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ENDIVE
L’endive fait ses gammes

L’innovation doit contribuer à rajeunir l’image de l’endive et séduire de plus jeunes consommateurs. Elle peut redonner de la noblesse à un produit trop banalisé.

L’endive emboîte le pas aux tomates et pommes de terre. Et multiplie les innovations pour accroître la création de valeurs tout au long de la filière en développant la segmentation. Vente à la pièce et segmentation culinaire ont déjà constitué un premier virage. Mais certains opérateurs veulent dépasser cette seule différenciation par l’emballage. Le challenge est d’importance : il s’agit en effet d’augmenter une consommation durablement orientée à la baisse. L’innovation sera-t-elle suffisante pour inverser la courbe ? C’est une des réponses mais pas la seule. « L’innovation n’est pas LA solution qui inversera la baisse inexorable de la consommation d’endives en Europe, tant les réponses sont multiples », a souligné Catherine Decourcelle, présidente de l’Association des producteurs d’endives (Apef), en concluant la 23ème biennale de l’endive d’Arras (62) où tous les producteurs européens ont déploré une baisse de consommation dans leur pays.

Les travaux de recherche continuent

La recherche poursuit néanmoins ses travaux pour débanaliser le produit, même si les obtenteurs ne sont plus légion ! Avec 65 % de part de marché de la semence endives et 15 % consacré aux diversifications, Vilmorin s’affirme comme le leader du secteur devant Hoquet Graines. De son côté, la station expérimentale de l’endive d’Arras poursuit ses travaux de recherche sous la houlette de Michel Marle, ingénieur Ctifl et responsable de la diversification. Avec de vraies innovations comme Carmine lancée en 2000 après dix ans de sélection (800 à 900 t/an commercialisées), ou Barbucine lancée en 2014 et dont la multiplication a été confiée à Hoquet Graines en 2015. Ses créateurs espèrent en distribuer plus de 150 tonnes cette année. La station développe aussi une endive rouge (HR 138) qui pourrait pallier le manque de Carmine sur les étals dû à un manque de semences depuis plusieurs années. Au total, ce sont environ 1 200 tonnes d’endives qui surfent chaque année sur ce créneau de la diversification pour 168 000 tonnes produites (0,7 %).

Friseline, nouvelle salade issue de croisement

Pour la campagne 2016-2017, Vilmorin lance Friseline, nouvelle salade issue de croissement entre plusieurs chicorées. C’est la première fois que Vilmorin accompagne le fruit de sa recherche jusqu’aux étals. Tout est prévu : site Internet, blogueuses, recettes, annonces dans la presse professionnelle, animations des producteurs dans les grandes et moyennes surfaces… Sur un plan plus technique, « la robotisation, qui fait partie des axes de recherche de l’Apef, est bien avancée. Le dossier, maintenant entre les mains de l’Université d’Amiens (80), laisse apparaître des résultats prometteurs », a expliqué Frédéric Le Vigoureux, directeur de l’Apef. Une intervention sur cette thématique a été programmée lors de la biennale mais le sujet est beaucoup trop sensible pour qu’il soit présenté devant les principaux représentants de la production européenne endivière.

Une innovation de rupture

Vilmorin-MKS, filiale de Limagrain, sort le grand jeu pour lancer sa nouvelle salade Friseline, fruit de 23 années de recherche, qu’elle devrait décliner en rouge d’ici à trois ans ! « C’est un nouveau concept porté par une innovation de rupture dont le positionnement "petite salade de caractère" en fait un produit unique tant sur le goût que l’aspect ou la praticité », a expliqué l’équipe de recherche à Arras (62). Pour sa première campagne, elle sera produite sur une cinquantaine d’hectares répartis autour du globe (France, Belgique, Suisse, Californie, Espagne). En France, sept producteurs de structures de commercialisation différentes en ont cultivé 25 ha. Et Vilmorin table sur un objectif de production de 150 à 200 tonnes pour cette première année, selon Joëlle Sfeir, directrice marketing de Vilmorin-MKS à Arras.

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