Les marges à l’index
La France veut supprimer les marges arrière. « C’est dans l’accroissement de la concurrence […], dans la suppression des marges arrière qu’il faut aller chercher le pouvoir d’achat », a déclaré Nicolas Sarkozy. Le monde de la grande distribution approuve. A les entendre, on a même le sentiment que les GMS sont les grandes victimes de ces fameuses marges. Les supprimer, « c’est donner la possibilité aux distributeurs de négocier les tarifs des industriels, de maîtriser notre stratégie sur les prix des consommateurs », explique Serge Papin. On se demande bien pourquoi lorsqu’en 2005 le Parlement a voté l’encadrement très strict des marges arrière pour les produits agricoles, dont les f&l, il y a eu à l’époque un tel tollé. Ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est donc, en gros, la suppression de la loi Galland, loi protectrice des fournisseurs de la distribution. Au nom de la lutte pour le pouvoir d’achat, on fait comme les marges, un grand bond en arrière. Quant à l’efficacité de la mesure, elle reste à prouver. En 2006, les Irlandais suppriment le Groceries Order (leur loi Galland à eux). Et contrairement aux attentes, les prix des articles ménagers, de la nourriture et des boissons ont augmenté de 16 %. A méditer.