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Interview
« L’objectif majeur est de conserver la Gariguette »

Michel Piquet, vice-président de l’AOPn Fraise et président de Cadran de Sologne, revient sur l’étude du CTIFL réalisée par Catherine Roty et sur les fraises françaises face aux fraises étrangères.

Fld : Quel regard portez-vous sur l’étude du CTIFL ?
Michel Piquet :
Le travail de Catherine Roty, que je considère comme très bon, présente un ressenti consommateur qui n’a pas forcément grand-chose à voir avec les idées que nous pouvons en avoir. Vice-versa, nous pouvons penser que ce que pensent les consommateurs, ce n’est pas la réalité. La façon dont les gens perçoivent la fraise en général – l’aspect gustatif, l’origine du produit, la façon dont on produit – est à cent lieues de la réalité technique. Cet avis, il faut qu’on l’admette. Nous sommes souvent dans une situation où les médias racontent tout et n’importe quoi, même du mensonge et de l’effrayant.

Fld : Vous pensez au traitement que les médias réservent à la fraise espagnole ?
M. P. :
Quand je lis dans un journal destiné aux jeunes que la fraise de Huelva est une fraise de contre-saison, on oublie la lumière et un climat qui permet de ne pas chauffer les serres ; on oublie aussi que c’est la Communauté européenne qui avait voulu faire de l’Espagne du Sud le jardin de l’Europe.

Fld : Comment la fraise française peut-elle s’en tirer ?
M. P. :
Le fait de bien réussir une saison, c’est toujours le petit déséquilibre d’offre. La campagne 2010 a été correcte d’un bout à l’autre, mais c’était clairement lié à une présence espagnole moins pesante que d’habitude. Ce léger manque de produit espagnol a eu une incidence, même si, chez nous en Sologne, le point déterminant est le moment de l’arrivée des fraises allemandes. Il faut bien reconnaître que c’est plus compliqué de vendre la fraise française. L’Espagne offre un produit standardisé sur un nombre de semaines important. Nous, nous sommes présents sur quelques semaines seulement, avec un produit très différent.

Fld : Qu’est-ce qui vous paraît important ?
M. P. :
La mise en avant de l’origine régionale : la fraise de Plougastel, le Label Rouge développé en Lot-et-Garonne, par exemple. J’ajouterais la qualité et la typicité du produit français, le travail de cohésion de l’AOP nationale, la vitalité et le dynamisme des OP, dont la mienne.

Fld : Sur la perception des serres par le consommateur ?
M. P. :
C’est un point sur lequel les façons de voir divergent complètement entre les consommateurs et nous. L’image du sous serre et de sa productivité est liée à la façon dont certains mouvements et médias forment l’esprit des gens. On leur fait croire de l’irrationnel et du rêve. Nous essayons de communiquer de notre mieux.

Fld : Quid de Gariguette ?
M. P. :
Il faut impérativement avoir une gamme de produits, pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et parce que le commerce le demande. Aujourd’hui un producteur lambda tire une partie majeure de son revenu avec Gariguette. L’objectif est de la conserver : il faut la “bichonner” à fond, être très appliqué dans notre façon de la produire, de la ramasser. Nous menons des actions techniques dans le choix des plants. Comme nous sommes une région de production assez tardive, notre OP impose l’introduction de bourdons dans toutes les serres de Gariguette. A travers la fertilisation, nous combattons les problèmes particuliers à cette variété : pointes blanches et acidité. Notre emballage est bien connu, avec Gariguette écrit en rouge sur fond vert. Pour les barquettes, nous travaillons en 250 g à fond à bulles depuis longtemps, après avoir essayé le bois. Le coût nous a freinés. Le consommateur n’aime pas les bulles, mais elles ont été imposées par la GMS dont la part augmente de façon régulière, inéluctable. Elle représente aujourd’hui près des deux tiers de nos ventes.

Fld : Le CTIFL souligne la nécessité de maintenir un niveau d’offre…
M. P. :
Je ne suis pas certain que les volumes diminuent encore. Entre 1998 et 2002, on a vécu un séisme : la production est passée de 54 000 t cotisantes à 16 ou 17 000. Maintenant, nous sommes plutôt sur un palier de 17 à 18 000 t et je pense que nous avons atteint notre niveau le plus bas. Je dirais que nous sommes plutôt sur un maintien des volumes, voire une légère hausse. J’ai plutôt le sentiment que la production se redresse un peu, en particulier chez les OP. Et les ateliers se multiplient dans la proximité des villes.

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