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Assemblée générale de Felcoop
« Nous devons nous méfier de l'eau qui dort »

A quelques jours de l'assemblée générale de Felcoop, le 4 avril, Jean-Michel Delannoy, son président, fait le point sur les dossiers et rend un hommage appuyé à son directeur, Bernard Cardinaud.

FLD : Quelle est votre opinion sur la réforme Pac?

JEAN-MICHEL DELANNOY : Pour le moment, il n'y a pas vraiment de décisions prises concernant les fruits et légumes. Avec les élections européennes, et la nouvelle Commission, ce dossier ne devrait évoluer qu'à partir de septembre, voire octobre. Cependant, nous avons quelques craintes : alors que les propositions globales de la Commission ne sont pas encore connues, elle profite de son pouvoir juridique, au travers des actes délégués, pour modifier le règlement 543/2011. Depuis le dernier Comité consultatif le 27 février, nous sommes inquiets. La Commission propose de reconnaître une OP qu'à partir du moment où elle compterait au moins vingt producteurs, contre cinq à l'heure actuelle en France. Si sur le fond, c'est une orientation qu'il faut étudier, cela aurait pour conséquence de casser ce qui existe et qui fonctionne. Pourquoi ne pas prendre au minimum sept producteurs comme pour créer une coopérative, quitte à ce que la reconnaissance soit rattachée aussi à un chiffre d'affaires suffisamment conséquent pour que l'OP ait un poids sur le marché ?

FLD : Quelle est la position de Felcoop ?

J.-M. D. : Nous devons donc nous méfier de l'eau qui dort, et réfléchir à transformer ce levier qu'est la Pac. Nous allons étudier de près le choix des Etats-Unis quant au volet assurance dans le Farm Bill. Il faudrait qu'une partie de la Pac serve d'assurance aux producteurs car l'aide découplée est un endormissement. Pendant ce temps-là, l'agriculture diminue dans notre pays. A partir du moment où le revenu du producteur est assuré, il peut mieux faire face à la volatilité des prix. Sur ce dossier assuranciel, nous avons été précurseurs à Felcoop il y a trois-quatre ans. Ce qu'il nous faut, à terme, c'est une assurance au travers d'un volet assuranciel sécurisé et accessible.

FLD : Qu'en est-il du CICE ?

J.-M. D. : On savait que l'on ne pouvait pas bénéficier du CICE en tant que coopératives, sur décision de Bruxelles. Jean-Marc Ayrault a affirmé au président Mangin qu'il y aurait des mesures au niveau du pacte de représentativité, qui seraient présentées fin mars. Nous n'avons aucune nouvelle ! Si le dossier charges sociales n'est pas solutionné, nos concurrents, y compris Européens, prendront notre place.

FLD : Et le dossier endive ? Et l'écotaxe ?

J.-M. D. : Nous attendons une réponse la semaine prochaine. Nous ne voulons pas de l'écotaxe. On espère que, pour nos productions, elle soit purement et simplement annulée.

FLD : Avez-vous d'autres idées ?

J.-M. D. : Pour pouvoir se développer, il faut des fonds propres : nous venons de créer à Felcoop une Commission “Fonds propres” pour étudier toutes les opportunités qui peuvent s'offrir à nous, pour appuyer le développement de nos entreprises.

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