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Endive - Segmentation
Le renouveau des perles

En l’espace de deux ans, des changements sont intervenus dans la filière. Même si le lancement de segmentations apparaît fort salutaire pour l’animation du rayon, il n’est pas totalement dénué de risques.

Le long du linéaire, tout y est. Il y a les nouvelles Perle du Nord vendues à la pièce. A deux, par quatre ou par cinq, bien rangées dans leurs nouveaux packagings. Pour la salade, à braiser ou pour l’apéritif ! Une nouveauté de cette campagne ! Juste à côté, les mêmes endives Perle du Nord, proposées aux consommateurs en self-service dans leurs emballages lités, toutes aussi séduisantes les unes que les autres. Celles-ci rencontrent, semble-t-il, un certain succès auprès du consommateur, qui peut choisir le nombre d’endives qu’il désire. Tout juste à côté, les habituels sachets d’un kilo ; le plus souvent en tête de gondole, avec ou sans photo du producteur. Généralement, un approvisionnement du magasin par circuits courts. Parfois, ce sont des endives du Nord-Pas-de-Calais qui arborent le logo Saveurs en’Or : une première pour cette campagne ! Pas très loin non plus, les carmines apportent leur touche colorée au linéaire.

Une campagne mieux orientée
Malgré son potentiel de production (80 000 t environ), Perle du Nord n’est pas seule à recréer du commerce autour du produit : des sociétés commerciales comme Santerleg ou Endelis viennent réanimer un rayon qui commençait à perdre de son dynamisme.
Avec également de solides arguments : utilisations culinaires également pour la marque “Prestige” de Santerleg et une segmentation par typologie d’acheteurs (et donc principalement par poids) pour Endelis.
Le consommateur sera-t-il satisfait de ces nouvelles segmentations ? Ne sera-t-il pas désorienté parfois par les (trop grandes ?) variations de prix au kilo ? Il est certainement trop tôt pour le dire et on ne pourra tirer les premiers bilans qu’en juin 2011.
En tout cas, cette nouvelle campagne est un peu mieux orientée que la précédente, même si elle a eu beaucoup de mal à s’installer. « Elle a commencé avec une forte baisse de prix provoquée par un effet psychologique dû à des informations circulant sur le nombre et la grosseur des racines », reconnaît aujourd’hui Michel Cathelain, directeur du Marché de Phalempin. « En septembre, l’indice des prix à la production était pourtant supérieur de 13 % à celui de la campagne précédente et de 7 % par rapport à l’indice quinquennal du même mois », souligne pourtant Agreste dans son bulletin du mois d’octobre.
Cette campagne a commencé souvent avec des produits qui tenaient plus des “obus” que de cette svelte endive qui a tout fait pour nous séduire à la télévision durant tout un mois !… Pas étonnant quand on sait que certains producteurs forçaient encore des vieilles racines de la campagne précédente ! Mais de quoi plomber un début de campagne et détourner le consommateur du produit à tout jamais !

Un peu plus d’espoir
Réélu à la présidence de la FNPE tout récemment, Daniel Bouquillon était néanmoins un peu plus optimiste que d’habitude sur le déroulement de cette nouvelle campagne à l’occasion de la dernière Assemblée générale d’Arras.
« Le marché reste porteur et la demande forte », notait également début novembre (semaine 45) le Service des Nouvelles du Marché qui relevait des cours avoisinant les 1,39 €/kg pour de la catégorie I en préemballé avec un tonnage commercialisé d’environ 4 000 t. Du rarement vu ces dernières années, même si le marché s’est alourdi la semaine suivante, mais devrait reprendre avec le froid installé en fin de semaine 47.
La campagne s’oriente donc un peu mieux que la précédente. Selon les premiers éléments du ministère de l’Agriculture, la culture des racines est en net recul sur l’année passée. « Pour autant, la production de racines est estimée en forte hausse par rapport à la mauvaise campagne de l’an passé », relevait Agreste. Le service spécialisé du ministère prévoit en moyenne une diminution des surfaces de 8 %, s’établissant à 11 000 ha environ.
Le Nord-Picardie – qui représente 90 % des surfaces du pays – enregistrerait une baisse de 6 % et l’Ouest une chute de 31 %. Mais la production de racines serait en hausse de 16 % pour s’établir à 354 000 t, soit en réalité un retour à la normale après la campagne catastrophique de l’an passé. Agreste estime ainsi à 203 000 t (+ 12 %) la production d’endives de la campagne 2010-2011.
Ce sont autant d’éléments de nature à redonner un peu plus d’espoirs à la profession qui aspirait à sortir du tunnel. Beaucoup de choses ont d’ailleurs changé dans la filière depuis plus de deux ans.

Changement d’hommes
Il y a d’abord eu la création de l’Apef sur les fondements de l’ancien Comité économique (Celfnord). L’association des producteurs d’endives de France, AOP nationale agréée en septembre 2008, réunit les producteurs des onze OP de Nord-Picardie.
La gestion de la station expérimentale de l’endive qui était autrefois assurée par la FNPE, ainsi que les missions dévolues auparavant au Celfnord en matière de connaissance (système Infoclar) et d’organisation de l’offre, a été déléguée à l’Apef.
L’association conserve toujours une de ses missions essentielles : la diffusion en début de campagne du calendrier des semaines rouges préconisant la diminution des mises en bacs de 5 à 40 %.
La FNPE, qui a perdu la recherche au profit de l’Apef (avec un difficile transfert des personnels entre les deux structures), a désormais fait du syndicalisme son activité exclusive.
Pilotée initialement par un tandem président-directeur composé de Philippe Bauwin et de Gabriel Lopez, l’Apef est présidée, depuis décembre 2009, par Charles Bellet, endivier près de Senlis (Orne) et président de l’OP “Endives du Valois”. Elle est désormais dirigée par Frédéric Le Vigoureux depuis septembre 2010.
Celui-ci anime également la Fédération du commerce de l’endive (FCE), qui réunit certaines des onze OP ainsi que des négociants-expéditeurs, depuis sa création en novembre 2004.

Pas le droit à l’erreur
Dès sa création, l’Apef a bénéficié de l’extension des règles. Tous les endiviers étaient donc soumis aux mêmes règles édictées en matière de connaissance et de gestion de la production, de la commercialisation…
Mais pour cela, l’Apef doit représenter au moins 60 % de la production endivière et 55 % des producteurs. Un dispositif qui pourrait être remis en cause en décembre prochain au moment du renouvellement des adhésions si deux OP (dont Prim’Santerre) décidaient de quitter l’association. Car ces deux OP voudraient voir l’Apef ne s’occuper que de recherche.
Leur départ aurait de réelles répercussions lors du renouvellement de l’extension des règles en septembre 2011, si la représentativité n’était pas suffisante. « Rendez-vous en décembre prochain ! », a donc lancé Charles Bellet lors de l’Assemblée générale du 22 septembre.
Les nouvelles segmentations apparaissent comme l’ultime espoir de cette filière en crise depuis de nombreuses années. « Elle aura le soutien de la FNPE qui y voit là un moyen de regagner des parts de marché chez des consommateurs qui avaient délaissé le produit », affirme le président de la FNPE.
Mais cette nouvelle segmentation, qui ne se met en place que très progressivement dans les GMS, va se heurter à un défi de taille : comment rendre compatible une commercialisation de 80 000 t d’endives vendues à la pièce par les six OP propriétaire de Perle du Nord dans un marché où le reste des endives continuera à se vendre encore au kilogramme ?
C’est tout l’enjeu de ces prochains mois. L’ensemble de la filière n’a pas le droit à l’erreur.

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