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Producteur/expéditeur
L'ultra-frais comme stratégie pour l'angevin Beaujean

Avec 5 millions de têtes de salades, l'entreprise basée à Sainte-Gemmes-sur-Loire a vécu une saison correcte, loin des turbulences de fin d'année, sa production s'arrêtant en octobre.

Le Gaec Le Malinais ne peut plus livrer Rungis, malgré la demande, à cause des coûts de transport et de la concurrence des maraîchers d'Ile-de-France.

Le Gaec Le Mélinais dirigé par les deux frères Pierre et Pascal Beaujean à Sainte-Gemmes-sur-Loire (Maine-et-Loire) est réputé dans les Pays de la Loire pour ses salades Ire gamme. Il en produit 5 millions de têtes avec une gamme très large, de la laitue pommée à la batavia en passant par les feuilles de chêne blondes ou rouges. Contrairement à ses collègues de la région qui produisent de la mâche, la saison 2015-2016 ne s'est pas trop mal passée selon les dires de Pierre Beaujean qui cédera bientôt sa place à Thibaut Chesneau. « Notre offre s'étale de mars à octobre, précise-t-il. La saison s'arrête chez nous en raison d'un ensoleillement insuffisant à produire un grammage standard. La surproduction et la baisse des prix qui a suivi en raison des conditions climatiques se sont déclenchées après le mois de novembre et donc après l'arrêt de notre production. »

Paradoxalement, le maraîcher craint davantage pour cette saison qui s'annonce, malgré un début de campagne correct en prix. Normalement, il établit précisément un planning de plantation (les plants sont achetés aux pépiniéristes) selon divers modes de culture (sous abri, chenille, plein champ) pour offrir un volume régulier à ses clients tout au long de la saison. Or, avec le climat doux hivernal, les salades sous abri avaient quinze jours d'avance en récolte et celles qui ont été plantées sous chenille étaient retardées par la pluie et les températures descendues selon certains jours de février-mars en dessous de zéro. « Nous savons d'ores et déjà que notre offre aura des creux cette année », regrette Pierre Beaujean. Or le Gaec Le Mélinais passe des contrats avec les centrales d'achat des GMS de l'ouest en prévision de la saison ou sur deux-trois ans. Le contrat garantit uniquement le volume. « En cas de surproduction, les centrales acceptent un surplus, affirme-t-il. Je livre aussi les grossistes, principale-ment ceux du Min d'Angers et les supers et hypermarchés du secteur. Mais je travaille peu avec la RHD et je ne commerce plus avec Rungis malgré les sollicitations. » Pierre Beaujean s'en explique : « Durant trois ans environ, nous avons livré vers Rungis. Mais, outre le coût du transport, nous étions confrontés à la pleine période de production en Ile-de-France. Nous ne pouvions pas être concurrentiels. »

Vers une Section nationale salade ?

Pour rester compétitive, l'entreprise mise donc sur la commercialisation en local et sur la fraîcheur. « Le transport d'une salade d'Angers à Rungis revient à 0,10 € par tête. La salade de Perpignan qui arrive à Angers demande un coût logistique de 0,10 à 0,12 € par tête, ce qui représente jusqu'à 8 % du prix de la salade. Ce n'est donc pas négligeable. Dès nos premières récoltes, les grossistes préfèrent s'approvisionner chez nous pour des raisons de coût et de fraîcheur. » Les salades sont vendues prix départ de l'exploitation, la plupart des centrales (Carrefour, Système U) assurant la logistique. Les camions viennent chercher les palettes tous les jours en fin de matinée ou début d'après-midi, la coupe étant réalisée très tôt le matin. L'entreprise profite du réseau mis en place par ces centrales pour le ramassage des légumes chez les autres producteurs de la région, notamment nantaise. La livraison s'effectue en soirée pour une mise en rayon prévue le lendemain matin. Malgré son plan stratégique, la vente locale de produits ultra-frais, le maraîcher n'est pas à l'abri des aléas du marché. « Avec Légumes de France, assure-t-il, nous avons essayé il y a quelques années de mettre en place une plate-forme téléphonique tous les mardis entre fournisseurs des principales régions de production afin d'échanger sur les quantités à venir et les problèmes rencontrés. Cela a fonctionné un certain temps. Mais j'aurais voulu que la démarche aille plus loin avec un partage, par exemple, des plannings de semis. Mais cette initiative s'est terminée en 2015. » Pierre Beaujean s'active pour remettre un nouveau système en place avec l'espoir de créer une Section nationale salade.

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