Transport frigorifique
L’inquiétude demeure très forte chez les professionnels pour 2010
Hausse des coûts de revient, , revalorisation des rémunérations, forte pression des donneurs d’ordre : le transport routier en température dirigée pourrait souffrir cette année.
L’heure n’est pas aux réjouissances pour le secteur du transport routier sous température dirigée. L’UNTF (Union nationale du transport frigorifique) a récemment pris position sur la situation de ses adhérents, dans la foulée des événements de la fin de l’année 2009 (menace de blocages des plates-formes de la distribution finalement écartée au dernier moment). L’UNTF ne peut que prendre acte des décisions qui ont été prises à cette occasion, à savoir les hausses de rémunérations des minima conventionnels (de + 2,9 % à + 4 % selon les catégories) et des frais de déplacement (+ 3 %). La semaine dernière, le gouvernement a présenté son intention de prendre un arrêté rendant obligatoire l’accord salarial en question (cf. le JO du 10 janvier 2010).
Cependant, l’UNTF tire la sonnette d’alarme : « L’impact sur la hausse des coûts de revient va être de 1,5 à 2 % en fonction des trafics, distribution régionale, tournée ou tractions longues distance », souligne-t-elle dans un communiqué. Et d’expliquer que l’accord social, une fois entré en vigueur, va entraîner une hausse substantielle de la masse salariale avec des effets sur les coûts de revient des entreprises. Il faut en effet savoir que dans le transport frigorifique, les frais de personnel (conducteurs et sédentaires) représentent 40 % de l’ensemble des coûts de revient.
C’est que l’année 2010 s’annonce sous de mauvais auspices. « Les publications des comptes 2009 vont mettre en exergue une situation extrêmement difficile : en 2007, sur l’ensemble des opérateurs du transport frigorifique, le ratio résultat net/chiffre d’affaires était de 1,35 %. Il est passé à 0,7 % en 2008. Il est à craindre qu’il soit inférieur ou égal à zéro en 2009 », explique le syndicat. De plus, les négociations tarifaires pour 2010 s’annoncent dans un contexte difficile, de nombreux donneurs d’ordre jouant sur les effets de surcapacité pour multiplier le recours aux appels d’offres. L’UNTF souhaite donc demander l’ouverture d’une véritable discussion de fond afin « d’éviter la paupérisation du secteur. »