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Nouveaux métiers
Les primeurs revoient leurs CQP et leur métier

Pour faire reconnaître leurs métiers et accompagner les évolutions de leur secteur, les primeurs déploient toutes leurs armes.

Dans une tendance à l'évolution de tous les métiers, liée à l'arrivée massive du numérique, de site web marchand, d'une offre de fraîche découpe dans les rayons tant des primeurs que de la grande distribution et de la mécanisation dans les exploitations comme dans les champs, les métiers dans la filière des fruits et légumes évoluent. Pour preuve, l'Union nationale des syndicats de détaillants en fruits et légumes et primeurs (UNFD) – en partenariat avec l'AFFLEC – a repensé totalement les référentiels de formation des Certificats de qualification professionnelle plus communément appelés CQP. C'est même cette année que l'IFOPCA, qui forme aux métiers de la branche du détail en fruits et légumes, a mis en place la première session de formation préparant au CQP Employé de vente du commerce alimentaire de détail. Celle-ci s'est déroulée du 10 octobre au 28 novembre en partenariat avec Pôle Emploi. Le remodelage de ces formations porte sur le CQP Employé de vente du commerce alimentaire de détail, le CQP Vendeur conseil primeur, le CQP Manager d'unité commerciale du commerce alimentaire de détail. « On a retravaillé sur la refonte des CQP car nous avons la même convention que les crémiers-fromagers, les épiciers, les cavistes et les magasins bio. Nous avons retravaillé tous les référentiels au niveau de notre branche, explique Chrystel Teyssèdre, présidente de l'UNFD. Dorénavant, nous avons un CQP transversal qui est le premier niveau. Le salarié ainsi formé doit être capable d'accueillir la clientèle, mais il n'est pas spécialisé fruits et légumes, par exemple. Nous avons construit cette formation avec un système de modules, une fois ce CQP transversal en poche, l'employé peut faire le pas suivant et se former en huit mois vers plus d'expertise avec le CQP Vendeur conseil primeur. »

De nouveaux CQP pour séduire davantage les jeunes

Enfin, un troisième CQP voit le jour, tourné vers le management qui permet à la personne de diriger ou de reprendre un point de vente quelle que soit sa spécialisation dans la branche réunissant les primeurs, les fromagers, les cavistes, etc. Quant à la raison de cette refonte, Chrystel Teyssèdre est catégorique : « Nos CQP vivaient depuis plusieurs années et n'étaient pas forcément attractifs pour nos filières. On a souhaité les refondre pour que les jeunes ou moins jeunes puissent accéder à nos métiers plus facilement. C'est articulé en module pour permettre aux personnes d'avancer, de progresser au sein des entreprises. Et aujourd'hui, c'est une réussite, nous avons un peu plus de vendeur en fruits et légumes qu'avant. »

Quant au numérique, elle préfère accentuer sur le fait que le métier de primeur est avant tout un « métier au contact de la clientèle », « on sert le client, on le conseille. Le métier change bien sûr, on a presque tous des sites web vitrine plutôt que des sites marchands, car il faut tenir compte de la complexité de la réglementation pour faire vivre un site marchand web ». Celui-ci doit être mis à jour quotidiennement, car les prix varient tout comme les origines. Pour autant, elle concède que les métiers changent. Le drive commence à tailler des parts de marché partout, y compris auprès des détaillants. « Nous, nous avons notre spécificité, nous restons dans la relation humaine la proximité », insiste-t-elle.

Chez certains détaillants, en se modernisant, on embauche. C'est le cas chez Clotilde Jacoulot à Morteau, qui vient de monter un laboratoire de fraîche découpe dans son nouveau magasin. Pour répondre à la demande grandissante des clients, une personne est chargée de l'offre, « Aujourd'hui, quand un primeur se lance dans une offre de fraîche découpe, il se rapproche forcément de notre syndicat et du CTIFL. Il ne se lance pas sur un coup de tête. Et si une personne est embauchée spécifiquement, il faut qu'elle soit formée aux règles d'hygiène mais ce n'est pas forcément un cuisinier. C'est une évolution du métier chez nous, la formation aux règles d'hygiène est proposée par le CTIFL, ou encore les CCI, etc. »

De nouvelles réglementations et offres demandent de nouvelles compétences

En parallèle, Christel Teyssèdre s'inquiète. « Ce qui nous pose problème, ce sont les allergènes, la nouvelle réglementation nous oblige à communiquer auprès de nos clients sur la présence d'allergènes mais aussi sur les valeurs nutritionnelles de jus de fruits ou soupes préparés dans le magasin. C'est dans cette optique que nous avons retravaillé avec le CTIFL tous les guides de bonnes pratiques d'hygiène et tout ce qui concerne le préemballé [cf. page 42]. Nous nous préparons car, pour l'instant, rien n'est encore obligatoire, mais nous ne serions pas étonnés d'avoir de grosses contraintes. »

Par ailleurs, l'UNFD travaille avec le ministère de l'Education nationale sur la reconnaissance d'un diplôme d'Etat. « Le Bac Pro est toujours d'actualité. Le ministère est en train de revoir tout le dispositif Bac Pro Vente et commerce, note encore Christel Teyssèdre. L'idée, c'est de savoir ce que l'on garde. Nous, on souhaite se greffer sur cette réforme pour conduire à la création d'une option “Vente de fruits et légumes” », mais ce lourd travail devrait prendre plusieurs mois. Ce qui explique le fait que l'UNFD se soit penché en même temps sur la refonte des CQP.

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