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Pommes de terre

Marc Morellato, Fedepom : « La praticité, notre prochain cheval de bataille »

Marc Morellato, président de Fedepom, revient sur ce qui fait l’actualité de la filière pommes de terre : nouvelles attentes, transparence des prix…

 

Marc Morellato, président de Fedepom : "Les enseignes de la GMS ne parlent quasiment pas de l’énorme travail réalisé en amont pour le respect des cahiers des charges et des LMR". © Fedepom et Claire Tillier

FLD : À quoi attribuez-vous la baisse de 6,5 % de la consommation relevée par Kantar à l’issue de la campagne 2016-2017 ?

Marc Morellato : Tout d’abord, je crois qu’il faut modérer ce chiffre “sortie GMS”. Il y a en effet de nouveaux circuits dont on ne tient pas compte. C’est le cas des circuits courts. Néanmoins, la baisse est bien réelle. On a du mal à l’expliquer tant les causes sont multiples. Les jeunes se détournent de plus en plus des usages traditionnels [vapeur, frites, purée, NDLR]. Ils ne cuisinent plus la semaine. Ils demandent avant tout de la praticité aux produits. Nous devons absolument nous adapter à ces nouveaux modes de consommation et la praticité doit être notre cheval de bataille dès à présent. Si notre destin est fortement lié à celui de la GMS, il faudra aussi que l’on tienne de plus en plus compte des évolutions du commerce [circuits courts, livraisons directes… NDLR].

 

FLD : Peut-on encore développer l’innovation ?

M. M. : Nous n’avons pas encore inventé le produit miracle qui tienne tête aux frites surgelées, pâtes ou riz, nos principaux concurrents. Par contre, nous devons absolument pousser le développement du micro-ondable, d’autant que le consommateur de pommes de terre n’y est pas encore totalement sensibilisé. Pour aller à la conquête des jeunes consommateurs, la publicité télévisuelle insérée entre la météo et le journal télévisé ne suffit plus. On doit pouvoir investir d’autres canaux comme les réseaux sociaux pour séduire cette frange de population.

 

FLD : Comment peut-on donner des garanties aux consommateurs qui réclament toujours plus de transparence dans les pratiques et éviter des épisodes tels qu’on les a connus avec le fipronil dans les œufs ?

M. M. : Les enseignes de la GMS ne parlent quasiment pas de l’énorme travail réalisé en amont pour le respect des cahiers des charges et des LMR. Nous ne bénéficions pas de la caisse de résonance que constitue la GMS. Si elle a de vraies communications sur les prix, elle ne communique que très rarement sur les cahiers des charges. On n’a pas de gros relais sur nos pratiques imposées dans nos cahiers des charges, car nous sommes sur un marché à dominante MDD et nous en sommes tributaires. C’est pour cette raison que nous devons être encore plus vertueux dans tout ce qu’on fait.

 

FLD : Justement vous avez travaillé sur le dossier des centres agréés au cours du séminaire en juin à Barcelone. Où en est-on ?

M. M. : Devant les nouvelles attentes sociétales, il est impératif de livrer des produits irréprochables, respecter l’environnement tout en respectant le bien-être au travail de nos équipes. C’est l’objet des centres agréés qui s’adresse aussi bien aux producteurs vendeurs qu’aux conditionneurs. C’est un plan de progrès qui permet de monter en qualité en offrant un panel assez large de conditionneurs aux distributeurs. Nous devrions être prêts durant le premier semestre 2018 avec l’objectif d’obtenir un accord interprofessionnel d’ici deux à trois ans.

 

FLD : On parle de plusieurs dispositifs permettant une meilleure transparence dans la publication des cotations. PotatoData, mercuriale, index des prix… comment y voir clair ?

M. M. : PotatoData est un outil spécifique développé par les producteurs. L’index des prix est par contre un véritable vecteur de progrès interprofessionnel, un outil de transparence et de contractualisation. On s’y prépare depuis trois ans. C’est relativement long, car il faut se mettre en règle avec la législation. Tous les quinze jours, Fedepom téléphone à une quinzaine de négociants pour obtenir les prix selon quatre références (chair ferme blanche et rouge, spécial frites et polyvalente) pour établir une cotation moyenne. Pour sa part, le CNIPT devra agréger dix références de prix producteurs et dix références de prix négociants. C’est à partir de cette base-là qu’il publiera son indice de prix sur les transactions effectuées dans les quinze jours précédents. Un premier pilote sera testé durant le premier semestre 2018 pour un lancement à la campagne 2018-2019. Ce sera un vrai acte de transparence et une vraie base de contractualisation.

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