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Guy Riba, directeur général délégué à l’Inra
« Nous espérons pouvoir présenter Pic-Leg cet automne »

Présenté en avant-première au salon de l’agriculture, le programme Pic-Leg est en cours de finalisation. Guy Riba annonce les avancées de ce projet de recherche à Fld.

A l’occasion du dernier salon de l’agriculture à Paris, l’Inra avait annoncé le lancement prochain d’un programme de recherche spécifique sur les légumes, intitulé Pic-Leg (programme faisant le pendant de la production fruitière intégrée), une conférence de présentation devait être organisée ce printemps. Pour Fld, Guy Riba, directeur général délégué de l’Institut, donne quelques précisions.

Fld : En quelques mots, que signifie le programme Pic-leg ?

Guy Riba : Ce programme intitulé Production intégrée des cultures légumières (Pic-Leg) est le pendant de la production fruitière intégrée. Il revêt une grande priorité pour la production légumière. Il faut trouver de nouvelles pratiques agricoles, car les productions de f & l sont grandes consommatrices d’eau et de pesticides. Il faut donc tant pour la qualité des produits que la préservation de l’environnement trouver des alternatives dans les techniques actuelles de cultures. Pic-Leg est construit sur deux piliers : la création d’innovations ponctuelles, telles que des variétés résistantes aux maladies, l’amélioration des systèmes d’irrigation, des productions sous serre (cogénération par exemple) couplée à des approches systémiques qui concilient ces innovations dans le cadre de systèmes de production innovants comme la production raisonnée ou intégrée tant du point de vue technique que chimique.

Fld : Où en est-on aujourd’hui après votre annonce au salon de l’agriculture ?

G. R. : Le dossier n’est pas encore finalisé. Nous sommes dans une phase de discussions assez intenses. C’est un dossier compliqué et pour cela, nous avons créé plusieurs groupes de réflexion. Car pour mener à bien ce projet, nous devons mettre en synergie toutes les compétences possibles (la FNPL, le CTIFL, les centres régionaux de recherche, les régions, les offices…). C’est tout l’enjeu de ce programme. Ses objectifs sont fondés sur des indicateurs permettant de montrer les voies de progrès en matière de qualité, de production, de réduction des intrants, d’économie d’énergie, de réduction d’émission de gaz à effets de serre… Pour faire tout cela, personne ne peut le faire seul. Aujourd’hui nous en sommes à la phase du montage de ce partenariat. Et j’ai espoir de le voir être présenté dès cet automne.

Fld : Quelle est l’origine du programme de recherche Pic-Leg ?

Guy Riba : Tout a débuté lors d’une restitution de nos résultats de recherche en PFI (production fruitière intégrée) au salon de l’agriculture en 2003. Denis Onfroy était alors intervenu en soulignant qu’il fallait poursuivre les recherches pour la production légumière. A l’origine, l’Inra n’avait donc pas la volonté de développer la production intégrée à d’autres filières. Dans le cas de Pic-Leg, il s’agissait de mobiliser des partenariats notamment pour une question de budget. L’Inra par la suite a pris du temps pour réfléchir à son implication dans Pic-Leg. Et puis il y a deux ans, l’Inra s’est enfin doté d’une capacité financière sur ce dossier.

Fld : Quel est l’apport budgétaire de l’Inra ?

G. R. : Comme je vous le disais auparavant, nous avons déjà mobilisé des fonds à l’Inra. A ce jour, il s’agit de quinze chercheurs temps plein (soit un budget de 2,25 ME par an) et un budget supplémentaire de 300 000 E annuels pendant trois ans. Et tout l’enjeu de ce programme consiste à le pérenniser. Il nous faut donc mobiliser davantage de fonds si possible via les projets Casdar (ex-Anda), des crédits de développement agricoles, des crédits venant des régions (PSDR) ou encore des crédits européens…

Fld : Des contacts sont-ils prévus avec d’autres pays européens ?

G. R. : C’est ce que nous faisons en ce moment dans le cadre de nos groupes de réflexion, nous souhaitons trouver des interactions avec nos homologues européens pour trouver des financements européens ou encore bénéficier de crédits Inter-reg par exemple.

Fld : Comment se fait-il que la PFI ait vu le jour plusieurs années plus tôt que Pic-Leg ?

G. R. : En 1999, dans le cadre des réflexions internes à l’Inra, il fallait reprendre des initiatives de production intégrée à vocation écologique. Pour ce faire, il nous fallait une filière qui pouvait avoir la meilleure contribution sur ce sujet et la production fruitière nous est apparue la plus adaptée. La PFI est une initiative de l’Inra, de regrouper les compétences et le savoir-faire de chacun sur ce sujet et cela a bien fonctionné. Les recherches en PFI se sont achevées en 2003, elles auraient mérité d’être poursuivies, car c’était un beau projet. Malgré tout, la dynamique continue, mais de manière moins incitative. Aussi, dans le cadre de Pic-Leg, il nous faut trouver dans son organisation un moyen de le rendre pérenne et de faire en sorte qu’il soit renouvelé dans trois ans, pour éviter ce qui s’est produit pour la PFI.

Fld : Avez-vous déjà choisi les productions de légumes cibles dans le cadre de Pic-Leg ?

G. R. : Pour l’heure, les groupes travaillent à la détermination des thèmes de recherche. La matrice sera effectivement créée sur telle ou telle production, mais rien n’est encore arrêté. En revanche, le programme portera aussi bien sur la culture sous serre que sur la culture plein champ.

Fld : Au SIA vous aviez souligné que la filière légume était condamnée à produire propre, c’est-à-dire ?

G. R. : Aujourd’hui, les productions légumières sont les moteurs de l’agriculture, car c’est un secteur en plein développement à l’échelle mondiale, notamment en Asie et en Europe de l’Est. Or, ce sont des productions qui utilisent le plus d’eau et de pesticides, c’est là tout l’enjeu de Pic-Leg.

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