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Les modes de destruction des engrais verts

Des essais du Ctifl de Carquefou montrent l'impact du mode de destruction des engrais verts sur la vigueur et la qualité sanitaire de choux-fleurs. La destruction par occultation pourrait être un bon compromis.

Dans le cadre du projet régional Pays de la Loire Atila 2016-2019, porté par l’Arelpal, qui vise à démontrer l'efficacité de certaines techniques de culture simplifiées, des essais ont été engagés au Ctifl de Carquefou sur l'effet du mode de destruction d'engrais verts, implantés avant une culture de chou-fleur, sur la vigueur et la qualité sanitaire de la culture. « L'idée est que si le sol est en bonne santé grâce à un engrais vert, la reprise des plants et donc leur vigueur sont améliorées, et que la culture est de ce fait moins sensible aux ravageurs et maladies » explique Sébastien Picault, ingénieur de recherche et d’expérimentation au Ctifl.

Différents modes de destruction par occultation

En 2016-2017, un couvert hivernal a été implanté sur trois parcelles avant une culture de chou-fleur. Deux engrais verts ont été testés : le Chlorofiltre 31 (avoine rude 56 %, vesce commune ultra précoce 36 %, trèfle d'Alexandrie 8 %) et le Chlorofiltre 30H (seigle multicaule 60 %, vesce commune d'hiver 30 %, trèfle incarnat 10 %). Trois modes de destruction du couvert ont été comparés : un travail du sol classique (couvert enfoui par deux passages de rotovator), un travail modéré du sol ou strip-till (roulage du couvert par deux passages de rouleau Faca et travail du sol uniquement sur la ligne de plantation, les résidus étant conservés sur l'inter-rang) et une destruction par occultation sans travail du sol (roulage du couvert, résidus conservés sur le sol, bâchage pour occultation pendant deux-trois semaines).

Un engrais vert vivant dans l’inter-rang

Les premiers résultats montrent des points positifs et négatifs de chacun des trois modes de destruction du couvert. Les deux modes de destruction par occultation et par strip-till conduisent à une meilleure structure de sol, plus grumeleuse, avec une activité des vers de terre plus intense. Dans le mode strip-till, l'engrais vert conservé sur l'inter-rang a, par contre, repris de la vigueur rapidement, favorisé par des pluies, et a étouffé les choux plantés ensuite. La sensibilité des plants de choux aux maladies n'a pu être évaluée du fait de l'absence de maladies lors de l'essai. Mais en ce qui concerne les ravageurs, il y a eu significativement moins d'altises dans la modalité strip-till. « Un engrais vert vivant dans l'inter-rang protège la culture des altises et sans doute d'autres ravageurs » constate Sébastien Picault. L'enracinement a aussi été meilleur dans la modalité strip-till, avec un chevelu très développé, alors qu'avec le mode de destruction classique par rotovator, les choux n'avaient qu'un pivot central, la destruction par occultation entraînant un développement racinaire intermédiaire. Au final, le rendement après destruction du couvert par strip-till a été inférieur à celui des deux autres modalités, du fait de poids de pomme inférieurs, et la récolte plus tardive.

Choisir un engrais vert pas trop robuste

Les essais sur un an montrent donc qu'une destruction de l'engrais vert par strip-till entraîne une bonne structure de sol, plus aérée, permet un bon enracinement et limite les altises et sans doute les autres ravageurs du chou. Mais comme la culture a été étouffée par l'engrais vert qui a redémarré sur l'inter-rang, le rendement a été significativement inférieur et la récolte plus tardive. La destruction au rotovator donne de bons résultats en l'absence de ravageurs importants, mais affaiblit davantage le sol que les autres modalités. En cas de présence des piérides du chou, la culture y est aussi plus sensible. Enfin, la destruction par occultation donne des résultats intermédiaires. « Ce mode de destruction de l'engrais vert pourrait être un bon compromis permettant un bon enracinement, une moindre sensibilité aux ravageurs et peut-être aux maladies, sans risque d'étouffement par l'engrais vert » estime Sébastien Picault. Les essais vont se poursuivre en 2017-2018 en modifiant les engrais verts utilisés. « Pour limiter le risque d'étouffement de la culture lié au redémarrage du couvert hivernal, un engrais vert pas trop robuste et qui ne monte pas trop haut est sans doute nécessaire. Un engrais vert à base de trèfle pourrait ainsi être intéressant ».

Le strip-till une méthode issue de l’agriculture de conservation

Le strip-till est une technique de travail du sol localisé où seul le futur rang de semis ou de plantation est travaillé dans des engrais verts préalablement détruits par roulage, bâchage ou gel. La technique concerne donc toutes les cultures semées ou plantées en ligne. La méthode demande un équipement spécifique : un strip-tiller. Ce matériel est principalement issu des grandes cultures pour de l’agriculture de conservation. Les plans d’une version à auto-construire sont disponibles sur le site de L’atelier paysan (www.latelierpaysan.org). Le matériel se compose de disques de coutre ouvreurs pour couper le couvert au sol, et de dents pour travailler le sol sur 10 à 25 cm sur une profondeur de 5 à 30 cm. L’outil peut s’atteler directement derrière un rouleau Faca. Les outils proposés par les fabricants sont équipés à l’arrière d’un rouleau pour venir appuyer la bande travaillée et affiner la terre de surface. Le semis combiné n’est pas recommandé. En revanche, il est possible de combiner le strip-tiller avec un distributeur de fertilisants.

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