Les intentions d’achat à Noël
Les Français préserveront l’alimentaire
Fin septembre, le budget alimentaire des ménages français à Noël était estimé en baisse de 2 % par rapport à l’an passé. Une année quelque peu particulière liée à la hausse des prix.
Comme chaque année, le cabinet d’étude Deloitte présente les résultats de son étude européenne sur les intentions d’achat des consommateurs à l’occasion des fêtes de Noël. Réalisée fin septembre début octobre, cette étude ne prend pas en compte les effets de la récession ressentie quelques semaines plus tard du fait de la crise financière. « Si une chose est claire quant au budget alimentaire des consommateurs, c’est que la hausse des prix alimentaires a un impact très fort sur l’état d’esprit des consommateurs partout en Europe. Déjà l’an dernier, les consommateurs avaient surréagi quant à l’annonce des hausses des prix alimentaires », constate Gilles Goldenberg, en charge de l’étude chez Deloitte.
Et ce qui est très clair, chez les consommateurs, c’est leur volonté de délaisser le commerce traditionnel au profit des supermarchés et du hard discount. « Dans les intentions d’achat, on constate que les consommateurs ont décidé de moins faire attention, quant à l’origine des aliments et des conditions dans lesquelles ils ont été produits. L’éthique en effet est en repli dans les déclarations. En revanche, l’aspect santé et bio des aliments reste une valeur durable. » En clair, les produits bio et santé vont rester un terrain de jeu fort dans lequel les distributeurs devront batailler. Plus spécifiquement, les intentions d’achat alimentaires au moment de Noël vont régresser de 2 % contre une baisse de 6,7 % du budget consacré aux cadeaux. Aussi, le cabinet Deloitte déclare à ses clients – les grands distributeurs – d’être plus réactifs face aux changements de comportement. « Ce qu’on leur dit, c’est de moins regarder les historiques de vente, car les changements sont assez radicaux dans les comportements des consommateurs. Et nous les mettons en garde contre la tendance à regarder leurs concurrents. Il nous semble plus judicieux de partager au mieux les risques avec leurs fournisseurs notamment en s’engageant sur moins de volumes qu’auparavant. » Déjà l’an dernier, Deloitte avait remarqué que les consommateurs avaient sanctuarisé leur budget alimentaire. « Ils ont aussi changé leurs modalités d’achat en utilisant davantage les sites Internet de comparaison de prix, en privilégiant davantage les marques distributeurs que les marques nationales. Ce changement s’est d’ailleurs ressenti dans les magasins où l’assortiment des produits a vu fleurir de plus en plus de MDD. Notons à ce propos qu’il s’agit là pour les distributeurs d’un assortiment à développer. Au Royaume-Uni, à titre d’exemple, les MDD représentent la moitié de l’assortiment alors qu’en France, elles n’excèdent pas les 25 %. »
Reste que la majorité des gens interrogés (2 022 personnes en France) estimait à fin septembre que le pays était entré en récession et presque aussi nombreux à prévoir une détérioration de l’économie en 2009. Aussi, 59 % d’entre eux prévoyaient une détérioration de leurs pouvoirs d’achat. Et ce alors qu’à ce moment précis, seulement un tiers des Français interrogés se sentaient impactés directement par la crise financière. D’incertain, l’effet de la crise sur le moral des ménages au moment de Noël reste donc mystérieux.