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Portrait
L’œil de perdrix, une pomme de terre bicolore sous bonne garde

Depuis 1992, Didier Legendre s’est spécialisé dans les pommes de terre à chair ferme. Il a lancé depuis deux ans une nouvelle variété bicolore, la variété “œil de perdrix” dont il assure la promotion à Rungis ainsi que dans plusieurs Min de France.

Chez les Legendre, on a deux passions : les chevaux et la pomme de terre. Les chevaux, c’est le domaine de Pascale ; quant aux pommes de terre, c’est plutôt l’affaire de Didier. Leur exploitation agricole est située à Lamotte-Warfusée, à 30 km d’Amiens, en plein cœur du Santerre. Très tôt, Didier Legendre s’est spécialisé dans des pommes de terre “un peu insolites”. Il fut d’ailleurs l’un des producteurs historiques de la “ratte” pour la société Touquet Savour. Au départ, il les a cultivées puis, très vite, il a développé une activité commerciale.

La relance de la Vitelotte
C’est ainsi qu’il fut le premier en France à remettre au goût du jour la Vitelotte, un tubercule qui était sorti depuis longtemps du catalogue européen et qu’il a commencé à multiplier chez lui. « C’était en 1992, année durant laquelle la DGCCRF m’a autorisé à commercialiser 30 t de Vitelotte noire », se souvient-il. Une autorisation qui lui est accordée à titre exceptionnel. « Pour les pommes de terre commercialisées sur le marché français et pour la campagne 1992-1993 », précise un courrier officiel du bureau des fruits et légumes frais. Depuis, la Vitelotte a parcouru un beau petit bout de chemin – via de grands restaurateurs ou diverses sociétés comme Family Chips (qui a produit des chips de Vitelotte) ou Bayard Distribution – et qui ont mis en avant sa spécificité.

Des bourriches avec tourbe
Depuis la création de sa première entreprise commerciale en 1992 (Royal Santerre), Didier Legendre n’a pas été épargné par les épreuves. La chance n’a pas toujours été au rendez-vous, même si elle lui a souri à une certaine période de sa vie. Car Royal Santerre a connu un développement important. Didier Legendre avait une clientèle anglaise qu’il fournissait à partir d’un centre de conditionnement développé à Jargeau tout près d’Orléans et où il commercialisait les productions de producteurs locaux spécialisés dans la chair ferme. Son truc à lui, c’était la grenaille de ratte : des petits calibres peu ou pas valorisés dans les circuits habituels. Il parcourt les salons professionnels, déniche des machines et réfléchit surtout à de nouveaux emballages. En 1992, il commercialise déjà sa grenaille de ratte en bourriche de 5 kg, avec toile de jute et tourbe accompagnée de fiches-recettes numérotées.
Il déménage son siège social de Lamotte-Warfusée dans le Loiret. Les affaires prospèrent. Il ouvre un magasin de fruits et légumes, reprend un hôtel-restaurant à Orléans, crée un centre de conditionnement à Marrakech avec un associé… En 2001, onze personnes travaillaient dans les 3 000 m2 de bâtiment (sur une superficie de 30 000 m2) implantés sur la zone industrielle de Jargeau sous la direction de René Lebrun, responsable du centre.
Jusqu’à ce qu’un coup d’arrêt brutal soit porté à son développement le 1er juin 2001. Un redressement judiciaire aussi soudain qu’inattendu met un terme à son activité. Fournisseurs et transporteurs le quittent aussitôt, avant même d’en connaître les raisons précises. Pour Didier Legendre, l’épreuve est rude. Et la campagne 2002-2003 aura été la plus difficile de son aventure professionnelle.

Un nouveau départ
Mais aujourd’hui âgé de 48 ans, il reste plus que jamais accroché à la pomme de terre, diffusant des variétés à chair ferme comme les rattes, cornes de gatte… ou l’œil de perdrix. Tous ses essais n’auront pas été forcément des succès ; pour preuve ceux menés en 2004 avec la variété “Picasso” qu’il est contraint d’abandonner l’année suivante. « Le tubercule n’était pas génétiquement stable, il produisait surtout de gros calibres alors que je cherchais avant tout de la grenaille », explique-t-il.
Aujourd’hui, il a racheté une partie des matériels qu’il avait installés à Jargeau et qu’il vient tout récemment de rapatrier chez Comyn Distribution à Rosières-en-Santerre (Somme). De là, il développe désormais la commercialisation de ses variétés spécifiques qu’il fait notamment connaître par le biais d’animations développées sur les Min.

Un clin d’œil de bonheur
L’œil de perdrix, c’est une de ses dernières découvertes. Il reste très discret sur son fournisseur de plants et les conditions dans lesquelles la rencontre s’est effectuée. Tout juste donne-t-il l’année de sa découverte (2004) et situe vaguement la région (la Bretagne).
« Dans le monde de la pomme de terre, on n’hésite pas à se concurrencer », souligne-t-il. Tous les coups sont d’ailleurs permis, il en a souvent eu la preuve. Alors, il veut garder une longueur d’avance sur de potentiels concurrents.
Avec ses taches rosées situées à certains yeux du tubercule, sa nouvelle variété se distingue « au premier coup d’œil ! ». « C’est une variété bicolore rouge et jaune », ajoute-t-il. Il s’est spécialisé dans la commercialisation de la grenaille produite par une dizaine de producteurs du Loiret. Il demande à ce qu’elles soient défanées avant la maturité de façon à en obtenir le maximum. En 2008, il en a produit 70 à 80 t. Cette année, il voudrait en commercialiser 60 à 70 t via sa nouvelle société “Loire Saveur”.
Quant à la distribution, Didier Legendre s’appuie sur la maison Giltaite, un répartiteur de Rungis qui s’occupe des commandes entre les différents clients, sur les établissements Vinas de Rungis ainsi que sur les établissements Blampin pour la province.
L’œil de perdrix ? « Elle est pleine de saveur et de douceur, c’est un véritable clin d’œil de bonheur », explique Didier Legendre. Il faudrait être aveugle pour ne pas le croire.

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