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Produits d'import
Les infortunes de l'Europe pèsent sur l'importation

Les pays solvables dopent les prix des fruits d'hémisphère sud. L'Europe reste à la traîne et valorise mal ses produits locaux.

Les aléas du climat, donc de la qualité, compliquent l'importation des fruits. En provenance d'Espagne comme du Maroc, les petits agrumes brunissent vite et doivent être retriés après seulement quelques jours de transit. Même l'Afourer souffre du climat en ses terres marocaines : le quota de 3 000 t hebdomadaire destiné au marché russe est difficile à atteindre.

Au départ d'hémisphère Sud, les destinations solvables surfaient pour capter la qualité. Au Chili, les acheteurs d'Asie et du Moyen-Orient sont même coiffés au poteau par les nord-américains. Aux Etats-Unis, l'effet baisse du pétrole est annulé. Le rythme annuel de l'inflation s'approche de la barre des 2 %. Les probabilités de nouvelle hausse des taux et de poussée du dollar sont renforcées. La trésorerie des entreprises est abondante. Même celle des importateurs de fruits qui n'hésitent pas à garantir des prix d'achat minima élevés, jusqu'à 24 $ Fob en pomme Gala.

Même si elles ne sont pas toutes infortunées, les sociétés de négoce européennes n'ont pas la même visibilité.

Pink Red Globe

Comme pour l'Afrique du Sud, les exportateurs du Chili ont aussi une forte proportion de fruits de qualité moyenne. Le Niño commence à refluer. Mais après la longue période humide, dans son sillage a persisté une grande douceur. C'est pourquoi les fruits sont irréguliers en termes de calibre et de coloration. C'est ce que montrent les premières prévisions d'exportation de pomme de Décofrut.

En raisin, les Thompson Seedless qui sont chargés pour une mise en marché à partir du 15 mars sont bien pâles. Les arrivages de Red Globe qui ont déjà été débarqués à Rotterdam sont plus rose clair que rouges. Une bonne partie est vendue départ Pays-Bas dans les pays de l'est de l'Europe à des niveaux de prix quasiment équivalents à ceux en vigueur à l'Ouest. Le marché russe est aussi demandeur mais les prix y sont plus disputés.

Pomme ou pastèque ?

Les pommes sont maintenant les fruits les moins chers et le plus souvent en promotion. En Allemagne, les 5 kg de diverses variétés rouges sont offertes à 3,99 € en colis bois par Rewe. Son concurrent Edeka fait aussi fort avec les 2 kg d'Elstar à 1,49  €. Tous deux réussissent à mettre les fruits rouges en avant. La fraise est au même prix (4,98 €/kg) mais, cette semaine, elle est bio chez Rewe. Edeka a la myrtille du Chili à 10 €/kg. Plus douteux : la pastèque du Costa Rica à 0,99 €/kg chez Rewe ! Elle côtoie celle de nouvelle récolte à 0,89 €/pièce : son origine occultée doit être marocaine. Dans les légumes, on remarque le Kohlrabi ou chourave (0,49 €/pièce) et la mâche d'Italie (0,79 €/150 g). La patate douce est de plus en plus souvent mise en avant (1,99 €/kg).

Manque de calibre Le prix moyen des légumes reste bas. L'aubergine a perdu pied avec des prix départ Espagne de 0,50 €, soit moins que la courgette (0,60 €). Les poivrons restent plus recherchés, surtout les rouges dont les plus beaux lots frisent les 2 € départ. 

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