que vous n’investirez donc pas ?
X. G. :
Il est tout à fait clair que nous ne ferons pas tout. Le domaine des grossistes demeure très complexe. Il y a culturellement un présupposé droit de jouissance de la palette. Cela entraîne une grande fluidité qui se trouve renforcée par le fait que le grossiste redistribue ses produits à de nombreux clients, souvent détaillants individuels. Or, la vocation d’un gestionnaire de parc de palettes comme LPR n’est certainement pas d’assurer la ramasse auprès de tous ceux-ci. Cela entraîne des pertes et de la casse qu’il est difficile de compenser. C’était notre constat il y a six ans. Je remarque aujourd’hui que la situation n’a pas vraiment évolué. Pour parler directement, je pense que le modèle de la palette louée n’est absolument pas applicable dans cette partie de la filière.

Fld hebdo : Les transporteurs routiers considèrent aussi la ramasse des palettes comme un dossier brûlant pour leur activité. Qu’en pensez-vous ?
X. G :
Il est vrai que notre schéma de location, une relation directe entre le producteur et le distributeur, nous permet de ne pas être concernés par le sujet. En revanche, le problème se pose en effet pour ce qu’on appelle la palette échange. Le sujet suscite de grands débats actuellement tournant autour de la revalorisation des coûts de transport, coûts additionnels imputés aux transporteurs, etc. Il y a de toute évidence un transfert de charge sur un maillon faible de la filière. Les entreprises de transports n’ont plus aujourd’hui les moyens financiers d’y faire face. Mais, c’est un vrai sujet d’actualités, ne serait-ce qu’avec les prochains états généraux du transport. Est-ce l’avantage des gestionnaires de parcs. ? Oui dans la mesure où notre modèle économique a fait ses preuves : LPR assure la rotation en France de presque 20 millions de palettes par an, toutes activités confondues. Nous existons depuis dix-huit ans. Quelque part, LPR est donc une alternative plus que crédible.

Fld hebdo : Le domaine du bac plastique semble aussi vous intéresser. Pouvez-vous en dire plus ?
X. G. :
Alors, nous n’avons pas l’intention d’être un nouvel opérateur dans la location de bacs plastiques. Il y a déjà suffisamment d’acteurs de poids sur ce secteur. En revanche, peu d’entre eux gèrent à la fois le bac et la palette. Ce que nous voulons leur proposer, c’est de gérer le retour de leurs emballages sur leurs sites dans l’esprit d’une continuité de service. Nous voudrions ainsi créer une sorte de binôme visant à simplifier la chaîne logistique d’autant plus que la cible est la même, la GMS et que dans les fruits et légumes, il y a un flux important de bacs en location. Il s’agit d’abord d’essayer de bien gérer le duo palette et bacs plastiques. Il ne s’agit par d’aller vers des centres de services incluant tous les types d’emballages comme on peut le voir en Belgique, même si cette initiative présente un schéma intéressant. Faudra-t-il s’y s’intéresser un jour, dans le cadre d’un service étendu (les plastiques d’emballages, les déchets organiques…) c’est une tout autre question et tout dépend du circuit de distribution. Ce n’est en tout cas pas d’actualité pour LPR.

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