Développement durable
Le projet Flonudep dévoile le cycle de vie de la tomate
Les résultats de l'enquête devraient aboutir à un outil de gestion aidant les opérateurs à prendre leur décision stratégique en y incluant le développement durable.
Le projet Flonudep a aussi enquêté sur le comportement des consommateurs et leur rapport au concept de durabilité.
A l'occasion de sa dernière assemblée générale, la Chambre syndicale des importateurs français (CSIF) a présenté les résultats du projet Flonu-dep. Celui-ci a été lancé en 2006-2007 dans les locaux de la CSIF, avec des travaux menés avec le Cirad, l'Ecole nationale supérieure agronomique de Montpellier, le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) et l'Inra. Son objectif était de définir une analyse de cycle de vie (ACV) pour la filière tomate avec ses trois piliers (environnement, social, économique). Un apport déterminant a été d'avoir réussi à assembler des données jusque-là parcellaires et de lier les trois dimensions du développement durable à celui de la nutrition. La référence était 1 kg de tomates au stade de détail, en provenance de France et du Maroc pour le frais, de France et de Turquie pour le transformé, étudiée de la pépinière jusqu'au consommateur. Comme l'expliquent les protagonistes, « il ne s'agit pas de comparer des origines, ni de mettre au point de nouvelles normes, mais d'élaborer indicateurs et outils pour que les entreprises puissent se situer, et opérer leurs choix stratégiques ». Les points critiques relevés par l'ACV sont multiples : fertilisation, usage de produits phytos, emballage, temps de transport, pratique d'achats du côté consommation pour l'aspect environnemental, température de conservation et variations de celle-ci pour la nutrition (l'étude démontre le lien entre celle-ci et évolution des nutriments), impact du capital humain et financier pour le volet social. Le projet Flonudep a aussi enquêté sur le comportement des consommateurs et leur rapport au concept de durabilité. Les résultats montrent que trois dimensions y sont associées : provenance et saison, bio et équitable, santé. Néanmoins, le prix restait toujours devant la durabilité et les aspects sociaux. Avec quelques différences : pour les tomates bio, l'origine compte pour 47 % et pour le produit conventionnel, les prix à 31 %. De ces résultats a été élaboré un outil d'aide à la gestion prêt pour l'été 2014. Il restera alors aux entreprises qui sera de se l'approprier, de le tester et de l'intégrer dans leur processus de décision.