Aller au contenu principal

Agrumes
Les producteurs corses ont choisi de ne pas déverdir

Jusqu'à fin novembre, la clémentine Corse présente un “cul vert”, qui a réussi à s'imposer sur le marché grâce à l'IGP et la communication.

En Corse, les 130 producteurs de clémentines ont pris le parti de ne pas déverdir. Le cahier des charges de l'IGP, obtenu en 2007, stipule que les clémentines, récoltées à la main avec leurs feuilles à maturité optimale, ne doivent subir aucun traitement après récolte. Le stockage est donc minimal et la mise en rayon doit se faire sous les six jours. Les fruits ne sont pas déverdis. Ainsi, jusqu'à fin novembre, les écarts de températures étant insuffisants pour obtenir un épiderme entièrement coloré, la clémentine corse présente un “cul vert”. Sur un marché français habitué aux agrumes bien colorés, la clémentine corse et son “cul vert” ont réussi à s'imposer. « On a fait de notre défaut une qualité !, explique Jean-Paul Mancel, président de l'Aprodec (Association de promotion et de défense de la clémentine corse). Grâce à la communication, le consommateur a finalement compris l'évolution de la coloration de nos fruits tout au long de la campagne. » La communication a commencé il y a presque dix ans, avec l'obtention de l'IGP qui s'est accompagné d'un budget communication.

Un réseau de spécialistes réalise chaque semaine des analyses sur l'ensemble des vergers. Le taux de sucre, l'acidité, le rapport entre ces deux paramètres et le taux de jus indiquent quand la mise en marché peut être lancée. Puis chaque producteur réalise une analyse de déclenchement pour affiner la décision. « Cette démarche permet d'assurer la maturité interne du fruit », précise Jean-Paul Mancel. La récolte se fait en trois ou quatre passages en fonction de la coloration. « A vendre un fruit mûr, on joue avec le feu, en prenant le risque de subir des imprévus climatiques », précise-t-il.

Face à ce risque, pourquoi choisir de ne pas déverdir ? « Face aux Espagnols, qui ont des années d'expérience en déverdissage, nous n'étions pas concurrentiels. Le fait de ne pas déverdir nous a permis de nous démarquer. Idem pour la présence des feuilles sur le fruit : on se démarque et cela garantit la fraîcheur. Preuve que cette démarche fonctionne : maintenant c'est nous qui sommes copiés ! »

Les plus lus

<em class="placeholder">Un champ de chou-fleur en Bretagne.</em>
Crise sur les légumes d’hiver : « Il faut que toute la filière fasse de la pédagogie sur le vrai prix des légumes »

La météo très douce, qui a accéléré les cycles de production tout en limitant la consommation, entraîne une crise sans…

<em class="placeholder">Vue extérieure du bâtiment de la casserie de l&#039;entreprise Escoute,  à Penne d’Agenais (Lot-et-Garonne)</em>
Amandes dans le Lot-et-Garonne : la casserie d’Escoute au service de la relocalisation de la production

Le projet de relocalisation de la culture de l’amande dans le Sud-Ouest, porté par l’entreprise Escoute, vient de franchir une…

<em class="placeholder">Cédric Sanchez, arboriculteur à l&#039;Ile-Sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales.</em>
Clémentines en Pyrénées-Orientales : intégrer le risque de gel et de froid

La clémentine s’impose comme l’une des voies de diversification dans les vergers des Pyrénées-Orientales. Les références…

Maraîchage en région nantaise : l’automne trop doux génère une crise

Comme d’autres régions, le maraîchage nantais connaît une forte crise liée à l’automne trop doux qui a entraîné l’accélération…

<em class="placeholder">Anthony Garcin, maraîcher à Guimps en Charente. </em>
Maraîchage en Charente : « Je blanchis mes serres multichapelles une fois par an »

Anthony Garcin, maraîcher à Guimps en Charente, a témoigné de sa stratégie pour limiter les hausses de température sous abri…

<em class="placeholder">Régis Aubenas, producteur de nectarines et abricots dans la Drôme, président de l&#039;association Fruits Plus et élu à la chambre d&#039;agriculture de la Drôme. </em>
Arboriculture dans la Drôme : la reprise des expérimentations de la Sefra s’organise
La liquidation de la station expérimentale fruits Rhône-Alpes (Sefra), en juillet 2025, était « inévitable » selon…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes