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Portrait d’entreprise en Vaucluse
Les Cargaules, l’exception provençale

Souvent citée en référence, derrière l’EARL Les Cargaules à Piolenc en Vaucluse se cache une histoire de famille. Père et fils sont “tombés” dans le melon, passant en moins de cinq ans d’une exploitation de 12 à près de 90 ha. Et plus si affinités.

François Biscarrat produit des melons depuis trente ans et a toujours travaillé avec des expéditeurs. « L’expérience n’étant pas concluante, j’ai cherché d’autres modes de commercialisation. J’ai commencé à prospecter auprès des groupements de producteurs puis des OP de la région sans qu’aucune ne m’apporte satisfaction. Parce qu’il s’agissait d’OP dominées par des expéditeurs ou encore des coopératives où je me serais senti broyé par la masse. Puis j’ai rencontré les responsables de Force Sud et j’ai compris que leur fonctionnement était celui qui me convenait. » Un choix d’autant plus délicat que cette appartenance au groupe allait décider de l’installation de son fils Gilles : « J’ai accompli mon stage de pré-installation de jeune agriculteur en République dominicaine et en Martinique dans des exploitations productrices de melons. Et du fait de la réglementation, ça n’a pas été facile ! »
Finalement, Gilles Biscarrat s’installe aux Cargaules en Vaucluse et rejoint Force Sud, sous les conseils de son père. « Le basculement a été réalisé avec mon fils. Nous avions trouvé une organisation commerciale qui nous convenait, souligne François Biscarrat. Nous nous sentions soutenus par une organisation efficace et étions persuadés qu’une augmentation des surfaces et des volumes ne compromettraient pas les ventes. » Bien installés dans le groupe Force Sud sur des cultures conventionnelles, ils ont choisi de nouvelles options. En acquérant un nouveau domaine “Terre de bio” de 16 ha labellisés AB, ils ont évité la période de trois ans de reconversion. Après arrachages de vergers, quatre parcelles de melons bio ont été plantées, complétées par des cultures céréalières. Il s’agit de quatre blocs de 1 ha « plantés à dates différentes pour échelonner le calendrier de production et vérifier les périodes de production les plus favorables. Cette propriété permet une rotation des cultures afin d’entretenir et régénérer le sol. » La réserve foncière pourrait leur permettre d’augmenter les melonnières. « Et pourquoi pas 100 ha l’an prochain ? », commente François Biscarrat. « L’année 2010 sera délicate pour la production de melons bio en raison de la météo, explique Gilles Biscarrat. Pour l’instant, les perspectives restent positives. En cas de problèmes majeurs, les melons bio peuvent être passés en conventionnel. Mais il est exclu de traiter à outrance afin de perdre la certification AB des terres. Il n’y a aucun intérêt à repasser en conventionnel. »

Passer du conventionnel au bio, une formalité !
La production de l’EARL Les Cargaules arrive en fin de calendrier de Force Sud, entre le 15 juin et fin août. « L’an dernier nous sommes allés jusqu’au 15 septembre en raison d’excellentes conditions climatiques. » Cette année sera un peu particulière. « Nous n’avons pas eu de retard à la plantation, mais la météo va entraîner une dizaine de jours de retard », explique Gilles Biscarrat. Passer du conventionnel au bio n’a été qu’une formalité. « Nous sommes accompagnés par le technicien du groupe, Christophe Garcin. ça a été une découverte mais, au final, c’est seulement une culture conventionnelle menée en bio, d’autant que les restrictions au niveau des spécialités phytos compliquent la production conventionnelle. » En revanche, se lancer dans la production de mini-pastèques sans pépin s’est révélée un peu plus délicate. « Nous avons dû changer nos méthodes culturales pour autant, nous nous sommes lancés car c’est un produit qui peut conquérir des clients rebutés par les pépins des pastèques. L’an dernier, à certains moments, les mini-pastèques se sont mieux vendues que les melons. »
Il y a trois ans, la famille Biscarrat a fait construire une nouvelle station de stockage et de conditionnement (certifiée AB) sur 2 800 m2, dont 400 m2 de froid. Depuis 2009, Force Sud a élaboré un cahier des charges spécifique au conditionnement des melons bio afin de ne pas mélanger les productions. Mais Gilles Biscarrat commence à penser à l’avenir. « Notre activité est hyper-saisonnalisée de mars à septembre entre les melons et les céréales. Nous songeons à des productions de melons de contre-saison et des pistes sont en cours de maturation. » Avec un bémol : « Nous n’irons pas vers des solutions aberrantes. Nous resterons dans une démarche d’agriculteurs », conclut-il.

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