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Huile d'olive bio
L'offre française bio, une niche dans la niche!

L'oliveraie bio en France se situe majoritairement dans le Sud-Est et en Corse. En 2013, les huiles d'olive bio représentaient entre 45 et 60 millions d'euros.

L'Afidol a organisé ses 5e Assises de l'oléiculture biologique à l'occasion des journées Tech&Bio Méditerranée spéciales cultures pérennes mi-octobre Le thème économique dominant était le panorama de l'offre française d'huile d'olive AB. « Une niche dans un marché de niche », a résumé Alexandra Paris, directrice du département Economie de l'Interprofession. Dans le monde, le verger oléicole bio s'établit à 576 041 ha, dont 168 119 ha en conversion. L'Union européenne détient 72,75 % des surfaces, la Tunisie 17,45 %, la Turquie 6,30 %, l'Argentine 0,66 %, le Maroc 1,94 %, le Chili 0,15 %, et les pays “autres” 0,75 %. La production mondiale d'huile d'olive bio varie entre 160 000 et 175 000 t, dont 60 000 à 70 000 t d'Italie, 60 000 à 80 000 t d'Espagne et 10 000 t de Tunisie. Le potentiel mondial est estimé entre 195 000 et 210 000 t, dont 180 000 t en Europe.

Avec 385 000 ha, l'oléiculture bio représente plus de 31 % des cultures pérennes européennes bio : 40 % en Espagne (168 039 ha), 39 % en Italie (164 488 ha), 15 % en Grèce (62 702 ha), 5 % au Portugal (18 345 ha) et 1 % en France (4 155 ha). « Le verger français d'olives a connu une croissance exponentielle depuis 2007 », indique Alexandra Paris. Il se situe majoritairement en Provence-Alpes-Côte d'Azur (61 %), suivi du Languedoc-Roussillon (28 %), de Rhône-Alpes (8 %) et de Corse (3 %). « Environ 650 t d'huile d'olive sont commercialisées en bio et le potentiel global s'élève à 900 t. » En 2013, le chiffre d'affaires estimé du marché de l'huile d'olive bio en France s'est établi entre 45 et 60 millions d'euros, dont 35 millions rien qu'en grande distribution. « C'est une progression de 16 % par rapport à 2012 et la croissance a été encore plus importante sur le premier trimestre 2014 : -18 % au 1er semestre 2014 pour seulement 3,8 % pour l'huile d'olive conventionnelle. »

Près de 47 % des ventes sont réalisées en grande surface alimentaire, 27 % dans les magasins spécialisés en réseau, 9 % dans les magasins spécialisés indépendants, 5 % dans le petit commerce de détail et 12 % en vente directe. « La distribution spécialisée est un créneau porteur dans lequel l'huile d'olive bio représente déjà 26 % des achats bio. » Ce circuit propose un choix plus important (cinq à dix références entre 10 et 12 € le litre) comparé à la grande distribution (deux à trois références avec des écarts de prix plus ou moins significatifs avec les huiles conventionnelles). Le choix est plus important dans la distribution “premium” avec sept références par exemple chez Monoprix et des prix plus élevés (de 9,80 à 11,53 € le litre).

Développer l'offre bio

Pour conclure, Alexandra Paris souligne : « Développer une offre bio ou convertir sa production en bio permet d'élargir la gamme des “huiles d'olive du Midi de la France” proposée, permettant peut-être de trouver de nouveaux consommateurs et de valoriser un savoir-faire spécifique. Pour un producteur, le bio vient en appui de l'aspect “achat en circuit court/achat au producteur” et peut permettre de se différencier. Pour les moulins et magasins de vente d'huile, le bio apporte un produit en plus dans la gamme des huiles proposées. Sur ce segment, la concurrence est plus forte. »

2014, une année de pénurie

Alors que certains moulins de la Vallée des Baux ont débuté la commercialisation de la récolte 2014, ce qui semble un record de précocité, globalement la filière est à la peine. « C'est le pire cauchemar depuis le gel de 1956, a indiqué Olivier Nasles, président de l'Afidol. Nous avons perdu la moitié des olives en raison des attaques virulentes de la mouche qui n'ont pu être contenues. La production conventionnelle n'a pas mieux résisté avec ses barrières chimiques que la production bio avec ses barrières minérales. Nous allons incontestablement vers une année difficile à surmonter. Il faudra en tirer les leçons et trouver des moyens complémentaires de recherche contre les insectes, voire une assurance récolte pour les oléiculteurs professionnels. » Au mieux, la récolte se situera autour de 1 500 à 2 000 t d'huile.

Les oléiculteurs ne pourront pas s'appuyer sur des réserves. En effet, après trois ans de petite production, les stocks sont vides. L'information était restée confidentielle, mais des moulins étaient déjà en rupture cet été. C. B.

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