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Les nouveaux enjeux de la pulvérisation

La problématique de réduction des produits phytosanitaires passe par de multiples leviers, parmi lesquels l’application elle-même. Les avancées de la recherche sur ce sujet ont fait l’objet d’une journée interfilière en novembre.

La limitation de la dérive est un aspect de la pulvérisation étudiée au cours du projet Capriv, présenté par Yoan Hudebine du CTIFL.
La limitation de la dérive est un aspect de la pulvérisation étudiée au cours du projet Capriv, présenté par Yoan Hudebine du CTIFL.
© RFL

Une journée interfilière était consacrée fin novembre aux différentes techniques d’application des produits phytosanitaires qui permettent une réduction de leur utilisation. Les journées interfilières organisées par l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), Innovin, le CTIFL et Agri Sud Ouest Innovation s’attachent depuis 2019 à échanger sur les problématiques partagées par les différentes filières agricoles. L’édition 2021 s’est tenue sur le centre opérationnel de Lanxade (Dordogne) du CTIFL.

La pulvérisation, qui permet aussi bien de traiter les maladies, les insectes, les adventices, ou encore de fertiliser le feuillage, évolue face aux enjeux environnementaux. Pulvérisation de précision avec adaptation des doses, outils d’aide à l’application, pulvérisation robotisée ou électrostatique, pulvérisation par drone ou par micro-injection… les techniques se réinventent et s’adaptent aux besoins des filières. Et ce, en impliquant des acteurs venant d’autres milieux que le milieu agricole, celui du numérique en premier lieu. La détection des adventices associée dans le même temps à l’application localisée d’herbicides est ainsi un objectif de travaux réalisés en grandes cultures présentés par Inès Teeaert d’Arvalis. « Aujourd’hui, la détection des adventices et la pulvérisation se font en deux temps. Mais la détection en temps réel arrive », a-t-elle assuré.

Comment adapter les doses

Bertrand Alison, de la station Sud Expé, a présenté des travaux préliminaires sur l’adaptation des doses en vergers de fruits à noyau. « Nous nous sommes demandé si les méthodes d’adaptation des doses développées sur pommier dans le cadre du projet Pulvarbo pouvaient être adaptées aux vergers de fruits à noyau, pour lesquels la forme dominante est le gobelet », a témoigné l’expérimentateur. Une demande de projet a été déposée pour poursuivre les premiers essais réalisés en 2021.

L’adaptation des doses à la vigueur des plantes intéresse aussi la filière viticole, comme illustré par le projet Oiseau mené par l’IFV. Celui-ci consiste à utiliser une cartographie satellite pour rendre compte des différences de vigueur entre parcelles et au sein d’une même parcelle, puis d’en tirer une carte de doses à appliquer selon les zones. Des techniques d’application autres que les traitements par un pulvérisateur ont également été évoquées par les intervenants, comme la pulvérisation par drone.

Celle-ci est espérée par les viticulteurs ou arboriculteurs pour les parcelles non mécanisables à cause de fortes pentes par exemple. « Mais elle se heurte à la réglementation française qui interdit l’épandage aérien de produits phytosanitaires », a rappelé Xavier Delpuech de l’IFV. Une dérogation pour l’expérimentation, qui a pris fin en octobre 2021, a permis de réaliser les essais du projet Pulvédrone. La méthode est désormais évaluée par l’Anses.

Réduire l’exposition des riverains

Yoan Hudebine, CTIFL, a partagé les principaux objectifs du projet Capriv, qui vise à concilier application des produits phytosanitaires et protection des riverains. Ce projet concerne les trois filières arboriculture, viticulture et grandes cultures à travers quatre actions : définition d’une méthodologie harmonisée pour évaluer la dérive et l’exposition des riverains ; identifier et valider des solutions techniques pour réduire la dérive ; évaluer les barrières physiques pour réduire l’exposition des riverains ; et enfin définir les critères et outils d’évaluation de l’exposition potentielle des riverains via l’atmosphère.

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