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L'Espagne s'attend à des petits calibres cette année

Après une campagne satisfaisante d'un point de vue rémunération aux producteurs, Anecoop prépare sa nouvelle campagne.

Dans un contexte de climatologie compliquée en Espagne sur la dernière campagne, les volumes envoyés en France ont baissé d'une manière générale de 10 à 12 %. Pour Anecoop, cette diminution n'a représenté que 6 à 7 %. La société a expédié 75 000 t d'agrumes. « On a récupéré en quote-part, hors citron où on a une représentativité plus faible. En oranges et clémentines, Anecoop est à 10 % de quote-part », explique Jean-Luc Angles, directeur commercial d'Anecoop France.

« La campagne 2015-2016 d'agrumes chez Anecoop a été globalement satisfaisante pour nos producteurs, souligne-t-il. Cela faisait quelques années qu'on n'avait pas pu respirer et rémunérer les producteurs sur leurs coûts de production, même en cœur de saison (clemenules, naveline).

On a compensé la baisse de volumes par une augmentation de la rémunération et on a su avoir un taux de profitabilité très correct, que ce soit en termes de variété ou de calibre. » Quelques centimes de plus au niveau du prix de cession sont répercutés directement sur les prix producteurs ; 5-6 centimes de plus peuvent faire monter la rémunération aux producteurs de 30 à 40 %. « On se bat pour des centimes car l'effet de levier est important. En orange, on a bien pu expliquer à nos clients qu'il y aurait moins de volumes et qu'il ne fallait pas mettre en place des opérations qui porteraient atteinte à la valeur. Ce message a été globalement entendu. » Et dès février, les niveaux de prix ont remonté.

En citron, il n'y a aucune élasticité des volumes en fonction du prix

 

La situation était semblable pour les clémentines, avec moins de pression sur les volumes et des calibres plus relevés. Les petits calibres n'ont pas tiré le marché vers le bas. La saison s'est bien passée, et s'est encore raffermie avec la nadorcott, une bonne commercialisation de la clemenvilla également. En citron, Anecoop –comme le reste de l'Espagne – a eu une campagne avec des volumes extrêmement faibles. « Cette saison a confirmé ce que tout le monde savait : en citron, considéré comme un condiment, il n'y a aucune élasticité des volumes en fonction du prix, c'est-à-dire que les gens continuent de l'acheter (à l'unité) peu importe le prix, explique Jean-Luc Angles. Sur les lignes que nous avons favorisées, les volumes se sont maintenus et les prix sont montés très hauts. » La saison a été très courte. En verna, les prix n'ont pas compensé le manque de volumes.

Prévisions 2016-2017

Anecoop a commencé la clemensoon qui est une variété précoce le 15 septembre. Les conditions sont plutôt bonnes et les volumes en progression (nouveaux vergers en production).

 

Cette variété mise à part, Anecoop annonce une progression de 30 % du nombre de fruits sur arbre. Cela ne se traduira pas nécessairement par une progression de 30 % des volumes : la sécheresse dramatique pourrait entraîner beaucoup de petits calibres et des calibres non commerciaux. « A date identique [mi-octobre, NDLR], le pourcentage d'utilisation des fruits est nettement inférieur à l'année dernière », précise Jean-Luc Angles. Un recul des calibres (4-56-7) est prévu en première partie de saison en oranges. Les prévisions sont identiques en clémentines.

 

Cette tendance est généralisée à l'Espagne. « Même s'il pleut, nous aurons quand même des calibres inférieurs. On regagnera peut-être un ou deux calibres, prévoit Jean-Luc Angles. On se tournera beaucoup vers l'industrie. » Anecoop possède sa propre filière industrie, Agriconsa, première usine à jus du pays. L'inquiétude est cependant présente car « les petits calibres aiguisent l'appétit des distributeurs pour des promotions, ce qui ne permet pas de rémunérer les producteurs ». En citrons, « on s'attend à la même dynamique, avec 30 % de fruits sur arbres en plus en primofiori. A voir avec la climatologie comment cela va se traduire. On a ralenti les récoltes car les calibres étaient trop petits. »

De nombreux axes de recherche

Anecoop croit beaucoup aux produits à chair rouge (type sanguine pour les agrumes), le rouge ayant une connotation positive pour la santé. « Nous cherchons donc une orange de bouche à chair et peau rouges », explique Jean-Luc Angles.

 

En clémentines, la variété de référence d'Anecoop est la clemenules, très appréciée du consommateur français en termes gustatif. « On pense que c'est la réponse au marché pour deux ou trois ans, plutôt que la nadorcott. Nous cherchons donc une variété avec la typologie de la clemenules qui serait disponible en deuxième partie de saison, c'est-à-dire de février à avril. »

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