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Sival 2019
Main d’œuvre, entre joie et tourment !

La question de la main d’œuvre en agriculture était au cœur d’une conférence au Sival, à Angers. Plomb dans les comptes d’exploitation mais nécessité absolue !

Conférence sur "l'emploi au coeur de la compétitivité des exploitations agricoles spécialisées, lors du Sival 2019.
© DC

Oui, l’agriculture embauche. Oui, l’agriculture est une voie royale vers l’emploi pour les jeunes. Oui, la France a des difficultés de compétitivité avec un coût de main d’œuvre élevé par rapport au reste de l’Europe et du monde… Les salariés et saisonniers sont au centre de tous les tourments des chefs d’entreprise agricole car ils leur sont nécessaires. Impossible donc d’éluder cette problématique pour cette nouvelle édition du Sival qui a débuté mardi, à Angers. Car derrière ce sujet se niche la compétitivité de la France. Pour Jérôme Volle, président de la Commission emploi de la FNSEA, « l’agriculture française est compétitive grâce à sa capacité d’organisation et d’innovation, on cherche la performance tout en respectant l’humain mais le coût du travail est un vrai sujet, c’est une perte de compétitivité ». Dans l’Hexagone, le coût de la main d’œuvre compte pour 30 à 50% du coût de la production, a rappelé Christophe Rousse, secrétaire général de Légumes de France.

L’âpre et récent combat sur le TODE a remis sur le devant de la scène le lien entre compétitivité et exonération de charges. « On a besoin de ces exonérations pour garder notre compétitivité et apporter la valeur ajoutée à la France », a expliqué Jérôme Volle.

Séduire à tout prix

Même si la question du coût du travail fait blanchir les cheveux des chefs d’exploitation, la mécanisation ne saurait être une réponse absolue à la production. Alors, comment faire pour attirer des salariés permanents et des saisonniers ? Peut-être en rappelant certains faits, comme s’y sont attelés les intervenants. Mais encore ? Etre imaginatifs, pourquoi pas ? Si la profession compte beaucoup sur les centres de formation, il faut parfois oser, comme en témoigne la démarche d’un arboriculteur en Maine-et-Loire. Il s’est mis en lien avec l’association France Terre d’asile pour recruter des demandeurs d’asile. Il a organisé un système de transport pour lever les embûches entre l’arrêt de bus et son exploitation. Autre exemple, David Maugin, viticulteur, qui, lui, a organisé une réunion sur son exploitation avec des demandeurs d’emploi. Son but, réaliser des démonstrations… in situ. Surprise, le frein était surtout psychologique. Les personnes pensaient qu’elles n’avaient pas les compétences requises.

Le défi des conventions collectives

Voilà un gros chantier qui attend le monde de l’agriculture. Les conventions collectives ont fleuri sur le territoire de façon assez incroyable. A titre d’exemple, la région Centre Val de Loire, qui comprend six départements, cumule 14 conventions. Les derniers gouvernements ont réitéré la volonté d’unifier le tout en une seule et même convention. « Les conventions sont toutes territoriales, voire pluri-territoriales », a rappelé Jérôme Volle. Comment faire ? Ce dernier a décliné la stratégie de la FNSEA. D’abord, créer un cadre général puis s’appuyer sur une dynamique d’entreprise. Le cadre général serait donc le socle pour les emplois les moins qualifiés, les saisonniers. Et les techniciens et cadres pourraient profiter de l’attractivité offerte par les entreprises agricoles. Mais Jérôme Volle a hiérarchisé les choses : « s’il n’y a pas de perspectives dans les entreprises, les employés, même les saisonniers, s’en vont. Ce sont les entreprises qui peuvent créer une dynamique, pas des conventions collectives ».

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